AVANT-PROPOS
Par la biographie qui précède on a pu juger Thomme dont nous allons résumer les Souvenirs.
Nous avons donné ce titre à des notes éparses, sans doute préparées pour compléter VHxsloire de France publiée en 1827 par Montgaillard, sous le nom de son frère.
De même que les Mémoires politiques rédigés sous l'Empire et la Restauration (l), nous avons retrouvé ces documents en vérifiant des amas de papiers abandonnés, destinés à être détruits à la suite des déménagements des bureaux du Ministère de Tintérieur. Quelle fâcheuse circonstance avait égaré ces manuscrits? Comment étaient-ils restés si longtemps ignorés dans des poussières d'archives, laissant Toubli passer sur eux? Qui pourrait le dire quand leur existence même était inconnue? Leur présence au ministère ne saurait être expliquée ; on peut cependant supposer que le gouvernement de Juillet avait voulu en prévenir la publication en les achetant, ou qu'à la mort de Montgaillard, ses papiers, mis sous scellés, ont été enlevés d'office et relégués dans un coin ignoré, d'où un singulier hasard est venu les retirer pour les livrer au pilon. Notre attention fut appelée sur eux par une curiosité instinctive, un attachement, un regret pour les vieilles choses devenues parfois encombrantes et dont on est obligé pourtant de se dessaisir.
Déchirées, salies par des vicissitudes diverses, ces notes sanssuite, sans commencement, ni fin, présentaient la plus grande confusion. Nous avons cherché aies diviser, aies classer, suivant l'ordre des événements et des dates, à les grouper par chapitres,.
(1) Voir pages 58 et 63.
à les lier entre elles pour combler certaines lacunes, supprimant les critiques trop violentes, les personnalités grossières ou les faits sans importance. Intéressantes au point de vue diplomatique, curieuses peut-être dans quelques détails, elles paraissent souvent constituer plutôt un pamphlet qu'un document de réelle valeur historique; il importe donc d'exprimer cette réserve que l'erreur y côtoie souvent la vérité. Nous croyons devoir en prévenir le lecteur et lui rappeler, si quelque opinion l'offusque, cet avis de M°*** de Latour Saint-Paul à ses convives : Sachez^ Messieurs f que le comte de Mont gaillard dégorgera ce soir son venin.