LE COMTE DE SUSSY
iioinbro do loiictioiuiairos congédies par lo maréclial Périgiioii furent réinstallés par M. do Sussy, cl ([uc beaucoup de ceux nommés par le premier de ces commissaires furent congédiés par le second.
A Son Excellence, Monsieur le ministre d'Etat, Comte de Sussy , premier président de la Cour des comptes.
Melun, le 18 avril 1815.
» S. Exe. le Ministre de l'Intérieur vient de m'an- » noncer que Votre Excellence est nommée commis- » saire extraordinaire de Sa Majesté pour la 1'® divi- » sion militaire dont mon département fait partie.
» Je recueille en ce moment tous les renseignements » qui peuvent l'éclairer sur les changements à opérer. » Je forme, à cet elïet, un état général des fonctionnai- » res et employés, et, sur cet état, je laisse on blanc » une colonne destinée à recevoir vos décisions, après » que j'aurai fourni à Votre Excellence tous les ren- » seignements que j'aurai pu me procurer sur leur » compte.
» Je pense que cette marche sera la plus simple et » la plus prompte.
» Mon travail pourra être prêt dans quelques jours, » et, comme je crois important qu'il soit terminé dans » le plus court délai possible ; je prie Votre Excellence » de me faire connaître incessamment le jour où elle » se rendra à Melun.
» Si ses occupations ne lui permettaient pas d'y ve- » nir, et qu'elle préférât que je me rendisse auprès
» d'elle à Paris, je la prierais de m'indiquer le jour » où elle voudra bien me recevoir : j'irais lui sou- » mettre le travail général qui concerne mon dépar » tement. »
Aux C/ieJ's de tous les serviees publies du département.
Melun, le 18 avril 1815.
« Les journaux vous ont sans doute fait connaître, » monsieur, que Sa Majesté allait envoyer des com- » missaires extraordinaires dans tous les départe- » ments de l'Empire pour s'assurer si l'intérêt de la » chose publique n'exigeait pas, dans les circonstan- » ces actuelles, le changement de quelques fonction- » naires.
» S. Exe. le ministre dellntérieur me prévient, par » sa lettre du 22 de ce mois, que 1" Empereur a nommé » le commissaire qui doit se rendre dans ce dépar- » tement. Gomme, à son arrivée à Melun, il me deman- » dera des renseignements sur tous les employés de » mon département, je vous prie de m'envoyer un » état général de ceux qui sont sous vos ordres.
» Cet état devra contenir leurs noms, leurs grades, » et autant que possible, la note des dillerenles pla- » ces qu'ils ont antérieurement remplies. Si vous avez » été à même de connaître leurs opinions politiques, » et la manière dont ils se sont prononcés sous le rè- » gne de Louis XVIU, vous me l'indiquerez dans une » colonne particulière: vous joindrez, dans une autre, » vos propositions des changements que vous croirez » utiles, le gouvernement ne voulant employer que
APPEL \)K l.A CJAKDK NATIONALE :;G7
» (les lioiiiines sur le (lévoueiueut desquels il puisse » compter.
» Je dois m'alteudre à trouver dans votre travail » tous les reuseigueuients couvenables, et vous me les » donnerez d'autant plus qu'ils ne seront vus que de » moi seul et qu'ils ne passeront pas même sous les » yeux de M. le Commissaire extraordinaire. »
Avec le retour de Napoléon, les sacrifices de tout genre s'imposèrent à nouveau : il fallut organiser dans la plus grande hâte la garde nationale sédentaire, la garde nationale mobile, des bataillons d'élite de la garde nationale, à gros effectifs ; jusqu'aux anciens militaires retraités, qui furent rappelés sous les drapeaux. Il n'y eut plus pour ainsi dire d'exceptions de service ; ni la grande jeunesse, ni la situation de soutien de famille, ne furent prises en considération. Le département de Seine-et-Marne, à peine remis de l'épuisement où l'avait laissé 1814, dut encore acheter des chevaux pour l'artillerie, et fournir des sommes énormes pour l'équipement et l'habillement des troupes. Comme les impositions ne suffisaient pas pour couvrir ces formidables dépenses, on imposa aux communes la vente de leurs biens communaux et des collectes ^soi-disant volontaires, en vue d'obtenir des dons proportionnés à la fortune des habitants.
La correspondance que je vais maintenant reproduire témoigne de tous les efforts que je dus faire, à ma profonde douleur, pour seconder les vues du gouvernement.
J'avais hélas! bien prévu quelles seraient les cou-
séquences du retour de Napoléon et la lassitude qui se manifesterait à nouveau dans la population : les désertions sans nombre qui se produisirent dans les rangs de nos gardes nationaux ne me montrèrent que trop la justesse de mes appréhensions!
Au ministre de V Intérieur.
Melun, ie 3 mai 1815.
« Monseigneur,
» J'ai l'honneur d'adresser à Votre Excellence la co- » pie d'une lettre que j'ai écrite à monsieur le minis- » tre de la Guerre, en réponse aux observations qu'il » m'a faites sur une mesure que j'ai cru devoir adop- » ter pour accélérer l'organisation des bataillons d'é- » lite de la garde nationale de mon département.
» 11 m'a paru utile et convenable que Votre Excel- » lence connût mes principes sur cet objet. »
Au ministre de la Guerre.
Melun, le 3 mai 1815.
« J'ai reçu la lettre que Votre Excellence m'a fait » l'honneur de m'écrire le 2 mai et par laquelle elle » m'annonce qu'elle est indirectement informée que » je comprends les conscrits de 1815 dans l'organisa- » tion de la garde nationale.
» 11 est vrai que j'ai adopté celte mesure, et j'espère » que les motifs qui m'y ont déterminé obtiendront » l'approbation de Votre Excellence. La garde na- » tionale doit être composée des hommes de :20 à (30
» ans. Or, les conscrits de 1815 ont, au moins en par- » lie, atteint leur vingtième année : ils sont suscep- » tibles d'être compris dans les contrôles.
» J'ajoute à cette observation que l'organisation » se divise en deux parties : la garde nationale sé- » dentaire, et la garde nationale mobilisée ou à la » veille de l'être. Des officiers de la légion doivent » commander cette dernière partie, qui doit nécessai- » rement être armée et équipée. Ces mesures annon- » cent évidemment une destination très prochaine et » des dispositions à mettre promptement en activité » la portion de gardes nationales qu'elles concernent. » Or, peut-on mieux la composer qu'en y appelant les » jeunes gens qui appartiennent à la conscription de » 1815 et les anciens militaires qui ne sont pas ma- » ries ? Et des hommes pris dans ces deux classes ne » vaudront -ils pas beaucoup mieux que des hommes » mariés, qu'on aurait beaucoup de peine à faire sor- » tir de leurs foyers, et qui, au moment du danger, » seraient rappelés parleurs femmes, leurs enfants et » leurs intérêts domestiques?
