C. SCHMID, CHANOINE d'aUGSBOURG
des couvertures en papier jaune, et y écrivit luimême les titres en lettres très-élégantes.
Pendant les vacances, il recevait la visite de ceux de ses neveux qui étudiaient, et il leur témoignait son contentement quand ils pouvaient lui présenter des prix ou des témoignages attestant leur application et leur bonne conduite. Il les exhortait à bien profiter de leur temps, et leur faisait de riches cadeaux. S'il arrivait qu'il eût achevé une histoire, il leur lisait son manuscrit et écoutait leurs observations.
Le jour de l'anniversaire ou de la fête de Schmid était toujours une petite fête de famille; il invitait ses parents et ses amis, et se montrait fort gai dans leur compagnie. Pendant l'été de 1829, cette fête domestique fut troublée par un accident qui aurait pu avoir pour lui et pour les personnes qui y prenaient part des conséquences terribles. C'était le 26 juin, un dimanche; C. Schmid, assis au milieu de ses amis, était heureux et content. Vers quatre heures, le ciel s'obscurit. Un orage menaçant, annoncé par des nuages d'un gris foncé et par des coups de tonnerre qui se succédaient sans relâche, s'avança du côté du sud-ouest vers la ville d'Augsbourg. C. Schmid se leva de table et se rendit avec son frère Louis à l'étage supérieur de la maison pour observer l'atmosphère. Ayant ouvert les guichets des fenêtres, «l'orage est maintenant au-dessus de n. 13*
la maison, dit Schmid un instant après; c'est maintenant que le danger est le plus grand. » Il n'avait pas encore achevé ces mots, qu'un éclair accompagné d'un coup de tonnerre considérablement plus fort qu'une détonation de canon, passa sur la maison, qui en fut tout ébranlée. On eût dit qu'elle était tout en flammes, et on y respirait une forte odeur de soufre. C. Schmid et son frère n'avaient point de mal. Dès qu'ils furent revenus de leur émotion, ils descendirent à l'étage inférieur pour s'informer de l'état des personnes qui s'y trouvaient. Aucun accident n'était arrivé; seulement, la plupart éprouvèrent un tintement d'oreilles et des douleurs de tête qui durèrent plusieurs heures. Tous rendirent grâces à Dieu de les avoir si visiblement protégés. Voici en quels termes Schmid décrivit les effets du tonnerre :
« Il tomba d'abord sur le petit toit de la cheminée, qu'il enleva, fit sauter une partie de la corniche, tordit et endommagea la partie de la cheminée qui sort de la maison. A l'endroit où commence le toit, le courant électrique se divisant, s'échappa des deux côtés de la charpente et en enleva plusieurs pièces, dont les unes avaient jusqu'à six pieds de longueur. Le toit percé, l'éclair parcourut les deux parties de la maison, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des murs, et y laissa plusieurs ouvertures très-larges. Du côté de l'ouest,