PROTECTION DU CULTE
« Messieurs, dans mes différentes tournées j'ai été à même de connaître les difficultés qu'éprouvent MM. les curés et desservants d'obtenir des communes le supplément de traitement qu'elles ont voté, et cependant, vous n'ignorez pas que ces ecclésiastiques ont le plus pressant besoin des secours que des sentiments de religion et d'humanité leur ont fait promettre. Vous avez sous les yeux le spectacle pénible des privations qu'ils supportent en remplissant les devoirs sacrés de leur ministère ; il faut le dire, messieurs, mourant de faim, ils instruisent vos enfants, ils leur apprennent à vous respecter, à vous obéir, à être humains envers leurs concitoyens ; et la conduite que vous tenez envers les Ministres des autels doit nécessairement détruire dans le cœur de ces enfants ces germes de vertus, puisqu'ils voient que vous ne soulagez pas l'homme qui vous est indispensable, que vous le laissez sans vêtement, sans aliments.
» Toutes les municipalités n'ont cependant pas montré la même indifférence pour le sort des pasteurs ; il en est plusieurs, au contraire, qui ont pourvu libéralement à leurs besoins, et je me plais ici à en témoigner ma satisfaction aux autorités; mais il est aussi d'autres communes où les autorités, sourdes à toute espèce de réclamation, ont porté, je ne dirai pas l'insouciance, mais la mauvaise volonté, jusqu'à refuser une indemnité de logement à ceux de ces ecclésiastiques forcés d'affermer de leur propre autorité une maison particulière faute de presbytère. Eh quoi! après avoir fait mille démarches pour obtenir l'érection d'une suc-
» cursale, une commune oublie maintenant son des- » servant I Elle le laisse en proie aux horreurs de la » misère I Est-ce ainsi qu'elle tient ses promesses » envers le ministre de la religion? En acceptant des » fonctions aussi pénibles, il a eu l'expectative de » trouver, dans la libéralité de ses paroissiens, les » moyens de les remplir avec fruit : si son espoir a été » déçu, il lui est impossible d'exister honorablement.
» Dans certaines communes, on a pensé, parce que » le gouvernement accordait un traitement de cinq » cents francs aux desservants, que les habitants » étaient dispensés de donner un supplément. En se » chargeant de cette dépense, messieurs, le gouver- » nement est venu à votre secours ; il n'a pas voulu, » que vous supportiez seuls la charge des frais de )} culte : mais c'est précisément par cette raison que » vous devrez vous empresser de fournir le supplé- » ment. D'ailleurs cette détermination de l'autorité » suprême ne change rien à celle du 18 germinal » an XI. Veuillez vous y reporter.
» Art. 3 : Les conseils municipaux en exécution de » l'art. 67 de la loi du 18 germinal an X délibéreront » l*' sur lés augmentations à accorder, sur les revenus » de la commune, aux curés, vicaires et desservants, » 2° sur les frais d'ameublement des maisons curia- » les, etc..
» Art. 4 : Les conseils municipaux indiqueront le » mode qu'ils jugeront le plus convenable pour lever » les sommes à fournir par la commune pour subve- » nir aux dépenses désignées en l'article précédent.
» Ces dispositions. Messieurs, sont aussi claires » que précises, et plusieurs fois, elles vous ont étérap-