C. SCHMID, CHANOINE d'aUGSBOURG
dant une heure. Elle lui copiait aussi très-nettement tous les manuscrits de ses histoires avant de les livrer à l'impression. Françoise avait elle-même composé pendant sa jeunesse une foule de charmantes poésies; aussi , quand ses travaux le lui permettaient, lisait-elle volontiers quelque bon et intéressant ouvrage. Sa passion pour la lecture lui causa un jour une frayeur presque mortelle. La Voyante de Prévorst, par Justin Keller, que Schmid connaissait personnellement, faisait alors grande sensation. C. Schmid communiqua ce livre à sa sœur, qui, n'ayant pas le temps de lire pendant la journée, se dédommageait de nuit. Minuit était sonné, et Françoise était encore absorbée dans son intéressante lecture. Au moment où elle lisait le chapitre où il est question d'un petit esprit de couleur brune, la porte de sa chambre s'ouvrit doucement, et Françoise vit entrer une petite figure brune. Elle poussa un cri affreux, et peu s'en fallut qu'elle ne tombât de son siège, tant elle eut peur. Heureusement, la petite figure n'était autre que celle de son frère C. Schmid, qui avait coutume de porter chez lui une robe de chambre de cette couleur. Ayant aperçu de son cabinet le reflet de la lumière qui se projetait sur le mur du jardin, il venait s'informer si sa sœur n'était pas indisposée. La frayeur de Françoise fut heureusement sans conséquence. C. Schmid aimait à avoir dans sa chambre un
oiseau qui l'égayât de ses chansons. Déjà, lorsqu'il était vicaire, il avait constamment un rouge-gorge, un canari ou un rossignol. Comme il les nourrissait lui-même, ils étaient très-familiers avec lui. Un canari , qu'il eut pendant longtemps , allait souvent sur sa table pendant qu'il écrivait, et becquetait sa plume jusqu'à ce qu'il reçût un quartier de pomme ou une feuille verte. Il s'envolait dans le jardin et revenait dans sa cage de son propre mouvement. Son rossignol le reconnaissait à la voix. Quand, la nuit, Schmid entrait sans lumière dans son cabinet d'étude, et que le rossignol, effrayé, voltigeait çà et là et se heurtait contre les murs, il suffisait qu'il parlât pour le tranquilliser. Les pinsons et les embérizes, qui séjournaient sur les sommets des arbres de son jardin, venaient, surtout en hiver, voler à sa fenêtre, où il leur donnait à manger. Un jour qu'il était parti pour un voyage, sa sœur lui écrivit : ce Vos chers petits oiseaux vous ont bien regretté ; les premiers jours ils ont fait entendre des cris perçants autour de la maison. Quand ils se sont approchés de la fenêtre, et qu'ils ont aperçu un maçon, un potier, un menuisier ou un peintre, ils s'en sont retournés tout effrayés. Je les nourris avec soin, et jamais, à cause de vous, je ne les oublierais. »
Quelle ne fut pas la désolation de l'auteur du Serin lorsqu'un jour un chat étranger enleva les petits d'une fauvette qui avait construit son nid