C. SCHMID, CURÉ D'OBERSTADION
plus arriéres qui ne nous soient offertes par la main de Dieu : qui oserait les repousser? Il n'y a pas jusqu'aux souffrances les plus pénibles qui ne soient une croix que Dieu, dans son amour et sa sagesse, nous impose en vue de notre salut : qui voudrait ne les point endurer en patience? Sans doute, il est impossible de comprendre qu'un enfant innocent soit obligé de tant souffrir; mais ce que nous pouvons comprendre, c'est qu'une couronne l'attend au ciel, et que cette couronne veut être méritée.
» Cher frère et chère sœur, remettez entièrement votre enfant entre les mains de Dieu. Qu'il fasse de lui ce qu'il plaira à sa sainte volonté; ce qu'il fait est toujours bien fait. S'il devait exiger de vous le plus douloureux des sacrifices, souvenez- vous des grands exemples qui nous ont été proposés pour modèles : Abraham, prêt à sacrifier son fils chéri; Marie, la meilleure des mères, condamnée, au pied de la croix, à être témoin des souffrances du meilleur des fils, du Fils de Dieu, et, bien qu'un glaive acéré transperçât son cœur maternel, restant néanmoins debout auprès de la croix, pleine de confiance en l'ineffable bonté du Père céleste.
» Nous unirons nos prières aux vôtres pour demander à Dieu qu'il vous inspire une confiance telle, que s'il demandait de vous quelque grand sacrifice, il vous donnât la force de le faire. Un jour viendra où ces souffrances se tourneront en joie. C'est en
passant par les ténèbres qu'on arrive à la lumière ; c'est par la croix qu'on arrive au salut : telle est la voie royale qui nous conduit à Dieu.
» Offrez à ce cher malade mes salutations les plus affectueuses et les plus tendres. Racontez-lui quelle a été la patience de l'Enfant Jésus; dites-lui que tout ce qu'il a souffert, c'est par amour pour nous. Parlez-lui de la magnificence du ciel, et dites-lui combien il fait bon là-haut, auprès du Père céleste. Expliquez-lui combien les saints anges, auxquels nous ressemblerons alors , seront heureux de nous recevoir dans leur assemblée; dites-lui que tous ceux qui souffrent ici -bas en patience seront de nouveau réunis au ciel, et y goûteront un bonheur sans fin.
» Heureux celui qui, encore innocent et exempt des souillures de ce monde pervers, peut passer dans un monde meilleur ! Inutile de vous dire que nous nous unissons de cœur pour vous saluer tous, vous et vos enfants, avec l'amour le plus tendre et le plus compatissant. Puisse le Seigneur, qui est proche de ceux qui souffrent, être au milieu de vous; qu'il daigne répandre dans vos cœurs ses consolations divines, et, après ces jours de douleurs, vous faire trouver le repos! Je suis encore une fois, de tout mon cœur,
» Votre affectueux frère > » Christophe, »