CHAPITRE
Lettres de M. de Plancy au Ministre de V Intérieur et à V Empereur pour leur accuser réception de sa nomination à In préfecture de la Doire.
Au ministre de l'Intérieur :
(( Monseigneur,
)) Je viens de recevoir la lettre par laquelle Votre Excellence m'annonce la grâce que m'a faite Sa Majesté en me nommant à la préfecture de la Doire.
» Je voudrais devoir à de plus longs et de plus utiles services cette nouvelle marque de ses bontés. Moins j'ai fait pour les mériter, plus je m'efforcerai de justifier son choix.
)) Je prie Votre Excellence d'agréer l'hommage de ma
reconnaissance pour l'intérêt qu'elle veut bien prendre à mon avancement et celui de mon profond respect.
» Soissons, ce 21 floréal an XIII. »
A r empereur :
(( Sire,
» Je reçois avec la plus vive reconnaissance la nouvelle preuve de confiance que Votre Majesté m'a donnée en me nommant à la préfecture de la Doire. En quelque lieu qu'EUe daigne fixer ma place, je justifierai son choix par mon zèle et mon dévouement, heureux si je puis mériter par des succès plus essentiels qu'Elle m'appelle à travailler plus utilement encore pour la chose publique et sous ses yeux.
» Je suis avec le plus profond respect,
» de Votre Majesté, » Le très humble, très obéissant et très fidèle sujet.
» Soissons, ce 21 floréal an XIII. »
Le Ministre de l'Intérieur^ à M. de Plancij, préfet de la Doire.
« Paris, l**" vendémiaire an XIV.
)) Je m'empresse, monsieur, sur la demande qui m'en a été adressée par S. A. S. Mgr l'Architrésorier, de vous autoriser à vous rendre auprès de Son Altesse et d'y rejoindre madame de Plancy ; mais je dois vous rappeler que les opérations de la conscription de l'an XIV doivent être promptement commencées, qu'elles exigent tout votre dévouement et tout votre zèle, surtout dans un département que vous administrez depuis peu, et je ne doute pas que ces considérations ne vous fassent sentir com-
bien il importe que votre absence soit prolongée le moins longtemps possible.
» Recevez, monsieur, l'assurance de ma parfaite considération.
)) Signé: Ghampagny. ))
Le Ministre de l'Intérieur, à S. A. S. Mgr. le prince Le Brun, architrésorier de l'Empire.
« Paris, 1" vendémiaire an XIV.
» Monseigneur,
» Je suis trop heureux de trouver une occasion de procurer au cœur de Votre Altesse des jouissances qu'Elle sait si bien goûter pour avoir tardé un seul instant à autoriser M. de Plancy à se rendre auprès d'Elle. Gomme administrateur il ne peut être à une meilleure école, et ce temps ne sera pas perdu pour ses fonctions.
» Votre Altesse jugera d'ailleurs qu'à la veille des nouvelles opérations de la conscription, il ne peut les interrompre longtemps et je m'en remets à sa sagesse.
» Je prie Votre Altesse Sérénissime d'agréer l'hommage de ma respectueuse considération.
)) Signé : Ghampagny. m
Le Ministre de l'Intérieur à M. de Plancy, préfet de la Doire.
« Gênes, le 23 prairial an XIII.
» Je n'ai aucun souvenir, monsieur, d'avoir écrit à votre prédécesseur que Sa Majesté se rendrait dans le département de la Doire, n'ayant moi-même aucune certitude à cet égard. Je m'empresserai de vous faire connaître les intentions de Sa Majesté dès que je les saurai. Je vous observe au surplus que les préparatifs à faire pour
la recevoir doivent surtout être déterminés par l'empressement des villes qu'Elle honore de sa présence.
)) L'administration supérieure ne peut y prendre qu'une part indirecte, et votre absence momentanée d'Ivrée ne peut inlluer en aucune manière sur les préparatifs que l'on y peut faire.
