‹ Souvenirs du Chanoine SchmidChapitre 42 sur 61 · C. SCHMID, CHANOINE d'aUGSBOURG · texte numérisé non relu

C. SCHMID, CHANOINE d'aUGSBOURG

près de la corniche de la fenêtre, se trouve une issue par laquelle il se dirigea vers la ferrure de la fenêtre, qu'il brisa en mille morceaux; puis, après avoir cassé un carreau, fondu quelque peu le plomb, il descendit à la fenêtre de l'étage inférieur, et disparut dans le sol, près du mur, après avoir fait quelques légers dégâts, par exemple, une petite ouverture au plafond, à côté delà clochette. Près du pied en fer du fourneau on aperçoit une petite tache noire qui s'étend jusqu'au clou du plancher le plus rapproché. Il est à remarquer que plusieurs édifices plus élevés entourent celui-ci, et que la prison, qui est éloignée de deux cents pas, est pourvue d'un paratonnerre. »

Toute la ville s'intéressa à cet accident, et un grand nombre de connaissances et d'amis vinrent examiner les effets du tonnerre. A ceux qui félicitaient Schmid d'avoir échappé à un tel danger, il répondait : « Remercions avant tout le Seigneur de nous avoir si bien protégés, moi et toutes les personnes présentes; mais que cet événement nous apprenne aussi à être toujours prêts, puisque nous ne savons ni l'heure ni le jour où le Seigneur viendra nous redemander notre âme. »

VOYAGES D'AGREMENT. —AMIS EXTERIEURS DE SCHMID. — SERMONS DE PREMIÈRES MESSES.

Quand Schmid fut devenu chanoine, il faisait presque tous les automnes un voyage d'agrément, ou bien, d'après le conseil du médecin, il allait aux eaux. En 1828, au mois de juillet, Sailer lui écrivait de Barbing pour l'inviter à se rendre avec lui à Karlsbad : « Je pars demain, en compagnie du Dr Proske, pour Karlsbad, où, comme l'assurent mes médecins, je boirai une santé parfaite et durable. Demandez donc aussi à votre docteur si peutêtre Karlsbad ne vous conviendrait pas, puis faites aussitôt votre paquet et sauvez-vous. Quelle joie si nous pouvions nous y rencontrer! Il est probable qu'ensuite je ferai encore une cure à Franzensbrunn. La Bohême est si riche en sources, qu'il est impossible que la santé ne jaillisse pas pour nous de l'une d'elles. Venez donc! » — La lettre se terminait par ces mots : Vale, veni> ama. S.

Schmid accéda aux désirs de Sailer, et ces deux amis passèrent à Karlsbad les jours les plus heureux. Schmid y fit la connaissance d'une foule de

voyages d'agrément. 229

personnages distingués, entre autres de la famille de Stolberg, comme on le voit par les lignes suivantes, trouvées dans ses papiers : « Aux enfants du comte : Alfred, Mathilde et Elisabeth de Stolberg, leur ami Schmid dédie ces pages, tout en exprimant lardent désir et en priant le Seigneur qu'ils grandissent pour la joie de leurs parents, et restent constamment dignes du nom de Stolberg.

» Karlsbad, le 23 août 1828. »

Sur la même feuille se trouvent en vers les lignes suivantes :

« Ce livre, tombé du ciel pour être notre étoile à travers le pèlerinage de la vie, vaut mieux que l'or et les perles. Voulez-vous vivre contents ici-bas et être heureux dans le ciel, faites ce que ce livre vous enseigne. »

C. Schmid profita des loisirs que lui procura la saison des bains pour écrire le petit ouvrage intitulé : Ferdinand, histoire d'un jeune comte d'Espagne. Le fond de ce sujet, une histoire qui s'est passée en Bohême et en partie en Espagne, lui fut fourni par un vieux livre qui lui tomba entre les mains à Karlsbad. Les principaux traits de ce récit, un peu abrégé, lui offrirent, comme il le dit lui-même dans sa préface, une telle abondance de faits et de

caractères, qu'il ne put résister au désir de les reproduire à sa manière.

Pendant son retour, C. Schmid fit, à Ratisbonne, la connaissance de Diepenbrock, alors secrétaire de Sailer. Diepenbrock travaillait alors à son Bouquet de fleurs spirituelles, extrait des poètes espagnols et allemands. Il fut heureux d'entrer en relations avec Schmid, et le lien d'une amitié étroite réunit bientôt ces deux amis, entre lesquels existait déjà une sorte de parenté intellectuelle. L'année suivante, Diepenbrock envoya à Schmid un exemplaire de son ouvrage, en l'accompagnant des lignes suivantes:

a Cher ami,

» Je vous envoie l'exemplaire que je vous avais promis de mon Bouquet de fleurs spirituelles, actuellement achevé, en vous priant de l'accueillir comme un souvenir amical, et en exprimant le désir que votre odorat si fin et si délicat puisse y trouver quelques parfums agréables et vivifiants. Je vous ferai en même temps observer que les morceaux indiqués à la table sous les lettres E. S. sont de M. le ministre Schenk; ceux qui suivent (excepté quelques-uns de Brentano) viennent d'une demoiselle de Berlin, très-pieuse et très-spirituelle, devenue catholique il y a près de dix ans, et qui maintenant se voue à l'éducation des filles dans un couvent.

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