‹ Souvenirs du comte de PlancyChapitre 67 sur 85 · DISPOSITIONS DES FONCTIONNAIRES · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS DES FONCTIONNAIRES

Au Maire de Bouron.

a Melun, le 25 mars 1815.

» Monsieur le Maire et ami, j'ai le projet d'aller sous deux ou trois jours à Fontainebleau.

» Je n'irai sûrement pas si près de vous sans avoir' l'honneur de vous voir, et de vous donner de nouvelles preuves de mon amitié.

» Des événements bien intéressants se sont passés depuis que j'ai eu l'honneur de vous voir. J'espère que vous avez continué à maintenir Tordre dans votre commune et que tous vos habitants vous auront seconpdé dans cette circonstance. Ils ont dû, de tout temps, apprécier le caractère loyal et franc qui vous distingue; ils savent surtout combien vous désirez les voir heureux. Je me flatte qu'aucun d'eux ne vous aura donné de sujet de mécontentement.

y> Continuez à leur prodiguer les preuves de votre intérêt. Ils ont besoin, ainsi que le gouvernement, que les honnêtes gens restent à la tête des alïaires. »

Au Maire de Bouron.

Melun, le 30 mars 1815.

(( Monsieur le Maire,

» J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur » de m'écrire le 27 de ce mois, et par laquelle vous » me faites part de vos inquiétudes sur la situation » des esprits dans votre commune.

» J'espère que vos craintes sont aujourd'hui entiè-

» rement calmées : vous êtes trop sage pour n'avoir » pas fait tout ce que les circonstances exigeaient. » Vous avez sans doute pensé que, si la garde natio- » nale se mettait en mouvement, ou par ordre ou sans » ordre, elle ne pouvait plus marcher avec le drapeau » blanc. Elle ne pourrait pas non plus marcher avec » celui qu'elle réclamait de vous, tant à cause des » signes qu'il présentait, que parce qu'il n'en existe » plus que des débris.

» Mais vous avez fait cesser toutes les difficultés » en procurant à votre garde nationale un drapeau » aux couleurs nationales.

» Je vois avec peine que de mauvais sujets aient » oublié le double caractère qui vous distingue, celui » de maire et celui d'ami de vos administrés, et qu'ils » se soient permis de vous couper des arbres. Je vou- » drais connaître Tindividu qui s'est rendu coupable » de ce délit; je le ferais poursuivre suivant toute la » rigueur des lois.

» Je ne reçois votre lettre qu'à mon retour de Paris » et j'y réponds sur-le-champ. Si je l'avais eue plus » tôt, je me serais empressé de me rendre à l^ouron » pour tranquilliser madame de Montgon, lui présen- » ter mes hommages et vous renouveler l'assurance » de ma parfaite considération et de mon sincère » attachement.

» Le froid que me témoignent les hommes que » j'aime et que j'estime n'a rien changé de mes sen- » timents à leur égard ; mais je n'ai pas pu voir » sans peine qu'à la fin de votre lettre, vous ne m'ayez » traité ni comme préfet, ni comme votre ami. » M. de Montgon me connaît assez pour savoir que

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