‹ Souvenirs du chevalier de CussyChapitre 17 sur 205 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

trouve m. t famille et mes amis. — Aux gardes'du corps. — La comgnie de Gramont. — A propos de décorations.^ — Désaugiers. — Carie \ ernet. — Gérard.

Dresde, janvier 1825.

A Paris, je retrouvai mon père et mes sœurs (1). Celles-ci ne cachaient pas leur joie de la chute d'un régime qui avait envoyé tant d'hommes à la mort. Cela me choquait. Je n'étais pas nu « vieux grognard », mais, si brièvement que ce fût, j'avais participé aux gloires impériales.

Quand ma famille partit, j'allai habiter avec Verneuil et I '. i seval de Frileuse dans une pension de la rue de Seine, tenue par une Ecossaise encore jolie qui se disait descendante des Stuarts. C'est à remarquer, cette maladie qu'ont la plupart des Ecossais établis hors de leur pays, de se prétendre issus de cette famille royale.

Un dehors d'Amand de Verneuil et de Frileuse, j'avais la so< iété d'autres amis comme Thierry de Lamarck, Paul de Bourgoing et le brave capitaine Philibert.

Le chevalier Thierry de Lamarck était un ancien chef d'escadron de la garde impériale qui avait épousé, de par la volonté de Napoléon, une fille naturelle du roi de Prusse Frédéric-Guillaume II et de Mme Ritz. Belle et aimable femme, Mme de Lamarck étaii veuve d'un ou deux maris et séparée d'un ou deux autreSj et notamment d'un comte de Stolberg-

(1) L'aînée de mes sœurs, Aménis, née en 1791, avait épousé en 1 -s 1 1

M Bauny de Léris, employé supérieur des domaines. La seconde, Virginie,

i. 1801, ■ poui - i m 1822 le baron Terrain de la Mothe et mourut en

. is, deux an \ Ole de l'auteur.)

Stolberg. Elle mourut dans l'été de 1814, laissant de son dernier mariage un fils et une fille. Celle-ci a épousé le comte Ingenheim, fils naturel du roi Frédéric-Guillaume II, et, par conséquent, son oncle.

Paul de Bourgoing, tout en conservant le titre d'aide de camp du maréchal duc de Trévise, en avait cessé les fonctions et vivait chez sa mère, tout heureuse d'avoir enfin retrouvé un de ses trois fils (1), et, se félicitant, comme toutes les femmes, de l'ère de paix qui s'ouvrait. Dans nos promenades le long de la Seine, ou sur les boulevards, que de projets Bourgoing et moi nous avons ébauchés! Certes, ni l'un ni l'autre ne pouvions alors nous douter que, dix-huit mois après, entrés tous deux dans la carrière diplomatique, nous servirions en même temps à l'ambassade de Berlin.

Aux charmes particuliers du capitaine Philibert se joignaient maintenant ceux d'une nièce qu'il était fier de présenter partout. Il avait raison. Mlle Elisa de Courten, aux beaux cheveux blonds, au sourire angélique, au port de déesse, était tout ce qu'il y avait de beau sur la terre, et du plus charmant caractère du monde. Elle chantait agréablement, et, quand cil'' jouait de la harpe, il était difficile de n'en être pas amoureux. Depuis, le duc de Rovigo et le marquis de Bonnay m'ont dit. chacun de son côté, que Mlle Elisa de Courten avait inspiré bien des passions à la Cour impériale et qu'à la rentrée dis Bourbons, on lui avait offert une place de dame d'honneur auprès de la duchesse d'Angoulême. Filleule de la reine Hortense auprès de laquelle elle demeurait, Mlle de Courten était, à l'époque où je la connus, promise à M. de Cochelet, frèro de la lectrice de la comtesse de Saint-Leu. Ce mariage n'eut pas lieu (2).

Aussitôt que le roi Louis XVIII eut fait son entrée à Paris,

(1) L'un était encore prisonnier en Russie; un autre, blessé, était alors soigné dan'; quelque hôpital. (Note de l'auteur.)

(2) Mlle Elisa de Courten est devenue l'épouse du grand poète Casimir Delavigne. En décembre 1849, j';ii revu à Paris Elisa de Courten, veuve, toujours boni- et affectueuse pour moi et toujours belle, bien qu'âgée de cinquante-cinq à cinquante-six ans. [Note de 1853.)

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