‹ Souvenirs du Chanoine SchmidChapitre 24 sur 61 · C. SCHMID, CURÉ D'OBERSTADION · texte numérisé non relu

C. SCHMID, CURÉ D'OBERSTADION

qu'il apercevait les deux tours de. l'église du pèlerinage, qui s'élevaient au-dessus des cimes des sapins d'une forêt, il s'agenouillait avec les pèlerins et récitait le Salve, Regina. Arrivé à l'église, il prêchait, célébrait l'office et entendait à confession. C'est seulement ensuite qu'il prenait quelque nourriture ; puis il revenait avec la procession, qui récitait des prières et chantait des hymnes sacrées. Sa seule récréation était la musique et un étourneau qui, quand il jouait du piano, venait se percher sur le pupitre et faisait chorus avec lui. Il composa de très-beaux cantiques religieux. A l'exception de l'Ecriture et des Pères, il ne lisait généralement aucun ouvrage. Un jour, Christophe Schmid lui ayant donné à lire la philosophie morale du professeur Salât, il la lui rendit presque aussitôt en lui disant : « Ce livre a deux défauts : le premier est qu'on ne le comprend point; le second, qu'on ne saurait s'en servir pour la prédication. »

Christophe parlait volontiers de ce frère et déplora sa mort prématurée, en faisant observer qu'avec sa conduite si sacerdotale et l'ardeur de son zèle, il aurait pu encore travailler avec fruit au salut des âmes.

La mémoire de ce vertueux prêtre est encore aujourd'hui en bénédiction auprès des habitants de Dinkelsbuhl .

Après la mort de ce frère, C. Schmid se rendit à n. 11*

Ellwangen pour y rendre visite à mes parents. L'un de mes frères, dont il était le parrain et qui s'appelait Christophe, se trouvait alors malade. Schmid lui témoigna la plus tendre sympathie, s'assit auprès de son lit, et répondit gracieusement à toutes les questions que l'enfant lui adressa. Ayant reçu, après son retour à Stadion, la nouvelle que la maladie de l'enfant s'était aggravée et qu'il souffrait beaucoup, il écrivit aux parents, vivement affligés, la lettre suivante :

a Très-chers frère et sœur,

» Nous tous, qui sommes ici, prenons la part la plus intime à la maladie de votre cher enfant et à votre douleur paternelle et maternelle. Qui pourrait seulement songer aux souffrances de cet aimable petit ange sans se sentir ému? Que ne doit pas surtout éprouver votre cœur de père et de mère, vous qui avez sans cesse sous les yeux le spectacle de ses souffrances? Evidemment, une telle épreuve serait insupportable, si nous n'élevions pas plus haut nos pensées. Mais il nous suffit de porter vers le ciel un regard plein de confiance pour éprouver aussitôt de la consolation dans nos souffrances d'ici-bas; car, quoi de plus rassurant que cette pensée : Nous avons là-haut un Dieu qui nous aime, et dont toutes les œuvres sont inspirées par l'amour le plus pur et le plus saint? Il n'y a pas jusqu'aux douleurs les

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