GOUVERNEMENT PROVISOIRE
» Je ne sais pas s'il est nécessaire que vous fassiez » votre adliôsion aux actes du gouvernement. MM. les » sous-préfets de Meaux et de Coulomrniers l'ont » ainsi que moi, faite dans ce sens sous la date du 12 :
» J'ai l'honneur de prier V. A. S. cVassurer le gou- » vernement de mon entière soumission à ses ordres » et au Prince qui va régner sur les Français,
» Vous pouvez l'adresser de votre côté, en m'annon- » çant que vous l'avez envoyée et que la difficulté des » communications a empêché qu'elle ne parvînt.
» Nous allons reprendre nos fonctions jusqu'à ce
» qu'il en soit autrement ordonné. »
* En attendant, je m'occupais avec le ministre de la
Guerre et le Commissaire des guerres qui était enfin
arrivé à Melun, de la répartition et de la subsistance
des troupes en Seine-et-Marne, ainsi que le montrent
les deux lettres ci-après.
Melun, le 19 avril.
« Monsieur le Commissaire général,
» J'ai reçu la lettre par laquelle vous me faites » l'honneur de m'annoncer que, d'après l'état de dis- » location des troupes alliées qui vous a été adressé » par MM. les Intendants généraux, 12,000 hommes » et 1,500 chevaux doivent être cantonnés, partie dans » le département de la Seine, et partie dans le mien.
» J'ai reçu en même temps l'ordre du jour de M. le » comte Barclay de Tolly et le tarif des rations des ' » troupes alliées.
» D'après l'article M de cet ordre du jour, les admi- » nistrateurs ne peuvent s'occuper de l'approvision-
nement et de la subsistance des troupes sans qu'on leur ait préalablement remis les lieux qui renferment leurs archives. Je pense, au surplus, que ce même ordre du jour a été envoyé à MM. les commandants des troupes alliées, afin qu'ils concourent avec nous à l'exécution des différentes dispositions qu'il prescrit.
» Aussitôt que M. le général russe Kaisarow aura fait évacuer l'hôtel de la préfecture qui est occupé par ses troupes et que j'y serai rentré, j'ai le projet d'indiquer les communes de mon département qui ont le moins souffert et où les troupes pourront être le mieux nourries. Je vous prie de me faire connaître, sans le moindre retard, la quantité de ces troupes qui devra être cantonnée sur les points de mon département désignés dans votre lettre, afin que je concoure à les faire placer dans les communes les moins ravagées.
» Je dois à ce sujet, monsieur le Commissaire général, vous engager à en faire mettre le moins possible dans un département qui est depuis trois mois le théâtre de la guerre, qui a été, sur tous les points, dévasté par les armées alliées et par les troupes françaises, et qui, n'ayant plus aujourd'hui ni grains ni fourrages, peut à peine faire subsister ses habitants. »
Au Ministre de la Guerre.
Le 19 avril 1814.
.^ « Monseigneur, » Par sa lettre du 18 de ce mois, M. Michaux, com-