‹ Souvenirs du chevalier de CussyChapitre 84 sur 205 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Déclaration nécessaire. — Esprit français et esprit allemand. — Mes relations à Berlin. — S. A. I. le grand-duc Nicolas de Russie. — Le comte de Modène. — Impuissance et favoritisme de Louis XVIII. — Mme Stick. — La vieille comtesse Golowkin. — Paul de Bourgoing. — Le comte de Chastellux. — Le comte de Caux. — Le vicomte de Flavigny. — Le chevalier de Landabura. — Sa façon de s'exprimer en français. — Sufïidu chevalier de Vallejo.

Dresde, novembre 1825.

Avant de passer en revue les personnes que j'ai fréquentées en Prusse, il me vient un scrupule au sujet duquel je dois faire une déclaration. Je ne sais si mes notes seront quelque jour livrées au public. Si elles le sont jamais, peut-être s'étonnera-t-on de ce que, reçu comme je l'ai été dans une société, j'ai eu le cynisme ou la petitesse d'égratigner tant soit peu certaines personnes de cette société?... Ma défense sera facile. Ayant eu à peindre ces personnages, j'ai tenu à on donner des portraits aussi fidèles que possible et à les reproduire tels qu'ils me sont apparus, avec leurs travers et leurs ridicules. J'affirme qu'il serait injuste de me taxer de malveillance, quand j'ai écrit mes notes sans aucune animosité personnelle et que j'ai voulu simplement être sincère. Au surplus, cette déclaration ne serait pas complète, si j. n'ajoutais quelques mots sur la différence de l'esprit allemand et de l'esprit français.

En 1816, quittant Paris pour Berlin, en même temps que mon respectable chef, le marquis de Bonnay, ce dernier: voulant faire profiter ma jeunesse de sa grande expérience, m'avait tenu, tout au long des routes, des discours instructifs, pouvant, se résumer à peu près ainsi : « A Berlin, nous allons trouver de braves gens, mais, d'autant plus infatués de leur

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