» Je suppose maintenant que le gouvernement ait » besoin d'appeler les conscrits de 1815. Eh bien ! il » les trouvera formés déjà et en partie armés et ha- » billes ; et je remplirai les vides qu'ils auront lais- » ses dans les cadres par d'autres célibataires et les » conscrits de 18 IG. Par ce moyen, nous aurons tou- » jours, sur les frontières et dans l'intérieur, des ar- » mées agissantes ou prêtes à agir, pendant que les » autres bataillons de la garde nationale serviront au » maintien de l'ordre et de la tranquillité.
A MM. les sous-préfets.
Melun, le 0 mai 1815.
« Plusieurs maires, monsieur, conservent des dou- » tes sur les individus qui doivent être compris dans » les bataillons de garde nationale mobile et sur » ceux qui doivent être dispensés d'en faire partie.
» Pour fixer les incertitudes qui peuvent exister à » cet égard, je m'empresse de vous faire connaître » qu'on ne doit pas comprendre dans la garde na- » tionale mobilisée :
» 1^ Les militaires porteurs de congé de réforme ou » de congés absolus.
» 2® Les individus qui justifieront être enfant uni- » que de femme veuve et son indispensable soutien : » cette dernière condition est de rigueur, et encore » n'en faut-il user qu'avec entière connaissance de » cause.
» 3*» Ceux qui ont fourni des remplaçants, quand il )) sera prouvé que ces derniers sont actuellement ma- » ries.
4° Les employés de tous grades de chaque admi- » nistration^ attendu que le gouvernement ne veut » pas qu'aucun service soit désorganisé.
» Ces citoyens seront portés sur les contrôles de la » garde nationale sédentaire, pour marcher dans d'au- » très cas, s'il y a lieu.
» Tout militaire rentré sans autorisation, ou avec » un congé illimité, bien qu'il ait été réformé ou » ajourné parle dernier conseil de révision, doit être » porté dans la garde nationale mobile.
APPEL DE LA (iAUDE NATIONALE 371
» Les coiiiilés d'organisation ne prononceront les » reforme^ qu'avec beaucoup de circonspection.
» Ces comités pourront autoriser les remplacements » et les recevoir jusqu'au 15 mai inclusivement.
» Ils feront préalablement verser chez le receveur » d'arrondissement l'indemnité fixée par l'instruction » jointe à ma lettre du 22 avril. Ce produit est alFecté » à l'habillement de la garde nationale.
» Au reste, les conditions que devront réunir les » remplaçants se trouvent indiquées dans l'instruc- » tion que je viens de citer. »
A MM. les sous-préfets.
Melun, le 8 mai 1815.
« .l'ai l'honneur, monsieur, de vous envoyer des » exemplaires et placards d'un avis relatif à la garde » mobile : vous en trouverez un nombre suffisant » pour pouvoir en envoyer un exemplaire à tous les » maires de votre arrondissement, et je vous prie très » instamment de les faire afficher, d'abord dans les » principales villes de votre arrondissement, et de les » faire passer de suite, par des messagers extraordi- » naires, dans les dilTérentes communes rurales.
» Vous verrez, par les dispositions renfermées dans » ces avis, que plusieurs modifications ont été appor- » tées aux règles que contient ma lettre du 6 mai » courant : je vous engage à suivre ponctuellement » les principes qui y sont établis. J'ai supprimé le » motif d'exemption qui résultait de la qualité d'en- » fant unique de veuve. Je vous engage néanmoins, » mais très confidentiellement, à examiner avec beau-
» coup de soin les réclamations qui vous seront por- » tées par des gardes nationaux dans cette position. » Vous pourrez les renvoyer dans leur foyers, s'il est » possible de compléter sans eux votre contingent, » mais, dans tous les cas, vous ne ferez usage de cette » autorisation qu'avec beaucoup de ménagement et » de circonspection, ainsi que je vous l'ai recom- » mandé par ma lettre du 6 mai 1815. »
Au ministre de la Guerre.
Melun, le 2 mai 1815.
« Monseigneur,
» J'ai reçu la lettre du 30 de ce mois, par laquelle » Votre Excellence m'engage à prendre les mesures » nécessaires pour faciliter de la manière la plus » prompte l'équipement et l'habillement des régiments » dont les dépôts sont stationnés dans mon départe- » ment.
» Il n'existe qu'un seul dépôt dans le ressort de ma » préfecture; il est à Provins. ^i
» J'écris au même instant au sous-préfet de Provins"" » de se concerter avec le commandant de ce dépôt sur » l'importance et la nature de ses besoins ; je l'invite « » très instamment à employer toute son influence j » pour parvenir à traiter avec ses entrepreneurs, ou„ » de mettre de suite en réquisition tous les ouvriers^ » nécessaires pour la confection des elFets dont on a » besoin.
» J'aurai l'honneur de rendre compte à Votre Excel- » lence du résultat de cette mesure. »
A M. Champagne, marchand de chevaux, rue de Condé.
Melun, le 2 mai 18L^).
« J'ai reçu votre lettre du 30 de ce mois, monsieur, et le marché que vous m'avez renvoyé, revêtu de votre signature ou de celle de M. March. Malgré qu'aux termes de nos conventions vous ayez encore près de quinze jours pour vous procurer et m'envoyer les chevaux que vous devez me fournir, je verrais avec plaisir que vous puissiez terminer cette fourniture sous très peu de jours. Il est si important que ces chevaux soient promptement livrés, que, quelque célérité que vous y mettiez, vous ne sauriez eti'ectuer cette livraison aussitôt que le désirerait M. le ministre de la Guerre.
» Veuillez me répondre à cet égard par le retour du courrier. »
Au ministre de la Guerre.
iMelun, le 10 mal 1815.
« Monseigneur,
» J'envoie à Votre Excellence Tétat des chevaux » fournis pour l'artillerie.
» Je lui ai fait connaître que j'avais passé, à raison » de 500 francs, des marchés, que je ne pouvais four- » nir pour la somme que 120 chevaux.
» Je viens de terminer cette fourniture; le dernier » convoi est parti aujourd'hui.
» Par conséquent le département est libéré. »
Au ministre de la Guerre, et communiqué à M. le général Neigre.
