‹ Souvenirs du comte de PlancyChapitre 6 sur 85 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

Claude Godard d'Aucour eut, de Claire Poisson, huit enfants, dont plusieurs, tout en occupant des charges de magistrature, s'adonnèrent aux lettres, non sans succès. L'aîné, Frédéric, qu'il s'était adjoint en sa place de fermier général et auquel il repassa par la suite la recette générale d'Alençon qu'il avait acquise en 1780, avait épousé en 1774 Adrienne Choart, fille de Louis Choart de Magny, receveur général de Bordeaux, et mourut avant son père, laissant quatre enfants. En 1793, Claude mourut à son tour, mais, malgré qu'il eût beaucoup perdu par la Révolution, durant laquelle il avait été emprisonné quelque temps à la Force, il avait su conserver encore une belle fortune. Après la mort de sa veuve, qui le suivit de près, ses petits-fils se trouvèrent donc, dès leur majorité, en possession d'un patrimoine qui leur ouvrit toutes les voies.

Le cadet, Adrien Godard d'Aucour de Plancy, né en 1778, avait été élevé à l'Ecole militaire de Rebais jusqu'au moment où elle avait fermé ses portes; puis, retiré par son grand-père , il avait passé les temps orageux au château d'Ivry. Elégant, riche, libre de son temps et de sa fortune, il se trouva, dès l'an VIII, lancé dans la société intime de Barras. Ses souvenirs, en ce point, complètent et expliquent certains passages obscurs des Mémoires du directeur et justifient, d'une façon péremptoire, l'ordre d'exil que le Premier Consul fut forcé de lui adresser. Ce qu'Adrien de Plancy raconte des conciliabules tenus à Grosbois par divers généraux, et des complots que Barras encoura-

Page 1