» J'applaudis à l'heureuse impulsion que vous avez donnée.
)) Agréez, monsieur, l'assurance de ma parfaite considération.
» Signé : Ghampagny. »
Le Conseiller d*Etat, chargé du .3' arrondissement de la Police générale de V Empire, à M. de Plancy, préfet de la Doire.
« Paris, ce 19 prairial an XIII.
» Je vous prie, monsieur, de m'envoyer le plus tôt possible un état confidentiel de tous les individus que la voix publique ou des données particulières vous font supposer capables do brigandages, de vols publics ou de contrebande.
» Ce tableau devra faire connaître le nom de chacun de ces individus, ses prénoms, son âge, son lieu de naissance^ son domicile, sa profession, son caractère politique, etc..
» Vous devrez distinguer dans une colonne d'observations ceux qui peuvent être considérés comme chefs de ces bandes criminelles. Il sera essentiel que vous indiquiez les communes dans lesquelles ces hommes dangereux commettent le plus souvent leurs délits et les gens qui les tolèrent ou leur donnent même des avis et peuvent en quelque sorte être considérés comme complices.
)) Je ne doute pas, monsieur, que pénétré de l'esprit de cette demande, vous ne m'adressiez bientôt ces renseignements avec l'étendue et la précision convenables.
)) Recevez l'assurance de mes sentiments affectueux.
)) Signé : Pelet. »
« Paris, le 9 fructidor an XIII.
» Je vous remercie, monsieur, de l'avis que vous m'avez donné par vos lettres des 23 et 28 thermidor derniers au sujet des conciliabules que quelques habitants d'Yvrée vont tenir à Gollereto-Parella.
)) Si, comme on doit le présumer, le procès- verbal de M. le maire est exact, les individus qui font partie de ces rassemblements doivent fixer toute votre attention et faire l'objet d'une surveillance bien spéciale.
)) Je ne doute pas que vous n'ayez déjà pris toutes les mesures pour arrêter le mal dans sa source et pour approfondir jusqu'à la moindre circonstance de cette intrigue.
» Je vous prie de me donner des détails sur les individus désignés au procès-verbal : il est important de connaître le degré d'influence que chacun d'eux peut avoir, soit par ses moyens personnels, sa fortune, sa famille, soit par ses autres alentours; il faut savoir s'ils correspondent avec l'étranger, s'ils font de fréquents voyages, quel en est le but, etc. etc..
» Il est essentiel que vous dirigiez des agents secrets pour vous assurer bien positivement de la conduite du curé de Collereto et de celle du notaire Enrietti Brunone chez lesquels se forment ces sortes de réunions.
» Si vous appréciez d'une manière bien positive qu'ils continuent à tenir des discours semblables à ceux dénoncés, vous ne devez pas balancer à prendre des mesures de répression contre leurs auteurs, mais si le cas se présente, il est bien important que les précautions soient pri-
ses (le manière qu'on puisse saisir, en même temps avec les perturbateurs, leur correspondance et leurs papiers.
)) Je n'ai pas besoin de vous dire, de mettre en pareil cas dans voire conduite toute la prudence dont vous êtes capable. Je vous invite à me rendre des comptes fréquents de tout ce qui peut avoir rapport à cette affaire et en général de tout ce qui tient à la tranc^uillité publique dans votre département.
» Veuillez également me faire part de vos observations particulières sur les mesures que l'autorité supérieure pourrait employer avec plus de succès relativement aux localités.
)) Recevez l'assurance de mes sentiments affectueux.
)) Signé : Pelé t. ))
Le Ministre de l'Intérieur^ à. M. le Préfet du département
de la Boire.
« Paris, le 1*"" vendémiaire an XIV.