Melun, le 1®"^ mai 1815.
« J'ai reçu la lettre que Votre Excellence m'a fait » l'honneur de m'écrire, le 29 de ce mois, relative- » ment aux soldats du train.
» D'après les ordres qui m'étaient parvenus, j'avais » jusqu'alors fait diriger ces hommes sur la Fère, mais. » à l'avenir, ils se rendront à Vincennes.
» Déjà^ un détachement de 24 soldats du train d'ar- » tillerie est parti pour cette destination; j'ai pris des » mesures pour que d'ici à trois jours mon départe- » ment en ait fourni 100 pour le même lieu.
» J'en donne avis à M. le général Neigre. »
A M. le général Neigre.
Melun, le 11 mai 1815.
« Monsieur le général, les 120 chevaux que mon » département devait fournir pour l'artillerie sont tous » partis.
» M. le commandant Arnoult, que vous aviez en- » voyé près de moi pour la réception de ces chevaux, » accompagne le convoi.
» Je vous prie, Monsieur le général, d'avoir la com- » plaisance de jeter les yeux sur les chevaux qu'il » vous présentera, et de remarquer avec quel soin » nous avons fait nos choix.
. » Je désire d'autant plus que vous passiez cette » inspection que Son Excellence le ministre de la » Guerre, à qui j'avais rendu compte que j'avais passé
» des marchf''S à raison de 500 francs, m'écrit que le » prix est trop élevé et qu'à Paris il a été passé des » marchés à raison de 430 francs.
» Il me serait bien agréable, pour me justifier auprès » du Ministre, que vous eussiez la bonté de faire estimer » vous-même les chevaux que j'envoie, afin que le Mi- » nistre sache qu'il y a une différence entre la qualité » des chevaux que les Juifs donnent à 430 francs et » ceux que les administrateurs payent 500 francs. »
A MM. les sous-préfets.
Melun, le 12 mai 1815.
« J'ai lieu de croire, monsieur, que les bataillons de » garde nationale que vous avez à organiser dans » votre arrondissement sont tous formés.
» Je pense qu'il vous est possible de m'envoyer un » petit relevé : r du nombre des conscrits de 1815 » qui ont été incorporés dans ces corps; 2° des soldats )) qui avaient servi ; 3° des autres célibataires, de » quelque âge que ce soit, qui n'avaient point été mi- » litaires.
» Je vous prie de faire faire ce relevé sur-le-cbamp : » j'en ai le plus grand besoin.
» Vous ajouterez sur cet état des colonnes pour me » faire connaître le nombre d'hommes qui vous a été » demandé, celui qui a été mis en route, et combien il » vous en reste encore à fournir pour compléter vos » compagnies.
» J'espère que vos bataillons se sont mis en route » aussitôt que l'ordre du général en a été reçu.
» Je désire que vous m'en donniez l'assurance. »
Auœ sous-préfets.
Melun, le 12 mai 1815.
« L'activité qu'on a dû mettre dans votre arrondis- » sèment à la réparation des armes de guerre vous » aura sans doute mis à même de faire une distribution » aux gardes nationaux des fusils qui se trouvent main- » tenant en bon état. Si vous ne l'aviez fait, je vous » engage à armer autant d'hommes qu'il vous sera » possible, à tenir note des armes que vous aurez déli- » vrées à telle ou telle compagnie et à m'en adresser » un état dans le plus bref délai. »
A M. le souS'prëfet de M eaux.
Melun, le 12 mai 1815.
« Monsieur, je réponds aux lettres que m'apporte » M. l\lenager, de Meaux, que vous m'avez envoyé. » J'ai bien pensé qu'il vous serait difficile de faire des » dispositions pour l'équipement et l'armement des » bataillons.
» Je vais m'occuper de cet objet au département, et, » sans doute, je me verrai obligé de diriger, dans les » endroits où ces bataillons seront en garnison, les » effets que j'aurai fait confectionner.
» Vous me faites connaître que la plupart des com- » munes émettent le vœu de faire une répartition, au » marc le franc, de la contribution : vous savez bien » que je ne puis pas autoriser ce mode, par conséquent, » il faut en venir au résultat que nous désirons obte- » nir, sans ce moyen.
» Les communes, maintenant, connaissent le nom-
» bre d'hommes qu'elles ont fourni, et si ce nombre » (Hait considérable, elles pourraient ^seulement se » cotiser pour une portion des fonds nécessaires à » leur habillement.
)) J'ai reçu le procès-verbal de la séance du collège » d'arrondissement; je vais le mettre sous les yeux » du gouvernement : dans mon rapport je ferai men- » tion dos obstacles contenus dans votre lettre.
» J'apprends avec plaisir que l'organisation des ba- » taillons est faite : je suis fâché que les ordres pour » les départs soient arrivés si tard.
» J'espère cependant que vous aurez pu réunir vos » gardes nationaux pour le jour qui vous était in- » diqué.
» Je désire beaucoup que ces départs ne soient point » retardés, parce que, comme il doit y avoir beaucoup » de passages dans votre ville, vous éviterez qu'elle » soit encombrée. D'ailleurs, je veux, autant que pos- » sible que les divers bataillons du département ne se » rencontrent pas avant qu'ils soient à leur destina- » tion.
» Je suis fort aise aussi que vous ayez eu 400 fusils » disponibles. »
A M. le SOUS' préfet de Meaux.
Melun, le 12 mai 1815.
« Monsieur, le capitaine Benoît, envoyé par le gé- » néral, pour commander la 13*^ compagnie de retour » à Meaux, nous dit que vous lui avez annoncé que » la compagnie ne pouvait être organisée que dans » huit ou dix jours.
» Je pense que le capitaine vous a mal compris. Cette
» compagnie doit être formée en même temps que les » autres, seulement, elle devra rester à Meaux ety at- » tendre l'arrivée des autres compagnies du 7^ ba- » taillon. »
Au Même.
Le 13 mni 1815.
« Monsieur, je vois, par la correspondance et d'après nos dispositions, que vous devez avoir beaucoup de passages de bataillons de gardes nationaux, soit de ce département, soit d'autres départements. » J'espère que vous avez fait toutes les dispositions' nécessaires pour faire préparer les vivres et la solde à tous ces hommes. Facilitez, surveillez et même prenez toutes les dispositions que l'on doit faire à ce sujet ; vous savez que vous êtes autorisé à faire les fonctions de sous-inspecteur aux revues: vous avez donc tout le pouvoir et toute l'autorité nécessaires .
