‹ Souvenirs du chevalier de CussyChapitre 69 sur 205 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

de Hagen, chambellan; le baron de Knobelsdoriï, fils aîné du vieux général qui a été ministre de Prusse à Paris; le général de YYitzleben, aide de camp et confident de Frédéric-Guillaume III. auquel il montre la correspondance des légations; le colonel comte de Nostitz, aide de camp du roi, après la mort du prince de Blucher; le major de Massow, qui a été aide de camp du duc de Wellington en Espagne et est resté longtemps à Paris d'où il entretenait une correspondance directe avec Frédéric-Guillaume III; MM. de Schack, de Rœder, de Belovv, tous trois aides de camp du prince royal; les maréchaux de Blucher et de Kalkreuth; les généraux de Gneisenau, de Pirch, de Borstell, de Mùfïïing, de Boyer, de Rauch, d'Alwensleben, de Tauenzien; les colonels ou majors de Gontard, de Royer, de Kraiït, qui a voulu épouser la princesse de Rohan.

Faut-il que j'oublie le comte de Brandebourg, frère naturel du roi de Prusse; le comte de Lynar; les deux frères de Bojanowski, tous deux majors, l'un aide de camp de Frédéric- Guillaume III, l'autre, des chasseurs de Neuchatel, commandés par l'énorme et bonasse comte de Meuron; le major de Martens, époux de la jolie et spirituelle Française, Mlle Herminie Collard; le colonel de Lucadow qui, lui aussi, est marié à une de mes compatriotes, Mlle Roberjot, fille du fameux conventionnel et régicide, l'un des plénipotentiaires Français assassinés par des hussards autrichiens en revenant du Congrès de Rastadt, le 28 avril 1799? Cet attentat inouï dans les fastes des nations modernes, forfait inexplicable, crime tout aussi inutile qu'atroce, dont quelques hommes ont voulu, si niaisement3 que le Directoire se fût rendu coupable, ne saurait, bien qu'il ait été accompli par des hussards autrichiens, être attribué à la cour d'Autriche. La haute vertu du souverain qui occupe encore ce trône actuellement (1), le noble et chevaleresque caractère du prince qui commandait l'armée autrichienne, l'archiduc Frédéric-Charles, ne permettent pas de s'arrêter sérieusement à cette pensée. Peut-être, M. de Thugut,

(1) Franc >i- II empereur 'l'Allemagne, qui, à partir du 6 août 1806, porta le nom de François Ier, empereur d'Autriche.

ministre autrichien, eût-il été servi au delà de ce qu'il désirait lui-même?... Si ce personnage a réellement connu la trame qui se préparait — on le saura sans doute un jour — aucune épithète trop forte ne saurait flétrir son nom, en le plaçant au pilori de l'opinion publique et de l'impartiale histoire. Mais il est temps de rentrer à Berlin.

Parmi les personnes qui faisaient partie de la société et que je rencontrais fréquememnt, je dois encore citer le prince de Puttbus; son frère, le comte de Puttbus, amoureux transi de la belle Mme d'Alopéus; les beaux et nombreux Schlippenbach; le comte de Puckler, devenu prince de Puckler-Muskau à l'époque de son mariage avec la comtesse de Papenheim, fille du prince chancelier de Hardenberg, laquelle divorça pour l'épouser; la famille de Heister dont toutes les femmes étaient si belles; le richissime banquier Schickler; le baron Charles de Martens qui, à l'imitation de son oncle, le ministre de Hanovre à Francfort, s'est fait un nom comme écrivain et a publié, entre autres ouvrages, un Manuel diplomatique, à l'ordonnance duquel j'ai pris ma part; M. Ancillon, ancien précepteur du prince royal, homme de lettres, historien, philosophe, attaché au ministre des affaires étrangères; le jeune comte de Blûcher, amant de Mme Stick, la ravissante actrice, et qui se vit, une après-midi, dans le cas de se défendre à coups de poignard contre le mari qui avait surpris les deux amants au lit; le major de Tronchin, chez lequel j'ai si fréquemment joué des comédies françaises auxquelles la cour ne manquait jamais d'assister; le prince Antoine de Radziwill, dont la maison était le rendez-vous de tous les arts; le comte de Hatzfeld, ancien coadjuteur de l'archevêque-électeur de Mayence, et qui, pour succéder à cette dignité — ce que les événements politiques ont empêché — avait cédé son titre et ses droits d'aîné à son frère, le prince de Hatzfeld, le même qui, étant gouverneur de Berlin en 1806, n'obtint sa grâce de Napoléon que sur les supplications de sa femme, née Schulenburg, qui se jeta, éplorée et tremblante, aux pieds du vainqueur (28 octobre); M. Spontini, le fameux compositeur; le

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