» Monsieur, l'Empereur a dû compter à tous les moments sur votre zèle pour son service et votre amour pour la patrie. Il est aujourd'hui dans le cas de réclamer d'une manière particulière la preuve de ce double sentiment. Une circonstance inattendue change la position de la P'rance et exige d'elle de nouveaux efforts qui doivent la conduire à une gloire nouvelle et à un repos qui ne sera plus troublé. Des puissances de l'Europe interviennent dans notre querelle avec l'Angleterre, et ont armé pour prescrire à la France les conditions d'une paix désavantageuse, ce qui déjà était une déclaration de guerre, car sans doute elles n'attendaient pas d'elle cette lâche condescendance. Leurs armées ont envahi le territoire
't58 SOUVENIRS DU COMTE DE PLANGY
de ses alliés et marchent contre nos frontières; la paix du continent n'existe plus. Ainsi est détourné ou plutôt suspendu le coup qui allait frapper l'Angleterre. G'estencore sur le continent, et par de nouvelles victoires, qu'il faut aller chercher la paix. L'Empereur voit avec regret cette triste nécessité, mais il n'hésite pas lorsque l'honneur et l'intérêt national ne laissent pas le choix d'un autre parti. Que la guerre soit vive pour être courte 1 Que la nation fasse un grand effort et détruise par son union toute-puissante, par son invincible courage et surtout par son activité, cette coalition nouvelle non moins odieuse que les autres, puisqu'elle a pour but de la mettre sous le joug d'une nation rivale qui ne ^era satisfaite que lorsqu'elle aura détruit, sans espoir de les voir renaître, notre marine, notre commerce, notre industrie, notre richesse et nos moyens de prospérité! Les menaces de l'ennemi commandent surtout une décision prompte et unanime. L'Empereur appelle la conscription de Tan XIV pour une guerre extraordinaire, il se borne à accélérer de quelques mois une mesure ordinaire. Que cet appel fait au courage de la jeunesse française soit entendu par elle et répété par tous les fonctionnaires publics! Employez votre activité, votre influence pour en hâter les résultats. Plus l'opération sera prompte, plus ses suites seront heureuses. Joignez les moyens de persuasion à l'emploi de votre activité. Appelez, pressez ceux que la loi appelle, encouragez le zèle de ceux qui se montrent prêts à lui obéir; déployez contre les autres toutes ses rigueurs.
» Dites à vos administrés que c'est par cette mesure décisive qu'ils arriveront à une prompte paix, premier et dernier objet des vœux de l'Empereur; qu'elle seule peut leur épargner les calamités, l'épuisement d'une guerre longtemps prolongée et les sacrifices qu'elle nécessite ; que c'est elle qui éloignera la guerre de nos
PIÈGES JUSTIFICATIVES. — CHAPlTliE III 459
frontières et en rejettera le fardeau sur l'ennemi. Parlez de leurs intérêts, de leurs véritables intérêts à ceux qui pourraient ne pas être touchés de la gloire nationale ; mais ceux-là ne seraient pas Français! L'honneur, ce sentiment essentiellement français, parlera avec force à tous les cœurs dignes de ce nom; la voix de la patrie les appelant à sa défense contre une injuste provocation ne sera pas méconnue par eux, et tous s'empresseront à partager ce long héritage de gloire recueilli sur les Alpes, dans les plaines de l'Italie, sur les bords du Rhin et du Danube.
)) Celui qui a toujours maîtrisé la victoire, dont le génie est aussi puissant que sa volonté est ferme et inébranlable, dont la pensée embrasse toutes les combinaisons des temps, des lieux, des hommes, qui vous a sauvés des maux du dedans et des périls du dehors, et sous l'égide duquel vous avez placé vos destinées, votre Empereur, l'homme du siècle et de la nation, guide luimême vos phalanges... Quel Français n'est pas jaloux de partager ses dangers et sa gloire?