» Si ces passages vous nécessitent quelques dépenses, faites celles qui sont indispensables. Je les acquitterai sur les fonds de la garde nationale et sur vos états, qu'elles concernent une augmentation d'employés ou d'impressions.
» Je désirerais aussi que vous me rendissiez compte de la force de chaque bataillon à l'arrivée et au départ.
Je désire surtout que vous ne fassiez point faire de séjours inutiles, et notamment aux gardes nationaux de mon département. Tâchez surtout de ne pas mettre de bataillons en contact, parce que, comme l'on n'a pas opéré partout de la même manière, il
» pourrait se faire que quelques explications amenas- » sent des défections.
» Nous avons pris souvent des conscrits de 1815, » malgré ({u'ils n'eussent point leur vingtième année, » mais j'ai préféré ce parti à celui qui me restait d'ap- » peler des gens mariés. En conséquence, tout ce qui » est sur les contrôles doit marcher, et aucune raison » ne doit empêcher un garde national de suivre son » bataillon.
ï) Cette lettre est faite à la bâte comme une partie des » affaires dont nous nous occupons, mais j'espère que » vous sentirez l'importance des mesures qu'elle ren- » ferme. »
Au lieutenant' général comte d'Erlon, à Valenciennes.
Melun, le 14 mai 1815.
« J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur » de m'écrire, le 8 de ce mois, au sujet des bataillons » de la garde nationale de mon département qui doi- » vent être dirigés sur Saint-Omer et Boulogne, ainsi » que sur Valenciennes et Condé.
» Ces bataillons sont partis d'hier; ils sont censés » être au complet ; je serai instruit, pendant qu'ils » feront la route, du nombre d'hommes qui manque- » ront.
» Je fais à l'avance des dispositions pour faire re- » joindre ceux qui sont restés en arrière et compléter » les bataillons.
» Tous les hommes qui les composent sont animés » d'un excellent esprit. Je les recommande à vos » soins.
» Je communique à M. le maréchal de camp Chris - » tophe la lettre que vous m'avez fait l'honneur de » m'écrire, et je ne doute pas qu'il ne remplisse vos » intentions.
» Je m'occupe maintenant de Thabillement, et je di- » rigerai sur leurs différentes garnisons les effets au » fur et mesure de leur confection. »
Au souS'préfet de Provins.
Melun, le 11 mai 1815.
« Je reçois l'estafette que vous m'envoyez. Je croyais » que M. le chef de bataillon avait reçu, de M. le gé- » néral Christophe, des ordres pour faire partir sur-le- » champ le bataillon qui devait être dirigé sur Meaux.
» Quelle que soit sa force, il faut qu'il se mette en » route sans le moindre délai. Vous le compléterez » par un convoi particulier qu'on enverra.
» Occupez-vous aussi de former la 7^ compagnie. » Dès que son organisation sera terminée, vous pour- » rez aussi la mettre en route pour la destination que » lui a donnée le général Christophe et que je n'ai pas » présente pour le moment.
» J'approuve tout ce que vous avez fait pour cette » organisation. Tous les arrondissements en sont au » môme point que vous, parce que tous ont fait, » comme vous, tout ce qui était possible.
» Je vais m'occuper de l'habillement, mais j'aurais » bien voulu que les communes de votre arrondis- » sèment eussent pu donner toutes dans la proportion » de leurs facultés. »
Auâc cinq sou.^- préfets,
Melun, le 11 mai 1815. .
« Je vois, par les rapports que vous m'avez fait » l'honneur de m'adresser, que l'on peut regarder vos » opérations comme entièrement terminées.
» Le gouvernement, à qui j'ai rendu compte du dé- » gré d'avancement de ces opérations, en parait très » satisfait. Il ne manquera pas sans doute de me » charger de vous en féliciter.
» Mais il importe maintenant d'empêcher que les » jeunes gens qui sont encadrés ne restent chez eux, » parce que cela amènerait une désorganisation dans » vos bataillons.
» En conséquence, il me paraît convenable que vous » fassiez faire un avis en mon nom, contresigné par » vous à peu près dans ces termes : ^
» Le Préfet, etc.
» Ordonne à tous les jeunes gens que le conseil » d'organisation a trouvés en état de servir, qui ont » été portés comme tels sur les contrôles d'organisa- » tiondes bataillons, et qui seraient encore dans leurs » foyers, même avec autorisation, de se rendre au » chef-lieu de leur sous- préfecture pour y être dirigés » sur leurs bataillons respectifs.
» MM. les maires sont invités à tenir secrètement » la main à l'exécution du présent ordre.
» Vous le ferez, sur-le-champ, imprimer en placards » et porter par exprès dans les communes.
» Les frais d'inpression, ainsi que les autres frais » d'organisation de la garde nationale vous seront » remboursés sur l'état que vous m'enverrez.
» Chaque arrondissement étant responsable du » nombre de ses déserteurs, vous sentez qu'il est im- » portant que chaque sous-préfet fasse ses dispositions » pour qu'il n'en ait aucun à remplacer dans ses ba- » taillons. »
A Monsieur le sous-préfet de Meaux.,
Melun, le 14 mai 1815.
« Je reçois la lettre que vous m'avez fait l'honneur » de m'écrire le 13 par ordonnance.
» Je pense que M. le général Christophe fera comme » moi et adoptera le choix que vous avez fait de con- » cert avec le chef de bataillon.
» Du moment où le conseil d'organisation se trou- » vait incomplet par l'absence de quelques membres, » vous étiez suffisamment autorisé pour les remplacer, » car mon intention ne peut être que de vous mettre » des hommes qui vous secondent et vous êtes plus à » même que moi de les connaître.
» Agissez donc pour cela, et pour tout ce qui con- » cerne cette organisation, comme vous le jugerez con- » venable, d'autant mieux que je n'ai que des éloges à » vous adresser du zèle et de l'autorité que vous em- » ployez dans cette circonstance, ainsi que de l'heu- » reuse influence que vous exercez.
» J'approuve beaucoup le parti que vous prenez de » diriger des détachements particuliers sur vos divers » bataillons pour les compléter : c'était le seul moyen » qui était à prendre.
» Je croyais ({ue vous saviez que vous remplissiez » les fonctions de Tinspecteur aux Revues. Les ins- » tructions vous y autorisent. Si vous avez un com- » missaire des guerres à Meaux qui doive les remplir, » et si ce commissaire n'est pas à son poste, je vous » invite à vouloir bien en rendre compte sur-le-champ » à l'Administration de la guerre.
» L'absence d'un tel fonctionnaire dans une circon- » stance pareille ferait manquer les mesures.
