Le calcul
Nos dix doigts sont autant de moyens naturels de compter. Ils conviennent parfaitement pour le calcul décimal, où l'on procède par dizaines.
On peut donc, au moyen des doigts, apprendre le calcul aux enfants, du moins les quatre premières règles. En les levant ou en les abaissant, on leur apprend à additionner, à soustraire, à multiplier et à diviser. 1 et 2 doigts font 3 ; 2 et 3 font 5 ; 2 ôté de 4, reste 2 ; 2 fois 2 font 4 ; 2 fois 3 font 6 ; 2 fois 4 font 8 ; 2 fois 5 font 1 0 ; 1 0 partagé en 2 donne 5, etc. Par ce moyen, les enfants comprennent le calcul en petit; car ce nvest pas une moindre difficulté que de commencer par les petites choses. Ainsi fait la nature; dans le grain de semence qui germe on aperçoit déjà le commencement de la plante.
Pour compter par dizaines, on dit à l'enfant d'ouvrir les 10 doigts; il voit alors une dizaine. Un autre enfant en ouvre encore dix ; ce qui donne 2 dizaines, ou 20. Les 10 doigts d'un troisième enfant font, avec les 20 doigts des deux autres, 3 dizaines, ou 30. Les doigts de 10 enfants leur donnent l'idée de ce qu'est
une centaine. — On procède de même pour les centaines. Arrivé à mille, on peut se borner là en attendant; il est facile de donner une foule de devoirs qui ne dépassent pas le chiffre mille. Au reste, il est rare que dans la vie commune, dans les achats, les ventes, etc., on dépasse les mille. Il est donc inutile de tourmenter la jeunesse en lui parlant de centaines de mille et de millions.
Tout, dans renseignement des enfants, lecture, écriture, calcul, doit favoriser l'instruction religieuse. Quand il s'agissait de récriture, je leur donnais en modèles les paroles de Jésus-Christ; plus tard, je leur dictais quelques belles strophes empruntées à des cantiques religieux, et dans la suite, des cantiques tout entiers.
Mais comment s'y prendre pour le calcul? De même que Jésus -Christ avait fait de ses disciples des pêcheurs d'un genre exceptionnel, j'appris aux enfants à calculer le gain qui importe le plus à tous les hommes, selon ces paroles du Sauveur : « Que sert-il à l'homme de gagner le monde entier, s'il vient à perdre son âme? »
J'appelai aussi leur attention sur le sens profond de ce mot de l'Ecriture : « Seigneur, apprenez-nous à compter nos jours, afin que nous devenions sages. » — « Notre vie sur la terre, a dit un auteur chrétien, n'est pas simplement une vie de manufacture, et la fin du monde n'est pas une foire de Francfort.