» Quel est celui qui entendra sans émotion ce mot de PEmpereur au Sénat, à l'instant de son départ : « Votre » Empereur fait son devoir, l'armée fera le sien, Fran- )) çais, faites le vôtre ! »
)) Fonctionnaires publics, c'est surtout à vous que ce mot s'adresse. Le premier de vos devoirs, c'est la défense de la patrie. Propriétaires, cultivateurs, il faut vous assurer la tranquille possession de vos champs. Négociants, manufacturiers, artistes, artisans, c'est dans votre industrie qu'est votre richesse et votre existence; sachez vous en assurer le libre exercice et ouvrir de nouveaux débouchés à ses produits. Pères de famille, vous avez à éloigner de vos paisibles demeures et les maux et jusqu'au bruit de la guerre ; et si vos fils ne marchaient contre l'ennemi, vous auriez à prendre les armes pour
la défense de vos foyers. Français, il est question de votre gloire et de votre indépendance.
» Vous, monsieur, vous avez à justifier le choix dont l'Empereur vous a honoré, et c'est en hâtant la nriarche de la conscription que vous acquerrez le plus de droits à son suffrage et à sa bienveillance. Votre zèle sera jugé par ses résultats ; qu'ils soient tels que j'aie à vous féliciter d'avoir bien mérité du Prince et de la Patrie.
» Recevez, monsieur, l'assurance de ma parfaite considération.
)) Signé : Ghampagny.
» P. S. Vous êtes invité à faire parvenir les exemplaici-joints à MM. les Sous-Préfets et principaux Maires de votre département. »
« Paris, le 2 vendémiaire an XIV.
)) Monsieur, je vous envoie le discours que Sa Majesté a prononcé au Sénat, quelques heures avant son départ pour l'armée. Qu'il soit connu des fonctionnaires publics et des citoyens de votre département ! Que tous s'animent des sentiments qui l'ont dicté ! Qu'à l'exemple de l'Empereur ils fassent leur devoir ! Ce devoir n'est pas douteux. La France est menacée, insultée, attaquée dans ses possessions, dans ses alliés; les armées ennemies marchent contre nos frontières : l'Empereur se met à la tête de nos troupes pour les rejeter sur leur territoire. Que ceux qui n'auront pas le bonheur de partager ses dangers concourent au moins à sa gloire par une obéissance empressée aux ordres du gouvernement. L'Empereur, secondé par son peuple, obtiendra des succès qui seront le partage de tous ; la prospérité de la France, son indépendance et une paix solide et honorable devant être le résultat de ses travaux, de ses périls et de ses efforts.
PIÈGES JUSTIB^ICATIVES. — CHAPITRE III 461
» Recevez, monsieur, l'assurance de ma parfaite considération.
)) Signé : Ghami'Agny,
)) Contresigné : de Géuando. ))
(( Ao NOM DE Sa Majesté l'Empereur et Roi,
» L' Archilrêsorier de V Empire, aux habitants de Salso Maggiore, Vigoleno, Lugagnano, Castello d'Arquata, etc.
» Au fond de l'Allemagne, et au milieu de ses victoires, Sa Majesté s'occupe de votre bonheur et m'ordonne de préparer pour vous le bienfait d'une organisation nouvelle, et j'entends sortir de vos retraites le cri de la révolte, et j'apprends que vous êtes armés : que prétendez-vous ? quelle est la cause de ces mouvements?
» On veut qu'une faible partie de votre milice s'associe pour quelques moments à l'honneur et aux avantages d'un service régulier, que quelques-uns de vos enfants, qu'aucun lien, aucune affaire ne retiennent encore, aillent sans danger, sans fatigue^, bien nourris, bien soldés, sous les ordres d'un Prince adoré de ceux qu'il commande, garder un dépôt précieux que l'Empereur lui confie, et qui vous répond de cette paix que vous désirez, et vous voulez leur ravir une gloire que tous les Français leur envient!
