FÊTE DE L'EMPEREUR
rence sur les hommes qui avaient servi le plus brillamment et les jeunes filles qui jouissaient de la meilleure réputation.
L'Empereur accorda en outre amnistie entière et absolue à tous les sous-officiers et soldats des troupes de terre et de mer qui étaient en état de désertion avant le l^' janvier 180G : ceux qui avaient déserté postérieurement à la date ci-dessus étaient astreints seulement à rentrer dans leurs corps : les déserteurs avaient deux mois pour faire leur déclaration aux autorités militaires.
La fête de Saint-Napoléon fut célébrée au cours de l'année 1810 avec un éclat tout spécial. Elle avait été instituée par un décret impérial du 19 février 1806^ et fixée au i^ août, jour de l'Assomption et de la signature du Concordat. Ce décret avait paru précédé d'un rapport du ministre des Cultes, Portalis, conçu dans des termes d'une si haute élévation d'idées qu'elle ne sera jamais surpassée."
A peine fut-il besoin d'inviter les autorités locales à seconder les vœux du peuple, en lui procurant, à l'aide de dispositions combinées avec les ressources des communes, les moyens de faire éclater son allégresse et de témoigner des sentiments de reconnaissance et de dévouement dont il était animé envers le monarque.
Il en fut pareillement pour la fête anniversaire du couronnement de l'Empereur et de la bataille d'Austerlitz, fixée, par le même décret, au premier dimanche du mois de décembre de chaque année. Les autorités militaires, civiles et judiciaires étaient tenues d'y assister et les ministres du culte avaient à prononcer
dans les églises un discours à la gloire des armées françaises ainsi que sur l'étendue des devoirs imposés à chaque citoyen qui devait consacrer sa vie à son prince et à sa patrie.
(( C'est pour la cinquième fois, écrivais-je aux mai- » res de la Nièvre, que les Français vont célébrer » cette fête commémorative des deux grands événe- » ments qui ont assuré pour jamais leur bonheur. » Nous ne laisserons pas échapper cette circonstance » de donner à Sa Majesté une nouvelle preuve des » sentiments qui nous animent pour son auguste » personne. L'Empereur a tout fait pour la France : » tous ses sujets lui doivent amour, respect, dévoue- » ment sans bornes ».
La vigilance de l'Empereur s'étendait à tout. En quelque endroit qu'il se trouvât conduit par les nécessités de la guerre, il surveillait lui-même les multiples et plus petits détails de l'administration de la France.
Quelques sceptiques l'ont accusé de n'avoir considéré la religion que comme un moyen de gouvernement : ses idées sur ce point étaient bien différentes. Il estimait, pour un des plus grands actes de son règne, le rétablissement en France de la religion, il attachait la plus grande importance à ce que le libre exercice du culte fût assuré et à ce que ses ministres eussent une position honorable.
Mais le vent d'impiété qui avait soufflé sur la France, au moment de la Terreur, n'était pas encore dissipé et je dus rappeler aux maires de la Nièvre les intentions formelles de l'Empereur.