‹ Souvenirs du Chanoine SchmidChapitre 39 sur 61 · C. SCHMID, CHANOINE d'aUGSBOURG · texte numérisé non relu

C. SCHMID, CHANOINE d'aUGSBOURG

dans les buissons de son jardin, sous lesquels il s'était glissé si souvent pour examiner ces jeunes oiseaux !

Le cœur tendre d'un enfant n'en eût pas été plus douloureusement affecté. Parmi les fleurs, C. Schmid aimait surtout les roses; aussi sa sœur faisait-elle en sorte qu'il y eût toujours dans le jardin un magnifique rosier. Il n'était pas rare de voir Schmid, quand il s'y promenait, s'arrêter longtemps devant une rose et la considérer attentivement. « La rose est bien la reine des fleurs, disait-il un jour; si elle était plus rare, les princes feraient d'incroyables dépenses pour en avoir dans leurs jardins, et ils la considéreraient comme en étant le plus bel ornement. Le bon Dieu a voulu que le dernier laboureur pût avoir dans son jardin cette fleur admirable, afin qu'il louât la toute-puissance du Créateur. C'est là une nouvelle preuve de la bonté et de la tendresse du Seigneur. » Les petits insectes verts qu'on aperçoit sur les branches et les feuilles des arbres attiraient particulièrement son attention. Il les observait avec un microcospe, et avait composé sur ce sujet un ouvrage intitulé : le Rosier et ses habitants, qui se trouve parmi les papiers qu'il a laissés.

Outre les roses, Schmid aimait aussi spécialement les giroflées; on en voyait sur ses fenêtres de toutes les couleurs : rouge cramoisi, bleue obscure, blanche. Il les cultivait et les arrosait lui-même. Il avait écrit sur un petit papier les lignes suivantes :

Les giroflées.

« Celui qui a pu former avec de la poussière ces belles et délicates couleurs, et faire sortir d'un grain de semence ces formes gracieuses ; celui qui, d'une terre aride, a fait jaillir ces doux parfums, quelles ineffables jouissances ne nous fera-t-il pas goûter un jour dans les belles et spacieuses demeures de sa gloire! »

On ne pouvait faire à Schmid un plus grand plaisir que de placer dans sa chambre un bouquet de fleurs odorantes, un pot de fleurs ou des fruits mûrs. Parmi les fruits, il aimait surtout les pêches et les raisins. Souvent il les laissait longtemps sur sa table avant d'en goûter, afin de pouvoir les contempler à loisir. Il ne pouvait se rassasier de considérer le rouge si doux et si suave de la pêche, la couleur bleue et parfumée du raisin. Il y admirait la beauté et la toute-puissance de Dieu. C'est à ces intéressantes méditations que la jeunesse est redevable d'une foule de charmantes histoires.

C. Schmid ne se souciait nullement que sa maison fût élégamment ornée. Son sopha, ses chaises et ses meubles étaient généralement vieux et sans éclat. Des glaces, il n'en avait ni dans sa salle de réception, ni dans son cabinet d'études. « Je préfère, disait-il, un beau tableau à la glace la plus précieuse. » Il

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