» On vous a dit peut-être qu'ils trouveront là des Autrichiens, des Russes, des Anglais et des combats. Mes amis, les Autrichiens ont fui jusque dans leur dernière retraite et ils n'attendent et ils n'implorent que la paix. Les Russes ont été cacher dans leur désert la honte de leur défaite : les Anglais ne savent qu'acheter les insensés qui veulent se faire tuer pour eux. Des imposteurs vous
égarent, des brigands veulent vous associer à leurs crimes pour échapper à la vengeance des lois. Séparez votre cause de la leur ; chassez-les du milieu de vous ; redevenez ce que vous avez été, soumis à l'ordre public, obéissants à la voix de l'honneur et du devoir. Ah 1 ne me forcez pas à dépouiller le caractère de l'indulgence et à frapper ceux que j'ai juré de rendre heureux. Songez aux dangers qui vous menacent. La force armée vous environne ; si un mot est prononcé, innocents ou coupables, vous serez tous frappés. Rentrez, je vous en conjure, dans vos foyers, et, tandis qu'il est temps encore, obéissez à la voix d'un père. *
» Dans quelques semaines je serai au milieu de vous, j'écouterai vos plaintes, je méditerai avec vous les moyens d'assurer votre prospérité. Faites que mes regards ne rencontrent rien qui m'afflige et que je trouve partout le langage de votre repentir et le souvenir de
mon indulgence.
)) Signé : Le Bron. »
(( L' Architrésorier de V Empire,
)) En vertu des pouvoirs qui lui ont été conférés par Sa Majesté l'Empereur et Roi,
» Décrète :
» Art. 4". Il sera établi une Commission militaire à la suite de la force armée chargée d'agir contre les insurgés du Plaisantin.
» Art. 2. — M. le général commandant la 28' division nommera les membres de cette commission.
» Fait en notre palais à Gênes, le 7 janvier 1806.
)) Signé : Le Brux. »
(( Pour Son Altesse Sérénissime,
)) le Secrétaire de ses commandements. )) Signé : Benoit. »
PIÈGES JUSTIFICATIVES. — CHAPITRE 111 46o
« L'Architrcsorier de l'Empire.
« En vertu des pouvoirs qui lui ont été conférés par Sa Majesté l'Empereur et Roi,
» Décrète :
)) Art. l6^ —Grâce est accordée à ceux des insurgés du Plaisantin, autres que les auteurs et principaux agents de l'insurrection, qui viendront déposer leurs armes et leurs munitions dans vingt-quatre heures.
» Art. 2. Grâce est même accordée à ceux des agents secondaires de l'insurrection qui viendront en dénoncer les premiers moteurs.
» Art. 3. Tous les habitants paisibles qui ont fui sont invités à rentrer dans leurs foyers et à s'unir à la force armée qui vient les protéger.
)) Fait en notre palais à Gênes, le 7 février 1805.
)) Signé : Le Brun.
» Pour Son Altesse Sérénissime,
(( Le Secrétaire de ses commandements.
» Signé : Benoit. »
(( Le général Menou, commandant général, faisant fonctions de gouverneur général, grand officier de la Légion d'honneur, à M. de Plancg, préfet de la Doire.
» Turin, le 9 vendémiaire an XIV, (P^ octobre 1805.)
» Il est absolument nécessaire, monsieur le préfet, que vous fassiez imprimer, publier et afficher la proclamation que j'ai eu l'honneur de vous adresser relativement aux individus qui voudraient exciter des mouvements, etc., etc..
» Le but est d'effrayer les hommes qui voudraient remuer et d'empêcher qu'il ne se forme des coupables; vous devez bien penser que mon projet n'a jamais été et ne peut être de vouloir sonder toutes les consciences du Piémont. Nous devons comprimer les méchants et leur inspirer une telle crainte qu'ils n'osent pas agir eux-mêmes, et encore moins exciter les autres à agir.
