‹ Souvenirs du comte de PlancyChapitre 5 sur 85 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

la Fromaget, mais, dans la transposition des caractères, le joli du costume prête un amusement nouveau aux réalités parisiennes. Pour Thémidore, point de masque, pas même un loup : c'est du Paris tout net, du Paris où l'on s'amuse et où Ton sait être de bonne compagnie, même en amour : il n'est guère de plus aimable petit livre — mais il ne faut pas le laisser traîner.

Marié, Claude Godard d'Aucour cessa d'écrire. Hélas, il se trouve toujours assez de financiers, mais il ne se trouve point de Thémidore ! Faire des chiffres est le sérieux de la vie, entrer dans les fermes en est l'agrément, construire une fortune en est l'ambition, mais cela ne vaut pas Thémidore, et n'est-ce pas qu'un pendant à ce petit livre vaudrait mieux pour nous que tous les argents que gagna Godard d'Aucour ?

Il en eut beaucoup.

Il posséda des terres illustres comme le marquisat de Plancy auquel étaient unies la vicomte de Semoine, la baronnie de Saint- Just, les seigneuries d'Etrelles et de Longueville et duquel relevaient dix-huit seigneuries ; il eut son château à Ivry, son hôtel rue Vivien ne ; il fut riche de quantité de fermes, de maisons et de capitaux, mais il aima toujours les letttres. Seulement les lettres ne l'aimèrent plus. Il dédaigna ce qui avait été l'amusement de sa jeunesse; il trouva inférieur à ses places d'écrire des romans et de conter des histoires; il visa au grand et à l'épique; il fit la Pariséide ou Paris dans les Gaules et il n'y réussit point; c'est assez qu'il soit l'auteur de Thémidore.

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