‹ Souvenirs du comte de PlancyChapitre 23 sur 85 · LES DÉPARTEMENTS DE LA BELGIQUE · texte numérisé non relu

LES DÉPARTEMENTS DE LA BELGIQUE

Charleroi, Bruxelles, Gand, L'Ecluse, Bruges, Ostendc, Menin, Douai, Saint-Quentin, Laon, Soissons, Compiègne, Senlis, Clermont et Heauvais, sans compter nombre de villes et de villages intermédiaires. Les préfets m'avaient accueilli partout avec une grande cordialité et j'en ai pour témoignage plusieurs de leurs lettres que je relis parfois encore avec plaisir.

Dès mon retour à Paris, je rédigeai mon rapport à l'Empereur et je fus assez heureux pour le satisfaire pleinement. Il m'en témoigna sa reconnaissance et me remboursa de mes frais de déplacement qui s'étaient élevés à la somme de 1 1521ivres, enme donnant sur sa cassette particulière, une gratification qu'il m'annonça en ces termes :

« Monsieur de Plancy, auditeur en mon Conseil » d'Etat, je vous ai accordé une gratification de quatre » mille francs à l'occasion de la mission dont je vous ai » chargé et de la manière satisfaisante dont vous l'a- » vez remplie. Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait en sa » sainte garde.

» A Saint-Gloud, le 29 brumaire an XIL

Signé : Napoléon. »

Je lui répondis aussitôt :

« Sire, je reçois avec une respectueuse reconnais- » sance la marque de bonté et surtout de satisfaction » qu'il a plu à Votre Majesté de m'accorder. Mon » zèle aurait été payé d'un mot de sa bouche et je La » supplie de croire dans tous les temps que je mettrai

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» bien plus de prix à Son approbation qu'à Ses bien- » faits.

Signé : Plancy. »

« Paris, le 2 frimaire an XII. »

Sur ces entrefaites, Bonaparte, qui organisait sa cour impériale, me fit offrir par mon beau-père d'être un de ses chambellans avec 12.000 francs de traitement. C'était un beau poste^ surtout à l'âge de 25 ans que je venais d'avoir, et un très grand honneur de se trouver en contact fréquent avec le chef de l'Etat, bien que ce fût surtout dans ses antichambres. J'aurais pu me laisser éblouir par tous ces avantages, et la perspective de revêtir un bel habit rouge tout chamarré d'argent, mais j'eus le courage de refuser cette offre et de répondre à mon beau-père que je ne me sentais pas assez de souplesse dans l'esprit pour habiter la Cour, et que si je parvenais à mériter l'estime de mes concitoyens, jepréférerais la devoir à mon travail ainsi qu'aux services que j'aurais rendus à mon pays, et que je priais Sa Majesté de m'ouvrir définitivement la carrière administrative.

Aussitôt l'Empereur me nomma sous-préfet à Soissons, poste modeste et peu rétribué, mais qui me suffisait pour mes débuts. Il en informa mon beaupère par la lettre suivante :

« Mon cousin, la préfecture de l'Aisne était destinée » lorsque j'ai reçu votre lettre. J'ai nommé M. de » Plancy sous-préfet à Soissons. La première année » de son administration me portera sans doute à lui » donner la première préfecture qui pourra être à sa

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