)) J'ai déjà fait arrêter plusieurs individus dans les autres départements, ce qui a produit le meilleur effet. Dans les circonstances où nous nous trouvons, il faut commencer par être sévère pour quelques-uns, afin d'éviter de l'être pour le grand nombre.
)) J'ai reçu, monsieur, la liste des neuf individus, qui sont actuellement détenus à Yvrée. Il n'est pas douteux que s'ils ont été autrefois compris dans la mesure de déportation, ou qu'ils aient été mis par les tribunaux à la disposition du gouvernement, ou enfin qu'ils soient publiquement coupables de délits, sans cependant avoir contre eux de preuve suffisamment légale, il n'est pas douteux, dis-je, qu'ils doivent être conduits à Turin, d'où ils le seront ensuite à l'Ile de Ré, selon les ordres de S. M. l'Empereur et Roi.
)) J'ai l'honneur d'être avec la plus haute considération » Monsieur le Préfet, » Votre très humble et très obéissant serviteur.
Signé : Menou.
(( 17 vendémiaire an XIV.
)) Je crois qu'il est nécessaire dans les circonstances actuelles, monsieur le préfet, que j'aie l'honneur de vous envoyer copie d'une lettre que j'ai reçue de S. M. I. et R. Ses ordres sont précis; je ne puis ni ne dois m'en écarter. Je vous invite en conséquence à me tenir parfaitement au courant de tout ce qui se passe dans votre dé-
parlement, afin de me mettre cà même de prendre toutes les mesures que les circonstances exigeront. )) J'ai l'honneur d'être, etc..
)) Signé : Menou. »
Le Conseiller d'Etal, chargé du troisième arrondissement de la Police générale, à M, de Plancy, préfet de la Doire.
« Paris, le 17 vendémiaire an XIV.
)) Il résulte, monsieur, de plusieurs rapports qui me sont parvenus sur la situation des départements au de- Icà des Alpes que l'esprit de parti se réveille et s'agite pour y semer le trouble et que des agents de l'étranger conspirent pour opérer un boulversement. Si, à cet état général des choses on ajoute les désordres journaliers qui naissent du brigandage, on peut regarder la sécurité de ces départements comme menacée des dangers les plus imminents, et, dans cette circonstance, les préfets doivent apporter une vigilance continuelle pour découvrir et déjouer les complots de l'ennemi.
» Vous aurez à me faire connaître, dans le plus grand détail, quelle est la situation de l'esprit public et quelles sont les tentatives faites pour le corrompre; s'il existe des réunions clandestines sur votre territoire, s'il reste encore des bandes de brigands, quels sont leurs noms, leur nombre, leurs chefs, leurs moyens, leur point d'appui, les lieux de leur retraite; enfin, s'ils sont organisés dans la vue du brigandage ou pour quelque cause politique.
» A ces renseignements qui doivent être circonstanciés et très positifs vous joindrez tous ceux que vous l)0urrez recueillir sur la conduite des fonctionnaires de votre département, sur leurs opinions, l'influence qu'ils peuvent avoir et la manière dont ils s'en servent : si elle est dirigée dans un esprit contraire aux lois et à la fidélité qu'ils doivent au gouvernement : vous examinerez
aussi quelle est la conduite des prêtres et quels sont ceux qui seraient soupçonnés de favoriser les manœuvres des agitateurs.
» Je désire aussi connaître les individus, domiciliés dans votre département, qui étaient jadis attachés à la maison de Sardaigne par quelque emploi : vous aurez soin de m'indiquer leur nom, leur ci-devant qualité, leur fortune actuelle, leurs occupations, leur opinion, le degré d'influence qu'ils ont dans le pays et de quelle manière ils l'emploient, si c'est pour ou contre le gouvernement français.
)) 11 est essentiel, monsieur, que vous me teniez informé jour par jour de tout ce qui peut intéresser la sûreté publique, comme de tous les moyens que vous croirez nécessaire d'adopter pour la faire respecter. Votre surveillance doit être plus vigilante que jamais — puisqu'il s'agit d'étouffer le germe d'une guerre civile.
