‹ Souvenirs du Chanoine SchmidChapitre 35 sur 61 · C. SCHMID, CHANOINE d'aUGSBOURG · texte numérisé non relu

C. SCHMID, CHANOINE d'aUGSBOURG

Schmid, qui se trouvait alors à Munich pour des affaires scolaires , fut appelé devant le roi. Louis, qui voulait l'entendre formuler son avis sur une question d'école, profita de cette occasion pour lui demander s'il n'avait point quelque désir à exprimer. Schmid répondit négativement. Immédiatement après cette audience, le roi nomma le chanoine Egger doyen du chapitre. Comme on s'étonnait un jour en présence de Schmid qu'il n'eût point reçu quelque fonction au chapitre : « Je n'en ai jamais recherché aucune, répondit-il; comment, moi qui suis déjà surchargé de tant d'affaires, pourrais-je encore, dans ce cas, écrire quelque chose pour les enfants. »

Quant à la vie privée que Schmid menait à Augsbourg, il se levait à quatre heures du matin, en été comme en hiver. Les heures du matin étaient celles qu'il préférait; il pouvait alors travailler sans être distrait, surtout en hiver; car tout le monde était encore enseveli dans le sommeil, « Le temps qui s'écoule entre quatre et huit heures, disait-il, est presque le seul de toute la journée que je puisse appeler mien. »

Quand les boutiques et les volets des maisons voisines commençaient à s'ouvrir, G. Schmid avait déjà écrit tout un chapitre d'histoire. Vers six heures, quand il n'était point retenu par ses rhumatismes, il allait au chœur et disait sa messe.

Tout le reste de la matinée, surtout quand il y avait conseil, était consacré aux affaires de l'ordinariat. A midi, son repas était toujours très-simple ; mais quand il avait des hôtes, ce qui n'était pas rare, sa table était mieux servie. Avant de commencer, il disait le Benedicite avec une grande dévotion, en tenant dans ses mains son petit bonnet de soie, qu'il portait toujours quand il était chez lui; puis, avec cette grâce qui lui était naturelle, il indiquait aux convives la place qui leur était destinée. Quelques-uns, par politesse, faisaient-ils des difficultés en matière de préséance : « La vie est beaucoup trop courte pour faire de longs compliments, » leur disait Schmid en souriant. Pendant le repas, il était toujours très-gai et savait entretenir ses hôtes fort agréablement ; il ne pouvait se lasser de raconter des anecdotes. Tous ceux qui se sont assis à sa table se rappelleront avec bonheur ces doux moments. Suivant les hôtes qu'il avait, il faisait après le repas quelque lecture amusante et instructive. Il était extrêmement rare que C. Schmid parlât des fautes d'autrui, et, dans ce cas, il le faisait en gémissant. Il amenait aussitôt la conversation sur leurs bonnes qualités, ou bien il se taisait complètement. En général, les jugements qu'il portait sur autrui étaient inspirés par la douceur et la prudence. Dans ses conversations comme dans ses histoires, il préférait la lumière aux ténèbres.

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