» La nomination des officiers n'a pas besoin d'être » confirmée. Que cette approbation ne vous arrête » pas 1 »
Au sous-préfet de Provins.
Melun, le 15 mai 1815.
(( Monsieur, je réponds à votre lettre du 14 de ce » mois.
» De concert avec M. le général Christophe, je vous » engage à former de suite votre 7^ compagnie et à y » employer les hommes que vous avez appelés pour » le 17.
» Quand même elle serait incomplète, vous la ferez » mettre en marche pour Meaux, où elle ira rejoindre » les compagnies du 7® bataillon qui sont parties ce » matin de Melun.
» Il ne faut pas que cette 7^ compagnie, tout in- » complète qu'elle sera, présente moins de 80 hom- » mes. Vous ferez en sorte de lui envoyer le surplus » d'ici à vendredi prochain.
» Quant au complément du bataillon, vous le pren- » drez dans les conscrits de 1815, que vous avez lais- » ses comme n'ayant pas atteint leur 20® année.
)) Ils préféreront sans doute servir dans la garde na- » tionale que d'être appelés pour la troupe de ligne. » J'espère que vous trouverez suffisamment de jeunes » gens dans cette position pour remplir votre contin- » gent.
» Vous êtes autorisé à désigner un officier pour rem- » placer dans le conseil d'organisation M. le chef de » bataillon David, qui part pour Meaux. »
A Monsieur le général Frlrlon, inspecteur (jénéral,
Melun, le 16 mai i815.
« Ainsi que j'ai eu l'honneur de vous en rendre » compte, six bataillons de la garde nationale de mon » département sont maintenant en marche : plusieurs » compagnies du 7« sont parties ce matin de Melun, et » les autres suivront immédiatement.
» Il serait très important que vous eussiez la bonté, » M. le général, de donner des ordres ou d'en provo- » quer, pour que le payement de la solde dejces troupes » n'éprouve aucune difficulté, pour que les vivres » qui leur seront distribués soient toujours d'une » bonne qualité, et surtout pour que les malades re- » çoivent dans les hôpitaux le traitement convenable » à leur position.
» Nous avons été témoins, l'année dernière, des » suites funestes de la négligence et de l'inhumanité » avec lesquelles les employés des hôpitaux traitaient » nos malades : nous savons combien d'hommes au- » raient été rendus à la vie par quelques soins et moins » de cupidité de la part des dillerents agents de l'ad- » ministration des hôpitaux.
APPKL DE LA (iAUL)E NATIONALE .385
» J'ose donc vous prier, M. le général, de solliciter, » auprès du ministre de la (iuerre, s'il est nécessaire, » des dispositions pour prévenir cette année des abus » aussi préjudiciables au service de l'Empereur, et au » bien-ctre de ces troupes. »
Au ministre des Finances.
Le 16 mai 1815.
« Monseigneur,
» J'ai reçu le décret du 9 de ce mois qui invite les » citoyens à avancer au gouvernement le montant » des biens communaux qui restent encore à vendre.
» Vous pouvez donner à l'Empereur l'assurance » que ila somme demandée à mon département sera, » dans huit jours, versée à la caisse du Receveur gé- » néral.
» Je vous enverrai demain la circulaire que j'ai » adressée aux sous-préfets de mon département et » qui fera connaître à Votre Excellence le moyen » simple que j'ai employé pour arriver à ce prompt et » heureux résultat. »
A nioîisieui' le yénéral Fririon.
Melun, le 18 mai 1815.
« Plusieurs rapports particuliers vous ont fait con- » naître que les sept bataillons de la garde nationale » de mon département étaient en route pour leur des- » tination, à l'exception de quelques hommes qui ont » manqué à l'appel lors des départs et que je fais re- » joindre par petits convois.
» Je n'ai pas au juste l'état des effets dont les honi-
» mes étaient pourvus au moment du départ, soit » qu'ils aient été délivrés par les communes, soit » qu'ils les aient reçus de mes magasins. Mais j'en » connaîtrai bientôt la quantité. Ces renseignements » me sont indispensables pour savoir la quantité que » j'ai encore à leur fournir.
» Je suis occupé en ce moment à faire confection - » ner une partie des objets qui auraient dû leur être » distribués ici, si leur départ n'avait point été si pré- » cipité.
» Mon intention est de faire diriger les effets sur les » garnisons au fur et à mesure de leur confection.
» Je voulais, à cet égard, vous demander, M. le gé- » néral, s'il ne conviendrait pas mieux que le gou- » vernement les leur procurât de ses magasins, sauf » au département à lui rembourser le montant de ses » avances.
» Je vous prie d'avoir la bonté de me répondre » promptement à ce sujet, afin que je presse ou que je » retarde la confection desdits effets, suivant la déci- » sion qui aura été rendue.
» Dans le cas où le gouvernement jugerait qu'il est » préférable que le département restât chargé de cette » confection, je vous prie encore de m'indiquer quels » sont les objets de la note ci-jointe qu'il est le plus » important de livrer de suite, attendu que les four- » nisseurs ne veulent travailler qu'au comptant, et » que je n'ai pas, en ce moment, à ma disposition tous » les fonds que nécessite l'équipement et l'habille- » ment de 5040 gardes nationaux que j'ai fournis.
» Je m'occuperai d'abord des objets que vous m'in- » diquerez comme les plus urgents. »
A Monsieur Ir f/rriëfal baron. Darriea, chef cV étatmajor (jcncral de la P^ division militaire,
Melun, le 18 mai 1815.
(( J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur » de m'écrire le 16 de ce mois, par laquelle vous m'in- » formez que l'intention du ministre de la Guerre et » celle de M. le comte de Lobau est que des colonnes » mobiles parcourent mon département pour faire re- » joindre les militaires rappelés qui ne seraient » point à leur corps, ainsi que les déserteurs.
» Je m'entendrai à ce sujet avec M. le général Le- » casseur, ainsi que le désire M. le comte de Lobau.
» Mais je vous prie de vouloir bien observer qu'a- » vaut d'ordonner une pareille mesure, il est conve- » nable de connaître la situation exacte du départe- » ment sur les levées d'hommes qui y ont été ordon- » nées.
» Or, il est certain que nous avons déjà fourni plus » que le nombre qui nous était demandé et, d'après » les mesures que je prends en ce moment, dans peu » de jours, nous aurons fourni tout ce que nous » avons.
» L'esprit des militaires et en général celui de la po- » pulation entière de mon département est excellent.
