‹ Souvenirs du chevalier de CussyChapitre 80 sur 205 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

était mérité. La loyauté du duc de Richelieu était si connue que. pour ma part. j'ai entendu appliquer r officiel-

lement le mot du du' - n par le comte d

torff, chef du ministère prussien. Voici dans quelle occas I Fne difficull -ntre la ! ■ .

- au -ujet des dotations auxquell Français avaient dû renoncer par sui' et d< - " omte de Bernstorff opposait tel prot

signé à Aix-la-Chapel! ; puyait sur le texte. Le marquis

Bonnay, lui. en appelait à V esprit qui avait dicté la : lution pris sig Aix-la-Chapelle. Il en écrivit au duc

Richelieu, lequel répondit que le traité avait entendu la :nme le marquis de Bonnay l'entendait lui-n chef montra cette lettre au ministre prussien, et, assertion de l'homme loyal et intègre par • ite de Bernstorff fit droit à la réclamation de la légation française. et, mettant de côté le protocole, il répondit que. pour lui, la parole du duc de Richelieu calait mieux que le texte du protocole.

Le du de Richelieu et le marqi;: hnay étaient

timement que, lorsque le marquis séjournait à P il prenait part, cinq ou six fois par semaine, au déjeuner du duc. ce moment étant le plus favorabl-

car, après ce repas du matin, le duc de Richelieu aimait à mi-heure sai- ir d'étrangers, pour fumer

tranquille sa longue pipe oriental-. Le marquis

ay fut. un matin, témoin du fait suivant. Le regn ministre avait accordé une audi

vain politiqu g ié. auteur de la I

politique, et qui a été l'un des - du

hébais. Au moment où il entre, un petit su . attaché à une longue chaine dan- le cabinet du d .

:aule. puis à ter: sur l'épauli

M. Fi rnanége à dix à do>;

que, chaque ud tour nou-

veau au col du visiteur qu'il faillit positivement étrang

On se hâte de délivrer le publiciste, mais non pas sans rire, quelque peu, du manège du petii favori. M. Fiévée, vexé au point d'être rouge de colère, car il croyait que ce qui venail de se passer était une mystification préparée, sort de l'appartement d'un air menaçant, sans entamer le sujet de l'audience qu'il avait sollicitée, et devient, quelques jours après, l'un des adversaires les plus fougueux du ministère.

Ce M. Fiévée s'était déjà jeté, en L814, dans l'opposition, parce que le duc de Blacas, ce ministre hautain et malhabile, l'avait éconduit, lorsqu'il sollicitait une place de préfet. « Mon libraire, avait-il dit au duc de Blacas, m'offre 20,000 francs par an, si je veux écrire contre le gouvernement. Les plans que je vous ai soumis vous prouvent que je puis être un bon administrateur; mais il me faut une réponse immédiate, car il faut que je vive ». Le duc de Blacas, qui était peut-être tenté de faire la réponse qu'on attribue à un ministre de Louis XIV (1) : « Monsieur, je n'en vois pas la nécessité n'accorda pas la préfecture solliciter, el M. Fiévée se lit écrivain d'opposition. Ces détails, qui montrent à quoi tiennent souvent les convictions des hommes politiques, m'ont été donnés, il y a plusieurs années déjà, par le comte de la Ferronnays qui les avait entendu raconter par son beau-frère, le duc de Blacas.

Ce fut en 1820, lors d'un séjour à Paris, que je lis pins ample connaissance avec le duc de Richelieu, qui s'était déjà montré si bienveillant pour moi lorsque je servais à la compagnie Gramont. Il fut très bon et je déjeunai plusieurs fois en tête à tête avec lui. Jl connaissait tous les personnages importants de l'Europe et aimait beaucoup à causer de la Cour de Prusse et de la société berlinoise. Il rappela aussi devant moi de très vieux souvenirs, datant de l'époque où il voyait à Florence, en compagnie de mon père, le malheureux comte d'Albany (2), et me donna des conseils, disant qu'un diplomate, étant le représentai d'une nation, doil toujours

(1) Louvois.

(2) En 1783.

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