C. SCHMID COMME ÉCRIVAIN
ces deux ouvrages avec satisfaction, ou plutôt que cette lecture Ta édifié et attendri; et il espère que quand sa jeunesse fleurira pour la seconde fois, il éprouvera encore les mêmes sentiments en relisant les opuscules de cet homme si aimable et si digne de respect. On pourrait peut-être appliquer à l'auteur ce qu'un orateur illustre disait d'Homère : (( Les jeunes gens 1 écoutent avec plaisir, et les vieillards avec dévotion.»
« Combien parmi nous, ajoute-t-il, qui désireraient pouvoir écrire avec cette ingénuité et ce naturel de notre ancien Wandsbecker-Bote, avec cette franche, vive et populaire gaieté de Claudius, avec ce ton et ce style si évangéliques , cet accent si aimable et si profondément pieux de notre Schmid ! Tout y est si naturel et d'une lecture si facile, qu'on serait tenté de croire qu'on en peut faire autant, comme l'ont effectivement pensé un grand nombre qui ont régalé le public de leurs appendices sur Geneviève, Henri d'Eichenfeld, etc. Mais, dès qu'on met la main à la plume, on sent bien vite, pour peu qu'on ait d'humilité et de goût, qu'une telle entreprise n'est ni si aisée, ni si naturelle. Combien alors on tombe facilement dans le genre fade et inanimé des écrivains vulgaires, ou dans le ton plus inconvenant encore des fabricants de romans, si brillants d'expressions, et si pauvres de sens et d'esprit ! En un mot, quiconque veut écrire pour les
enfants dans le langage des enfants, et pour le peuple dans le langage du peuple, doit, comme les hommes cités plus haut, être né pour cela, il doit être un génie. Orator fit , poetanascitur \, dit l'ancien proverbe. »
Les ouvrages de Schmid ont eu non-seulement en Allemagne, mais encore à l'étranger, un immense retentissement; ils ont été traduits dans les principales langues de l'Europe. De magnifiques éditions en furent envoyées à Schmid, de Paris, de Londres et de Milan. Le célèbre journaliste J. Janin, à la demande de la duchesse d'Orléans, les traduisit pour le comte de Paris. Cette édition est très-soignée; elle est en grand format et ornée de gravures sur bois.
La reine actuelle de Suède , princesse de Leuchtenberg, a traduit elle-même en langue suédoise quelques-uns des ouvrages de Schmid. Un professeur de langue française à Berlin, qui avait habité la France pendant quarante-cinq ans, et qui traduisait alors les ouvrages de Schmid, lui écrivait en 1837 :
« Bien que je n'aie pas l'honneur de vous connaître personnellement, je demande néanmoins la permission de vous témoigner ma reconnaissance la plus sincère et mon admiration respectueuse pour les inestimables ouvrages que vous avez écrits en faveur de la jeunesse. Cette admiration est partagée non-