» Jusqu'à présent, l'influence des autorités a suffi » pour l'exécution des mesures ordonnées par le gou- » vernement; les colonnes mobiles n'ont point encore » été jugées nécessaires, et je ne pense pas qu'elles le » deviennent tant que l'administration pourra obtenir » seule les résultats demandés.
» La gendarmerie, d'ailleurs, seconde beaucoup les » autorités civiles, et son activité suffit pour faire re- » joindre le petit nombre d'insoumis qui peut exister.
» Vous sentirez facilement, Monsieur le général, » que, dans cet état'de choses, des moyens extraordi- » naires seraient pour ainsi dire sans objet dans mon » département, si ce n'est peut-être celui d'inquiéter » les habitants des campagnes, peu habitués à voir » intervenir la force armée pour obtenir d'eux des » sacrifices qu'ils ne refusent point à la patrie sur la » simple réquisition des autorités compétentes.
» Je vous prie de soumettre cette observation à » M. le comte de Lobau, et de vouloir bien me faire » part de la détermination qui aura été prise pour » cet objet. »
Aux cinq sous -préfet s.
Meluû, le 18 mai 1815.
« Nos bataillons de gardes nationaux sont partis. » Le gouvernement paraît satisfait de la célérité avec » laquelle nous avons fait nos opérations.
» Je ne lui ai pas laissé ignorer que j'avais été par- )) faitement secondé dans tous les arrondissements » par MM. les sous-préfets.
» Je suis persuadé que les hommes que vous avez » encore à fournir pour compléter votre contingent » sont déjà en route, ou le seront bientôt, d'après tou- » tes les mesures que j'ai prises ces jours derniers.
» Il nous reste maintenant à nous occuper très » activement de l'équipement et de l'habillement de » 5.040 hommes, à qui il faudrait fournir les effets
» compris dans la note de S. Ex. le Ministre au prix » de lo fr. par homme moyennant la somme énorme » de 378.000 francs.
» Comme mes ressources particulières no po^ivaient » me mettre à môme de couvrir cette dépense, j'aurais » été obligé d'en venir à demander une imposition » sur le département, mais cette mesure m'a répugné » parce qu'elle aurait pesé particulièrement sur des » malheureux qui ont déjà supporté de fortes charges » l'année dernière. J'avais donc invité tous les gar- » des nationaux qui pouvaient s'équiper et s'habiller » à le faire eux-mêmes : je vous avais prié d'engager » les maires à faire des collectes dans leurs commu- » nés pour l'équipement de ceux qui n'avaient pas le » moyen de supporter cette dépense.
» Je comptais beaucoup sur ce procédé, d'après les » offres que m'ont réalisées plusieurs communes et » même plusieurs particuliers.
» Je vous engage donc, monsieur, à rappeler aux » maires de votre arrondissement ma circulaire du » 4 mai qui leur prescrivait de faire cette collecte et » de vous en remettre Tétat.
» S'il vous a été possible de dresser un état des » effets d'équipement que possédait chaque garde » national, au moment de son départ, vous me ferez » plaisir de me l'envoyer. J'attache beaucoup d'im- » portance à avoir promptement ces deux résultats.
» Vous sentez qu'ils doivent tendre à me faire con- » naître les effets qui me restent à confectionner et » les fonds qu'il faut que je sollicite du gouverne- » ment.
» Vous avez dû remarquer comme moi que nos
» bataillons, étant composés en grande partie d'an- » ciens militaires, beaucoup d'entre eux avaient des » schakos, des havre-sacs, et même des habits com- » plets. »
Au ministre des Finances.
Melun, le 20 mai 1815.
(( J'ai l'honneur d'envoyer ci-joint à Votre Excel- » lence la copie d'une circulaire que j'ai adressée aux V maires de mon département au sujet de l'emprunt » de 250.000 francs que Votre Excellence m'avait » invité à faire sur les biens des communes qui res- » taient encore à vendre dans mon département.
» M. le Receveur général vient de me communiquer » une lettre de Votre Excellence, postérieure aux or- » dres qu'elle m'avait donnés à ce sujet, et de la- » quelle il résulte que les receveurs de l'enregistre- » ment doivent souscrire des effets pour les biens qui » restent encore à vendre.
» Comme ces dispositions contrarient celles que j'ai » faites, je prie Votre excellence de me faire connai- » tre si je dois donner suite aux mesures que j'ai pri- » ses. »
Aux cinq sous-préfets.
'^ Melun, le 20 mai 1815.
» Je vous ai écrit dernièrement au sujet des collec- » tes pour l'équipement de la garde nationale. Je vous » communique ci-joint copie d'une lettre du ministre » de l'Intérieur pour le même objet. Vous verrez, d'a- » près les expressions de Son Excellence, combien cet
» objet est urgent et combien il mérite de fixer votre » attention.
» En écrivant circulairement aux maires, il faut » réveiller leur patriotisme.
» Vous ferez, entre les communes de votre arron- » dissement, une répartition telle que chacune puisse » atteindre sans se gêner la somme que vous lui » assignerez, et qui sera proportionnée à sa popula- » tion et à ses contributions.
» Néanmoins, cela ne devra pas faire l'objet d'une » imposition générale : ce sera le résultat des dons » faits par les plus riches habitants de la commune.
» Vous inviterez le maire à faire faire sur-le-champ » le versement de la somme qu'il aura recueillie dans » la caisse du Receveur particulier, et à vous en en- » voyer l'état sans le moindre délai, afin que le Rece- » veur général puisse en faire l'avance au départe - » ment.
» Vous devez penser qu'au milieu des dépenses » énormes que le gouvernement est obligé de faire » dans toutes les parties, il ne peut pas distraire de » fonds pour l'habillement de nos gardes nationaux.
» Aussi, si nous ne cherchions pas les moyens d'y » pourvoir, ces militaires, appelés à défendre la patrie » et nous-mêmes, se trouveraient dans le plus grand » dénuement.
» Cet objet doit être le sujet de vos soins les plus » particuliers et de la correspondance la plus active » entre vous et les maires de votre arrondissement, » ainsi qu'entre vous et moi. »
Aux mêmes.
Melun, le 21 mai 1815.
« L'appel d'honneur, fait par Sa Majesté aux mili- » taires en retraite, et dont il est question dans ma » circulaire en placard qui les convoque pour le 25 » courant au chef-lieu de votre arrondissement, m'a » paru faire naître quelques doutes aux administra- » teurs.
