‹ Souvenirs du comte de PlancyChapitre 60 sur 85 · NAPOLHON AU GOLFE JUAN · texte numérisé non relu

NAPOLHON AU GOLFE JUAN

sabilitc des préfets, qui, autrement, eût pu être bien plus compromise qu'elle ne le fut en fin de compte.

Les préfets concertaient avec les membres des (Conseils généraux toutes les mesures à prendre, et^, en ce qui me concernait, j'eus soin que toute ma correspondance fût ouverte par eux, et mes réponses dictées de commun accord.

Je m'occupai, avant tout^ d'indiquer à mes souspréfets la conduite qu'ils devaient tenir, ainsi que le montre la lettre que j'écrivis à chacun d'eux le 14 mars 1815.

« Monsieur.

» Quoique la variété des circonstances puisse exi- » ger des mesures différentes selon la différence des » situations amenées par les événements, il est néan- » moins des précautions qui peuvent convenir à tous » les lieux, à tous les instants, et que Son Excel- » lence le ministre de l'Intérieur me charge de vous » rappeler.

» Votre surveillance doit principalement se porter » sur les voyageurs pour empêcher la circulation des » émissaires et des écrits qui tendraient à égarer l'o- » pinion, à réveiller l'esprit de parti et à fomenter les » discordes.

» Les caisses publiques doivent être mises partout » à l'abri des enlèvements subits, et leur sûreté doit » être confiée à la garde nationale, partout où il n'y » a pas de troupes de ligne et où ce service ne leur » est pas ordinairement réservé.

» Il n'y a pas actuellement de troupes de ligne dans » le département, mais, s'il en était envoyé, il serait

» nécessaire d'associer à leur service, la garde na- » tionale, partout où il serait possible de confondre » ainsi le peuple el l'armée sous les lois d'une disci- » pline commune et les lier par de communs devoirs. » Vous vous etrorc.eriez aussi, par une confiance me- » surée, par des rapports continuels, et par les ap- » parences de l'intimité, à maintenir les soldats et » leurs chefs dans les sentiers de l'honneur.

» Chaque jour, les nouvelles que le gouvernement » publie, avec une franchise qui montre assez sa force » et sa sécurité, doivent vous fournir l'occasion de ra- » viver ces sentiments généreux qui ne peuvent être » éteints dans les cœurs français. Rappelez aux prin- » cipes de la raison la minorité qui les aurait méconnus » et rattachez tout le monde à la Charte constitution- » nelle par les idées de la liberté qui en sont la base » et les résultats certains.

» Si quelques séditieux tentaient de renverser cette » charte et d'exciter des querelles sanglantes, prenez, » mais avec réserve et circonspection les mesures pro- » visoires propres à mettre ceux qui concevraient de » sinistres projets dans l'impossibilité de les exécu- » ter : rendez-moi compte aussitôt des délits et de » ce que vous aurez fait pour les réprimer : empêchez )> surtout les divisions et la discorde : alliez toujours » la prudence à la fermeté.

» Il est inutile d'insister sur la nécessité d'entrete- » nir, avec les maires et avec moi, la correspondance » la plus active.. le viens de vous en fournir les moyens » en remettant en vigueur l'arrêté que j'avais pris à ce >^ sujet le 29 décembre 1813, et dont je vous ai recom- » mandé l'exécution par ma lettre du 14 du courant.

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