C. SCHMID, CURÉ d'OBERSTADION
Ce bonheur-là , Dieu ne l'accorde qu'à ses privilégiés. C'est au printemps de sa vie que cette aimable enfant a été transférée dans un monde meilleur. Il lui a été donné de passer la plus belle période de son existence en compagnie de sa tendre mère et de ses bien-aimés frères et sœurs, sans éprouver ni les orages de l'été, ni les tristesses de l'automne, ni les rigueurs de l'hiver.
» Il est aisé de comprendre quels immenses regrets elle a dû laisser dans sa famille, les larmes amères versées sur la place qu'elle a laissée vide ; il est aisé de comprendre que plus d'un plaisir a dû être troublé par la raison qu'elle n'a pu y prendre part.
» Mais aussi la voilà maintenant affranchie de toutes ses souffrances. De combien de peines la vie humaine, même la plus heureuse, n'est-elle point encombrée !
» Et puis, ne l'oubliez pas, vous avez maintenant en elle dans le ciel une avocate qui ne cessera de demander des faveurs pour ses parents, pour ses frères et sœurs, et un moment viendra où tous vous serez de nouveau réunis. Quel triomphe, quand un jour vous reverrez votre enfant entourée d'une légion de bienheureux ! De telles joies, dont nous pouvons nous rendre dignes par une vie semblable à celle de l'enfant que vous regrettez, la terre n'en connaît point ! »
Voilà comment Schmid compatissait aux douleurs des affligés, et les consolait charitablement en utilisant les ressources qu'offre notre sainte religion.
Schmid savait également s'associer à la joie de ses amis. Lorsque, en 1825, l'évêque Sailer, son maître et son ami, célébra à Ratisbonne le cinquantième anniversaire de son sacerdoce, l'élève reconnaissant aurait vivement désiré de prendre part à cette fête; mais comme il y avait impossibilité, il dut se contenter d'exprimer dans une pièce de vers les sentiments qui agitaient son cœur, et de les envoyer à Sailer. Voici en quels termes il s'exprimait :
A l'occasion du 23 septembre 1825.„
« Volez , mon esprit, sur les cimes de ce temple auguste, vers les lointaines contrées du Danube, où les premiers rayons de l'aurore inaugurent la fête d'un peuple entier; où, revêtu de la mitre et appuyé sur sa crosse pastorale apparaît à l'autel, en qualité d'évêque, celui que la main du Très-Haut a élevé des rangs du pauvre peuple à une dignité si éminente.
» L'image de ce maître illustre, entouré d'une légion de nobles jeunes gens, brille encore à mes yeux d'une douce clarté à travers les années qui nous séparent de cet âge heureux.
» Comme nous soupirions après l'heure où il apparaîtrait au milieu de nous! Chacun était suspendu à ses lèvres; tous les yeux étaient fixés sur lui.