» D'ahord, la lettre de M. le comte de Lobau, trans- » crite dans cette affiche, indique assez que cet appel » fait aux militaires en retraite n'est pas obligatoire, » mais, lorsque les besoins de la patrie, lorsque l'Em- » pereur réclament encore pour quelque temps le ser- » vice des braves, n'est-ce pas un devoir pour eux de » se rendre à leur voix?
» Je sais que les retraites dont ils jouissent sont » déjà la récompense de leurs travaux, mais ils peu- » vent en acquérir de nouvelles, et, sans ce motif en- » core, le besoin urgent que l'on a de leurs services » devrait les déterminer à quitter momentanément » leurs foyers.
» Je sais bien que plusieurs d'entre eux sont arrê- » tés par l'âge, par des infirmités, par des familles » nombreuses ou par des états qu'ils ne peuvent quit- » ter sans causer leur ruine.
» C'est dans tous ces détails qu'il faudra entrer » avec chacun de ces militaires. J'aime à croire qu'il » ne vous sera pas difficile de persuader ceux qui ne » se trouvent pas dans ces positions.
» Vous devez en conséquence concevoir quelle est la » marche que vous avez à suivre vis-à-vis de ces mili- » iaires : ceux dont la position ne vous paraîtra pas » absolument rangée dans les catégories que je viens » de désig-ner, vous les engageriez à se rendre sur-le- » champ devant le général; je dis mieux, vous leur » en donneriez l'ordre. Le général a le droit de les » demander pour leur faire connaître les ordres du » gouvernement.
» Je passe maintenant aux congés quelconques, li- » mités ou illimités, de réforme ou absolus.
» Pour bien vous faire comprendre mes intentions, » je vais me reporter à l'organisation de notre garde » nationale mobile. Cette garde devait être composée:
» 1° Des individus porteurs de congés limités ou » illimités, de réforme ou absolus ;
» 2° Des célibataires de 20 ans ;
» 3° De conscrits de 1815.
» Nos opérations se sont faites avec tant de préci- » pitation qu'il nous a été impossible d'entrer dans » tous les détails convenables; bref, nos bataillons se » sont formés et se trouvent composés d'individus qui » étaient dans ces différentes positions, mais les hom- » mes qui étaient dans nos cadres n'ont pas été tous » mis en route, les uns par désobéissance, les autres » parce qu'ils n'ont pas cru faire partie du bataillon. » organisé, d'autres enfin parce qu'ils ont été réformés » à Melun.
» La désobéissance des premiers doit être poursui- » vie et c'est ce qui m'a engagé à faire mon affiche du » 14 mai, qui ordonnait à tous les gardes nationaux » portés sur les contrôles, de se rendre au chef-lieu de
» leur arrondissement pour être dirigés sur leur ba- » taillon.
» Dans cet état de choses, nous devons remplacer » les hommes qui manquent depuis l'organisation ; » c'est pour atteindre ce but que j'ai dû mettre à vo- » tre disposition les hommes susceptibles d'être rap- » pelés à marcher pour la garde nationale.
» Vous en conviendrez avec moi : ce sont les congés » illimités ou autres. J'espère que vous les déciderez » facilement, lorsque vous les aurez désignés. Vous » leur ferez connaître d'ailleurs que, s'ils ne partent » pas pour la garde nationale, j'ai ordre de les diri- » ger sur leur corps ; que le premier parti qu'on leur » propose est bien préférable, puisqu'ils seront peut- » être licenciés dans quinze jours ou un mois, si » nous avons la paix, tandis que replacés dans leur » corps, ils savent la difficulté qu'on a d'obtenir des » congés.
» Dans les congés absolus, il y a des personnes qui » n'ont pas servi six mois, et qui cependant n'ont au- » eu ne infirmité.
» Le service de la garde nationale atteignant tous » les citoyens, et ceux-ci en faisant nécessairement » partie, il est encore convenable de les prendre de » préférence à d'autres.
» D'après ce qui précède, vous voyez au résultat » que cette opération est entièrement laissée à votre » sagesse, à votre prudence, ainsi qu'aux besoins que » vous aurez pour remplir les cadres de votre garde » nationale active : enfin, aux ressources que vous » trouverez autour de vous.
» Pour les militaires en retraite, le nombre n'en est
» pas fixé : VOUS serez également dirigé par l'étendue » de vos ressources.
» Si vous en avez beaucoup en état de servir, en- » voyez-en beaucoup ; ils s'expliqueront avec le géné- » rai sur leurs intentions.
» Je vous recommande de mettre beaucoup de soin^ » d'activité et d'ordre dans cette opération. »
AUcX mêmes.
Melun, le 21 mai 1815.
« Vous avez reçu, avec ma lettre d'hier, celle du » ministre de l'Intérieur, au sujet de l'équipement de » nos gardes nationaux.
» Je ne saurais trop recomm'ander cet objet à vos » soins et trop en presser l'exécution.
» Il me semble que vous pourriez, au reçu de la » présente, inviter le maire de la commune chef-lieu » de la sous-préfecture et les maires des chefs-lieux » de canton à déléguer plusieurs conseillers munici- » paux qui se rendront dans divers quartiers de la » ville pour recueillir les dons qui doivent servira Té- » quipement de la garde nationale.
» En se présentant chez les particuliers en état de » donner, ils pourront leur faire observer que les char- » ges que PEtat a à supporter dans ce moment ne lui » permettent pas de pourvoir également à tous les » services, que ce département, qui a fourni une garde » nationale nombreuse et bien disposée, doit veiller à » ce que les hommes qui la composent ne manquent » pas des effets qui leur sont nécessaires dans les » places dont la défense leur est confiée ; qu'enfin ce
» sont nos parents, nos amis, nos frères qui ont volé » à la défense de la patrie^ et qu'ils seraient victimes » de leur zèle si nous ne nous empressions de leur en- » voyer les effets d'équipement et d'habillement dont » ils ont indispensablement besoin.
» Je ne doute pas, monsieur, que la population en- » tière de votre arrondissement ne partage ces senti - » ments et ne comprenne la nécessité de contribuer, » chacun, d'après ses moyens, dans cette circonstance » importante.
» Je vous observerai de nouveau qu'il ne s'agit » point ici de contribution. Ce mode ferait le plus » mauvais effet, vis-à-vis de l'étranger et même de la » nation.
» D'ailleurs, il atteindrait cette partie delapopula- » tion qui est le moins en état de supporter les char- » ges extraordinaires.
» Une fois que cette impulsion sera donnée par les » villes, les campagnes suivront.
