C. SCHMID, CURÉ D'OBERSTADION
souhaiteraient que nous fussions hors de ce déluge d'écritures , car elles ne sont trop souvent qu'un obstacle aux occupations de l'esprit. Pour moi, ces travaux-là me deviennent de jour en jour plus insupportables. Peut-être la faiblesse de mes nerfs estelle l'une des causes pour lesquelles ils me sont si contraires; quoi qu'il en soit, je trouve une excuse dans cette considération, que j'aime mieux écrire des choses utiles que des frivolités. Plusieurs fois, obligé que je suis d'être plus souvent homme de bureau que pasteur, j'ai eu sérieusement la pensée de renoncer à ma paroisse pour chercher quelque humble bénéfice qui me permît de me vouer tout entier au ministère, et de rendre peut-être, comme écrivain, quelques services à mes semblables, en me débarrassant de ces montagnes de paperasses dont le monde d'autrefois se passait fort bien. »
Cependant Schmid ne laissa pas, pendant son séjour à Stadion, de publier en faveur des parents et des enfants un grand nombre d'ouvrages, notamment la Corbeille de fleurs, Rose de Tannenbourg, la Veillée de Noël, le Petit Mouton, et autres petites histoires dont il avait déjà conçu le plan à Thannhausen et qu'il ne fit qu'élaborer. Des lettres que des enfants lui écrivirent, soit pour le prier de leur donner une nouvelle histoire, soit pour le remercier de celles qu'ils avaient déjà reçues, tel est le motif qui le décida à publier ces écrits. L'école primaire
de Munich lui ayant envoyé, en 1818, son recueil de cantiques, en y joignant une charmante adresse, Schmid se détermina à publier ses Fleurs, qu'il dédia à la jeunesse et envoya en réponse à l'école primaire de Munich, en y ajoutant ces mots :
a Chers enfants,
» C'est au jeune âge, et à vous principalement, chers amis et amies, que je dédie ce petit ouvrage. La bonté que vous avez eue de m'envoyer votre excellent livre de chants, est ce qui m'a déterminé à livrer à l'impression ces cantiques et ces récits, et à vous les envoyer en témoignage de ma reconnaissance.
» J'ai donné à ces petites bagatelles le nom de Fleurs, moins parce que la plupart ont été composées pendant ma jeunesse, que parce que je me suis efforcé d'y exprimer le vrai et le bon dans un langage fleuri, et de le rendre sensible par d'aimables comparaisons et de gracieuses peintures. Mais il ne dépend que de vous de faire en sorte que ces petits sujets puissent, dans un sens plus élevé encore, mériter le nom de Fleurs. Le moyen d'y réussir, c'est de vous approprier ce qu'ils renferment de vrai et de bon, et de le transformer en fleurs qui orneront votre intelligence, et y produiront peut-être quelque fruit.
» Dieu veuille réaliser pleinement les magnifiques