» Recevez l'assurance de mes sentiments affectueux.
)) Signé : Pelet.
(( P.-S. Je vous prie de vous faire représenter mes lettres des 9 fructidor et l"^"" vendémiaire dernier. Votre lettre du 25 fructidor n'ayant pas répondu entièrement à ma première, je vous serai obligé de me donner des détails très circonstanciés sur les individus qui composent le club de Gollereto Parella. Vous savez que le curé du lieu est désigné par le maire sous les rapports les plus dangereux. Il est donc essentiel de le surveiller particulièrement et de rendre des comptes fréquents de sa conduite, ainsi que de celle de tous ceux qui sont désignés dans le procès-verbal du maire de Gollereto Parella, que vous m'avez adressé avec votre lettre du 28 thermidor
dernier. ))
« Paris, le 14 brumaire an XIV.
)) J'ai reçu simultanément, monsieur, vos lettres des
26, 27, 28 et 30 vendémiaire dernier, relatives à l'arrestation des sieurs Mosca, Bonalide et Sola. Je ne puis qu'applaudir à la mesure que vous avez prise dans cette circonstance. Il eût été seulement à désirer qu'on n'eût pas mis autant d'éclat dans cette opération, on aurait peut-être alors saisi une correspondance et des papiers importants.
)) D'après la manière dont étaient signalés le notaire Enrietti Brunone et Jean-Baptiste Enrietti, secrétaire des communes de Strambinello et Baldissero, j'aurais cru que vous auriez proposé contre eux une mesure quelconque. La prudence semblait au moins exiger qu'on s'emparât de leurs papiers, attendu qu'ils étaient désignés pour tenir chez eux des conciliabules. Il parait maintenant qu'il serait inutile de faire une tentative à ce sujet : ils ont dû vraisemblablement faire disparaître tout ce qu'ils avaient de suspect aussitôt que l'arrestation des sieurs Mosca, Bonafide et Sola a été connue.
)) Il faut se borner, quant à présent, à les faire surveiller très spécialement.
» Je vous remercie du rapport que vous m'avez adressé sur les individus qui ont pris part aux troubles des années VII et IX : je n'ai pas besoin d'appeler sur ces personnages toute votre sollicitude. Je suis bien convaincu que dès qu'ils vous seront connus, vous les mettrez dans l'impossibilité de nuire; je ne saurais cependant trop vous recommander de faire observer scrupuleusement leur conduite, notamment de ceux qui sont reconnus pour avoir été chefs de parti.
)) Veuillez, je vous prie, ne me laisser ignorer aucun fait, aucune circonstance qui puisse intéresser la tranquillité publique et la sûreté de l'Etat.
» Recevez l'assurance de mes sentiments affectueux.
)) Signé : Pelet. »
Rapport à V Empereur sur la situation du Piémont.
« 8 février 1806.
)) Sire,
',) Les habitants du Piémont jouissent de la paix et paraissent en sentir tout le prix.
» Les hommes qui ont fait les révolutions des années VII et IX, qui ont coûté tant de sang aux amis des Français et aux Français eux-mêmes, seraient disposés à s'attacher au gouvernement et à le défendre s'ils étaient bien dirigés par l'esprit des ecclésiastiques.
;) Mais, à différentes époques, ces prêtres, ayant excité leurs paroissiens à la révolte et les ayant armés pour la cause du Roi de Sardaigne, n'osent pas devant ces mêmes habitants parler pour le gouvernement actuel; ils ont pris donc la résolution de se taire, résolution qui donne le même résultat que s'ils prêchaient contre l'Etat.
» En effet, le paysan qui n'entend point son pasteur soutenir la cause du gouvernement existant, lorsqu'il Ta vu si ardent pour défendre le gouvernement abattu, imite son exemple, se tait, exécute les lois parce qu'il craint la force^ mais tout en attendant le plus petit événement pour rompre le silence.