» Les premiers produits me mettront à même d'at- » tendre les secours que le gouvernement annonce. » C'est donc de la célérité que je vous recommande. » Ces sortes d'opération doivent être conduites rapi- » dément. La première impulsion donnée, beaucoup » de personnes la suivent, enfin toutes se trouvent » entraînées.
» Au fur et à mesure qu'une commune vous aura » fait connaître le montant de sa collecte, vous m'en » rendrez compte. J'ai besoin de connaître prompte- » ment mes ressources, afin de proportionner mes com- » mandes.
» Il serait peut-être préférable que l'on se bornât à
APPEL DE LA (lAKDE NATIONALE oD?
» faire inscrire le nom des donateurs et la somme » qu'ils veulent ollrir: le recouvrement s'en ferait eii- » suite successivement. »
Au 6oas-prcJ'et de Meaax.
Melun, le 22 mai 1815.
« .] 'ignore, monsieur, par quelle fatalité les deux ba- » taillons que vous avez fournis et dirigés sur leur » garnison ne sont pas ensemble aussi forts que celui » parti de chacun des autres arrondissements.
» M. le général Fririon m'écrit en outre que celui » qui est à Château-Thierry, ([ui était composé au dé- » part de 417 hommes, est réduit à 299. Me ferez-vous » repentir d'avoir voulu, dans les destinations que j'ai » données à tous nos bataillons, traiter favorablement » votre arrondissement en plaçant l'un des vôtres si » près de vous ?
» Je vous invite à prendre toutes les mesures né- » cessaires pour compléter votre contingent.
» Les difficultés que vous rencontrez, si toutefois il » s'en présente, proviennent sans doute d'abus que » vous tolérez, tel par exemple que de souli'rir dans » sa commune le fils du fermier de madame de Baul-
» ny-
» Pourquoi donc est-ce toujours à l'administration » supérieure de paraître sévère, quand l'administra- » teur local, en étant juste, ferait son devoir envers le » gouvernement et envers les administrés ? Plus les » circonstances sont difficiles, plus il faut être égale- » ment juste et ferme.
» Je vous prie de m'envoyer par le premier courrier
» la situation exacte de vos bataillons, si toutefois » vous la connaissez. Je ne la demande pas telle » qu'elle devrait être, c'est-à-dire suivant le nombre » ({ui se trouvait effectivement sur le terrain lors de » l'organisation ; je désire connaître au juste quelle » est la force des bataillons dans les places. »
Aux cinq sous-préfets.
Melun, 23 avril 1815.
« Je ne vous ai pas indiqué la somme que je dési- » rais obtenir de votre arrondissement pour pourvoir » à l'équipement de nos gardes nationaux, parce que » je ne pouvais pas seulement, et sans autre rensei- » gnement, baser cette fixation sur nos besoins.
» Mais, d'après les données que j'ai recueillies, je » vois que, dans un arrondissement qui approche le » vôtre en richesse, en population et en contributions, » il sera facile de recueillir une somme de 50 à » 60 000 francs.
» Vous pourrez diriger vos^dispositions vers ce but, » sans toutefois vous borner à ce contingent ni le » regarder comme obligatoire. Je désire que vous » voyiez dans cette latitude une preuve de ma con- » fiance dans les soins et l'activité que vous emploie- » rez pour la réussite de cette opération. »
A monsieur le maréchal-de-camp , baron Vasserat: commandant le Pas-de-Calais.
Melun, le 23 avril 18J5.
« Monsieur le général, j'ai reçu la lettre que vous » m'avez fait l'honneur de m'écrira le 19 de ce mois,
GONÏRJBUTIONS VOLONTAIRES 3!)9
» par laquelle vous m'iuvitez à vous faire connaître » l'époque présumée où doivent arriver à leur desti- » nation los deux bataillons de la garde nationale de » mon département qui doivent se rendre, le premier » à Saint-Omer, et l'autre à lioulogne.
» J'ai lieu d'être étonné, qu'à l'époque où vous » m'écrivez, ces deux bataillons ne soient pas arrivés » dans leur garnison, car, suivant l'itinéraire qui leur » était tracé, l'un, partant le 12, devait arriver le V>\ y> à Saint-Omer'; Pautre, qui est parti le 13, devait » arriver le 16 à Boulogne.
» Mais ce calcul supposait qu'ils voyageraient en » poste et franchiraient trois étapes par jour. Or, il » serait possible que quelques relais eussent manqué » sur la route, et retardé leur arrivée qui probable- » ment n'est pas maintenant fort éloignée.
» Je vous prie, monsieur le général, de vouloir » bien m'en donner avis en m'indiquant la force des » bataillons, pour que je sois à même de connaître » les dispositions qui me restent à faire pour les com- » pléter. »
Au Payeur' du dé pat 'te ment.
« Monsieur, S. Exe. le ministre des Finances m'a- » vait envoyé une ordonnance de 46.800 francs pour » le payement de 130 chevaux à fournir par mon dé- » parlement pour son contingent dans la levée or- » donnée par décret du 18 mars dernier.
» D'après cette ordonnance, les fonds ne devaient » être mis à ma disposition que 75 jours après la ré- » ception des chevaux.
» J'ai fait connaître au ministre de la Guerre l'im- » possibilité où je me trouvais de passer aucun mar- » ché sans argent comptant, et je l'ai prié de mettre » de suite à ma disposition les fonds suffisants pour » acquitter le prix des chevaux qui allaient m'ôtre » livrés.
» S. Exe, me répond qu'elle a communiqué ma de- » mande au ministre du Trésor, en l'invitant à rendre » disponible, dès à présent, dans votre caisse, ladite » somme de 46.800 francs, pour acquitter le prix prin- » cipal des chevaux que mon département doit four- » nir. Une partie de ces chevaux arrive ici lundi pro- » chain, les officiers qui doivent les recevoir sont déjà » à Melun et, comme je ne dois pas douter que vous » ayez reçu l'ordre du ministre du Trésor au sujet de » ce payement, je vous préviens que j'ordonnerai » sur vous, jusqu'à concurrence de la dite somme, au » fur et à mesure des réceptions, et, comme je sais » que vous avez dans votre caisse des fonds en assez » grande quantité, je ne doute pas que vous n'acquit- » tiez mes mandats. »
|.i monsieur le Receoeur particulier de l'arrondissement de Meaax.
xMelun, 24 mai 1815.
« J'ai reçu, monsieur, la lettre que vous m'avez » fait l'honneur de m'écrire le 14 courant, par laquelle, » en m'in formant que vous avez plusieurs fois assuré » le service du payement des troupes dans la place de » Meaux, vous demandez ({ue le payeur du départe- » ment vous mette à même de le continuer.