‹ Souvenirs du Chanoine SchmidChapitre 47 sur 61 · C. SCHMID COMME ÉCRIVAIN · texte numérisé non relu

C. SCHMID COMME ÉCRIVAIN

disait-il encore; on se sent transporté dans un monde nouveau et à part ; on croit voir revivre les personnages au milieu desquels on se trouve, et on s'associe à leurs destinées. » C. Schmid soupirait souvent quand on frappait à sa porte, et qu'une visite venait tout-à-coup dissiper les brillantes images qu'entrevoyait son imagination.

C. Schmid lisait et étudiait la Bible avec beaucoup de soin. Il avait écrit ces mots dans son journal : « De toutes les histoires, celles de la Bible sont les plus parfaites :

» 1° Quant à la manière dont elles sont racontées. J'ai lu à mes élèves des histoires de toutes sortes ; j'ai choisi les plus convenables et les plus attrayantes dans divers auteurs et dans ceux qui ont le mieux écrit pour le peuple et pour l'enfance; eh bien ! j'ai toujours trouvé qu'il n'y en avait point qui fissent une si vive impression et captivassent autant les esprits que les récits bibliques. Tout était alors si calme, qu'on aurait pu entendre tomber une aiguille.

» D'où vient donc la puissance de ces histoires sur le cœur humain? Elle vient, on n'en saurait douter, de la poésie, de l'animation et des vives peintures qui les caractérisent.

» Là, tout est vie ; on y voit tout de ses propres yeux ; le monde y apparaît tel que nous le voyons encore aujourd'hui devant nous.

» Le théâtre de l'histoire y est toujours bien cir-

conscrit. Ici, on est dans un jardin de délices placé dans le paradis ; là, à l'ombre d'un arbre planté devant la porte d'une chaumière; ailleurs, auprès d'une fontaine entourée de troupeaux ; plus loin, dans un désert ou dans une prison. Partout le monde réel; on ne flotte point dans les nuages; on est sur un terrain solide, entouré de montagnes et de vallées, d'arbres et de rochers, de sources et de forêts.

» L'époque où l'histoire a eu lieu y est indiquée. Maintenant c'est le matin , maintenant c'est le soir, maintenant le soleil de midi darde ses plus chauds rayons. Tantôt c'est le temps de la moisson, tantôt celui de la tonte des brebis, tantôt celui de la vendange.

» Toute la nature visible y est en action. Là aussi on voit luire le soleil, étinceler les étoiles ; là aussi apparaît F arc-en-ciel aux brillantes couleurs. Ici, c'est un champ de blé, là une vigne, plus loin un jardin d'oliviers.

» La nature y est peuplée de créatures vivantes. On y voit des bœufs et des vaches, des brebis et des chèvres, des corbeaux et des tourterelles, des cigognes et des moineaux, et ils y sont peints* d'après nature.

» Le timide corbeau se réfugie dans les régions de l'air; l'aimable tourterelle rentre dans sa demeure; le coq fait entendre son chant; la chèvre remplit

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