‹ Souvenirs du Chanoine SchmidChapitre 50 sur 61 · C. SCHMID COMME ÉCRIVAIN · texte numérisé non relu

C. SCHMID COMME ÉCRIVAIN

extérieures , excite à l'imitation, de même que le vice inspire le dégoût, la répulsion et l'horreur.

» Les caractères de la Bible ne sont point un pur idéal; ce ne sont ni des anges ni des démons : ce sont des hommes. A côté de leurs grandes vertus, ils ont des faiblesses humaines; et malgré la perversité de leur naturel, ils ont pourtant leurs bons moments, leurs belles qualités. Les exemples de vertus provoquent l'imitation, en même temps qu'ils en inspirent le courage; les exemples de vices montrent ce qu'il faut éviter, et, en faisant voir la possibilité de tomber dans les mêmes écarts, ils prouvent que le conseil de les éviter n'est point superflu.

» La Bible offre des peintures de mœurs prises dans toutes les conjonctures de la vie, dans toutes les situations où l'homme peut se trouver. Nous y voyons l'homme vertueux dans la pauvreté et dans l'abondance, dans la joie et dans les souffrances, au milieu de sa famille et loin de sa patrie, dans un doux repos et dans les plus terribles perplexités, assistant à un festin de noces et étendu sur son lit de mort. Nous y voyons comment il se comporte envers ses parents, ses enfants, ses frères et sœurs, son maître et son serviteur, envers le riche et le pauvre, envers ses amis et ses ennemis. La vertu, descendant du ciel nuageux des conceptions générales, y apparaît dans les régions de la vie commune. On n'y montre point une vertu idéale, sur

laquelle les hommes puissent disserter, argumenter, subtiliser.

» C'est un miroir fidèle où nous nous voyons en personne, et où nous pouvons apprendre à corriger nos mœurs.

» Un autre avantage qui fait que les caractères moraux y apparaissent dans un jour encore plus frappant, c'est qu'ils y sont constamment opposés l'un à l'autre. Tels sont, par exemple, Abel et Caïn, Noé et ses contemporains, Cham et ses frères, Loth et les habitants de Sodome, Isaac et Ismaël, Jacob et Esau, Joseph et ses frères, Samuel et les fils d'Héli, David et Abisaï, Elisée et Giézi, Vasthi et Esther, Mardochée et Aman, etc. Qui n'aimerait mieux ressembler aux premiers qu'aux derniers?

» L'exactitude minutieuse qui règne dans la peinture des caractères mérite également d'être remarquée; ils se soutiennent constamment et restent semblables à eux-mêmes. La cupidité de Laban se révèle dès le premier instant. Comme il veut aussi des pendants d'oreilles et des bracelets d'or, il court aussitôt vers l'homme qui est près de la fontaine, et lui dit : « 0 vous, le béni du Seigneur! » Abimélech, près de mourir, n'a rien perdu de sa fierté ni de son arrogance. « Etouffe-moi, dit-il à son écuyer, afin qu'on ne puisse pas dire : Une femme l'a tué ! »

» Mais ce qui communique à ces peintures leur

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