C. SCHMID, CHANOINE d'aUGSBOURG
en serait certainement aussi instructive qu'intéressante.
Quand, le soir, le ciel était pur et serein, Schmid allait quelquefois à F observatoire , où le chanoine Stark, célèbre par ses connaissances astronomiques, faisait ses observations; car le même amour que Schmid avait pour les fleurs, qu'il n'examinait jamais sans élever ses regards vers Dieu, il l'avait pour les étoiles du ciel. Il savait le nom et la place des constellations les plus remarquables, possédait d'excellentes cartes astronomiques, dont un ancien officier, grand partisan de l'astronomie, lui avait fait cadeau, voici à quelle occasion. Cet officier se trouvait un jour aux eaux de Biberach, où Schmid allait souvent de sa paroisse de Stadion. C'était pendant une chaude soirée d'été, et les étrangers étaient assis en plein air. Comme l'officier était occupé à regarder le ciel : « II est impossible, dit-il, de voir aucune constellation! — Cette lueur pâle qu'on voit là, dit une voix, et qui est la seule qu'on aperçoive, c'est Cassiopée! » À ces mots, l'officier se tournant vers les hôtes : « Qui a dit cela, demanda-t-il? » Tout le monde se tut; il n'y eut que Schmid qui répondit : « C'est Schiller qui met ces mots dans la bouche de Wallenstein. » Lorsque le vieux militaire, qui prenait Schmid pour un curé ordinaire de la campagne , entendit combien il était familiarisé avec les classiques allemands, il le traita n. 13
avec un grand respect, s'entretint avec lui pendant tout le reste de la saison, et, remarquant qu'il aimait l'astronomie, lui fit cadeau de l'excellente carte dont nous avons parlé.
Non moins grand était l'attachement du chanoine Stark pour C. Schmid; aussi l'invitait-il souvent à son observatoire. Un soir qu'ils y étaient tous deux, le domestique vint annoncer un monsieur accompagné de deux dames. « Le monsieur peut venir, dit le chanoine Stark ; mais pour les dames aucune n'entrera plus ici. » Schmid lui demanda la cause de cette défense. « La voici, mon cher collègue, répondit le chanoine. Il y avait là dans ce coin, depuis longtemps, une toile d'araignée où j'observais les changements de température. Or, une dame, venue ici tout récemment, a balayé avec son parasol, probablement par amour de la propreté, et la toile et l'araignée. J'en ai été singulièrement vexé, et j'ai pris la ferme résolution de ne plus jamais permettre à aucune dame d'entrer dans mon observatoire ; non, jamais, jamais! » ajouta l'astronome en appuyant fortement sur cette expression. Depuis lors, toutes les dames furent renvoyées sans plus de compliments.
Le soir, après avoir mangé deux œufs pour son souper, Schmid lisait les journaux. Quand sa sœur avait achevé son ouvrage, elle venait dans sa chambre, où Schmid lui faisait habituellement la lecture pen-