‹ Souvenirs du Chanoine SchmidChapitre 53 sur 61 · C. SCHMID COMME ÉCRIVAIN · texte numérisé non relu

C. SCHMID COMME ÉCRIVAIN

seulement par les habitants de votre pays, mais encore par tous les Etats civilisés, et surtout par la France. Combien je me sens heureux d'avoir été l'un des premiers qui ont conçu et réalisé la pensée d'en donner en français une traduction complète! » Il ne m'appartient pas, à la vérité, de décider si ma traduction a été assez heureuse pour reproduire fidèlement le ton plein de simplicité et d'attrait qui règne dans vos charmants récits. Ce que je puis assurer, c'est que j'ai tâché, autant qu'il a été en moi, d'atteindre ce noble but; et j'ose me flatter que mes efforts ne sont pas restés sans résultat, puisque j'ai déjà eu le plaisir de voir plusieurs éditions trèsconsidérables de ma traduction de vos excellents ouvrages, se répandre non-seulement dans les villes et les villages,, mais encore dans les plus humbles hameaux de l'empire français. Le public voit se réaliser de jour en jour la vérité de cette assertion d'un journaliste français, qui, parlant de la vogue extraordinaire que vos écrits trouvaient parmi le peuple, disait : « Les pères et les mères de famille, curieux de voir le plaisir qu'éprouvent leurs enfants en lisant les charmants petits contes du chanoine Schmid, sont souvent surpris de se voir eux-mêmes prendre goût à une lecture qui semble n'appartenir qu'au jeune âge. » La justesse de ces paroles du publiciste français a trouvé en moi une vérification nouvelle. »

Les ouvrages de Schmid pénétrèrent également en Amérique. Le médecin de l'impératrice du Brésil, le Dr J.-G. Etienne ? écrivait à Schmid en 1848: « Lors de mon dernier séjour dans le sud de l'Amérique j'ai eu le plaisir d'entendre retentir votre nom vénéré dans les forêts du Brésil , où l'on vous louait des salutaires résultats que vous obteniez comme écrivain de la jeunesse. J'ai pensé qu'il vous serait agréable d'apprendre que la semence que vous avez répandue dans la patrie allemande, pour l'anoblissement du genre humain, porte aussi, de l'autre côté de l'équateur, des fruits magnifiques. Je prends la liberté, monsieur, de vous envoyer ces deux petits volumes pour vous prouver qu'il existe dans ces lointaines contrées un peuple naissant qui prend plaisir à entendre votre parole. »

Les contrefaçons contribuèrent pour leur part à cette immense propagation des ouvrages de Schmid;. mais, en revanche, elles lui causèrent bien des désagréments et des peines. On poussa l'impudence jusqu'à publier ses œuvres complètes, et à vendre sous son nom des écrits dont lui-même n'avait jamais entendu parler. Déjà, en 1824, il s'était vu forcé de faire insérer, dans les journaux la note suivante :

« Une annonce littéraire insérée dans le Mercure de Souabe, par les imprimeurs B.., de Reutlingen, et B.., de Rottenbourg, fait connaître la publication.

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