INTRODUCTION IX
taiits; on se distinguait par la satisfaction qu'on savait donner aux besoins matériels et aux intérêts moraux des populations; on avait le sentiment de l'autorité, mais on avait le respect des convenances ; on portait, à dépenser son traitement, une émulation où ceux qui n'avaient point de fortune personnelle mettaient leur orgueil à rivaliser avec ceux qui étaient riches; on ne regardait point une préfecture comme une auberge oii l'on se hâte de passer pour courir à des destinées plus sûres et dont la porte est aussi bien fermée aux plaisirs qui coûtent de l'argent qu'aux affaires qui coûtent du travail; on la regardait comme la maison du Souverain, dont on était chargé de faire les honneurs et où la salle à manger était aussi largement ouverte que le salon et le cabinet ; on y portait des formes courtoises et, parce qu'on était bien élevé, on n'en était pas moins populaire.
M. Adrien de Plancy avait de qui tenir pour les bonnes façons, et, de même, pour rendre compte de ses impressions et donner un trait juste des personnages; il était d'une famille où le goût des Lettres se transmet comme un héritage^ aussi bien que les goûts artistes et la passion des élégances.
Peut-être originaire de Normandie, où des Godard furent maintenus en noblesse en 1601, sur preuves remontant à 1430, la famille Godard d'Aucour se rencontre, vers le milieu du xviii® siècle, fixée en Champagne, où Claude Godard est maire de Langres en 1752. A-t-il, comme le veut M. de Caraman, reçu le nom de d'Aucour de son oncle, Jean Barbier d'Aucour, qui fut