‹ Souvenirs du Chanoine SchmidChapitre 55 sur 61 · C. SCHMID COMME ÉCRIVAIN · texte numérisé non relu

C. SCHMID COMME ÉCRIVAIN

prélat forme le sujet principal de ce récit, et Mme de L... meurt avec la croix sur sa poitrine. Timothée et Philémon se termine par une courte description du saint sacrifice de la messe. Dans l'Histoire d Adélaïde de Thalheim est racontée la conversion d'une pécheresse au célèbre pèlerinage des Ermites.

Je m'en tiens à ces citations ; elles suffisent pour faire apprécier l'assertion de ceux qui prétendent qu'on ne trouve rien de catholique dans les ouvrages de Schmid. Le but de l'auteur n'était point de composer des livres de prières ou des ouvrages de piété proprement dits, mais d'écrire d'innocentes histoires.

Ajoutons qu'il a fort bien fait de ne point introduire dans ses ouvrages le genre polémique, et de s'abstenir de parler des dissensions religieuses, les enfants n'en ayant d'ailleurs aucune idée. La seule objection qu'on pourrait peut-être faire, c'est que dans ses écrits l'auteur ne montre pas la vie humaine sous son côté exclusivement religieux, comme l'ont fait quelques auteurs récents, notamment en Angleterre. Mais il ne faut pas perdre de vue l'époque à laquelle Schmid apparut comme écrivain de la jeunesse. C'était au commencement de ce siècle, alors que l'incrédulité se propageant de France en Allemagne, infectait la littérature et l'enseignement public. Il s'agissait avant tout de défendre et de sauver le principe chrétien en face de l'élément contraire qui débordait de toutes parts. Sailer le faisait

comme théologien, Schmid, comme écrivain de la jeunesse ; le premier, en s'efforçant de transporter à travers une époque d'incrédulité dans un siècle où l'on s'enquérait de nouveau de la croyance de l'Eglise , le précieux dépôt de la révélation que le passé nous a transmis ; le second, en sauvant, gardant et conservant, au milieu des orages de la révolution française et dans une époque d'impiété, pour des temps meilleurs, cette plante délicate qu'on nomme l'éducation chrétienne de la jeunesse. En observant avec attention la marche que Schmid a adoptée dans ses écrits, on découvrira que dans ses premiers ouvrages il n'est question que des vérités fondamentales de notre sainte religion, et que ses histoires suivent une marche proportionnée au développement de la conscience chrétienne. Tout auteur doit être jugé d'après son époque, et il est injuste d'apprécier un homme qui a vécu au commencement d'un siècle d'après le développement intellectuel réalisé au milieu de ce siècle.

Des hommes de la plus rigoureuse orthodoxie, investis des plus hautes dignités ecclésiastiques, et placés au sommet de la science contemporaine , ont su parfaitement reconnaître et apprécier les services qu'a rendus Schmid comme écrivain de la jeunesse, et ont jugé plus équitablement que les critiques inconnus dont nous venons de parler. Us sont allés lui rendre visite, dans le but de faire sa connais-

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