‹ Souvenirs du comte de PlancyChapitre 39 sur 85 · EXERCICE DE LA RELIGION · texte numérisé non relu

EXERCICE DE LA RELIGION

pelées par S. Exe. le ministre des Cultes, par mon prédécesseur et par moi. Qui pourrait donc en arrêter l'exécution ? Voulez-vous que votre desservant aille tendre la main à chaque porte pour demander un morceau de pain, ou que la nécessité l'oblige à solliciter une autre succursale où l'on aura au moins pitié de sa détresse? J'ose espérer. Messieurs, que vous préviendrez ce triste résultat, et que vous répondrez tous aux intentions du gouvernement. Si contre mon attente il en était autrement, je me verrais forcé de solliciter la suppression des succursales où, au retour de leurs pénibles travaux, les desservants ne trouveraient parmi les habitants qu'un coupable égoïsme.

» Agréez, etc.

« Nevers, le 18 janvier 1808. »

J'écrivais encore aux maires, le 19 octobre 1808 :

« Messieurs, j'ai l'honneur de vous adresser ci-joint » un arrêté que je viens de prendre relativement à la » police des lieux publics les jours de dimanche et » de fêtes conservées par le Concordat, et particuliè- » rement pendant les offices religieux.

» Le respect dû à la religion réclamait depuis » longtemps les dispositions que renferme cet arrêté, » et je ne doute pas du zèle et de la fermeté que vous » apporterez à en assurer la stricte exécution.

» Vous voudrez bien m'informer par l'intermédiaire » du sous-préfet de votre arrondissement respectif » des résultats successifs de votre surveillance à ce » sujet.

» Agréez, Messieurs, l'assurance de mes sentiments » distingués.

Et le 15 septembre 1808 :

« Messieurs, S. Exe. le ministre de la Police géné- » raie est instruite qu'une troupe de bateleurs par- » court les départements et y joue les Mystères de la » Passion avec des figures en mécanique de la taille » d'un enfant de huit à neuf ans.

» L'intention de S. Exe. est que ce spectacle, plutôt » fait pour ridiculiser la religion que pour lui don- » ner des prosélytes, ne soit permis dans aucune com- » mune, et je vous invite, en conséquence, à notifier » aux bateleurs dont il s'agit, s'ils paraissaient dans » votre arrondissement, d'en sortir sur-le-champ. » S'ils refusaient d'obéir, vous les feriez mettre en » état d'arrestation et vous m'en donneriez avis de » suite.

» Recevez, etc.. »

Le clergé ne resta pas insensible à ces marques de la protection officielle, et l'évêque d'Autun m'écrivit le 3 novembre 1808 :

« Je vous remercie. Monsieur le Préfet, de votre at- » tention à me faire parvenir vos deux arrêtés sur » les fabriques et sur la sanctification des dimanches » et jours de fête conservés; ils sont l'un et l'autre » dignes de l'esprit religieux, de la sagesse et de la » fermeté qui vous caractérisent. Il doit en résulter » nécessairement de l'ordre, de la tranquillité, de » meilleures mœurs dans plusieurs communes de la

Page 1