» Votre Majesté n'ignore pas que les évêques du Piémont n'ont que le titre et n'ont point de pouvoir;
» Que les curés contestent au gouvernement son droit sur eux en disant qu'ils tiennent le pouvoir du chef de tous les chefs.
» Il faut que Votre Majesté gagne tous les jours des batailles pour maintenir les esprits de ces prêtres lâches et perfides.
» Ou bien, il faut qu'elle applique en Piémont la loi
du 12 germinal an X relative à l'organisation des Cultes. » Le gouvernement ayant alors un grand pouvoir sur les évèques, et les évoques sur les curés, il opérera des changements s'il le juge nécessaire, mais les prêtres, sachant que leur sort dépend de leur conduite, concilieront leur intérêt particulier avec celui de l'Etat, et ce pays, livré tout entier à l'enthousiasme et à l'admiration qu'il a pour votre nom, n'aura plus à craindre aucune secousse et vous chérira à l'exemple de toute la France.
)) Signé : Plancy. »
Rapport au général Menou.
l""- mars 1806.
(( J'ai l'honneur de vous envoyer le rapport que vous me demandez par votre lettre du 25 février 1806. Je vous ferai connaître les variations que ce département a éprouvées sous le rapport de l'esprit politique.
» Le Piémont (ainsi que la France) dans les différentes révolutions qu'il éprouva, vit naître plusieurs partis qui furent tour à tour victimes et triomphants, et qui firent connaître les hommes, qui dans les révolutions de Pan VIT et de l'an IX, s'étaient montrés les plus acharnés contre les amis deâ Français et les Français eux-mêmes.
» Ce fut après toutes ces dissensions que le Piémont fut associé à la France ; cette réunion confondit tous les partis et la faveur continuelle dont Sa Majesté combla ce pays calma la plupart des esprits. Il fallut, pour suivre le système du gouvernement, chercher à ramener ceux qui s'étaient égarés, et qui avaient égaré les autres, s'entourer des gens estimables de tous les partis, leur faire oublier qu'ils avaient eu des révolutions qui avaient divisé les hommes, les occuper sans cesse du bien que Sa Majesté faisait au Piémont, et les assurer que son intention était que les hommes de mérite employassent leur
talent au service de l'Etat et au bonheur de leurs concitoyens.
» Il fallut surtout surveiller les administrations particulières, et les affaires de police, afin que les citoyens ne fussent point inquiétés, soit par vengeance, soit par ignorance; les vexations qu'ils éprouvent les indisposent souvent contre les administrateurs, et leur ôtent leur crédit, cette confiance dont ils ont besoin.
» Tous les habitants du pays commençaient à oublier les maux et même le parti qu'ils avaient défendu. J'eus la satisfaction de voir les amis du gouvernement et les hommes qui lui étaient les plus opposés, les Français et les, Piémontais, tous réunis, et vivre en bonne intelligence.
)) Mais les bruits de guerre apprirent qu'il y avait quelques personnes dont le retour n'était pas sincère, car, aussitôt que le prince Charles parut sur les frontières, les partisans du roi de Sardaigne publièrent partout la force de son armée et celle de l'armée française et présagèrent déjà notre défaite et tous les malheurs qu'elle aurait entraînés. Ces nouvelles effrayèrent le peuple et donnèrent de l'audace aux prêtres.
» Quelques clubs commençaient à se former : ils étaient composés de Bonafide, notaire, qui fut à la tête des brigands en l'an VII et qui servit les Autrichiens, de l'excomte Mosca qui fut déjà arrêté comme perturbateur du repos public et qui a constamment servi le Roi de Sardaigne, et l'ex-comte Sola, homme dangereux par ses mauvaises intentions et son courage.
» Je pense qu'il était temps de donner un exemple qui fît comprendre le parti que l'on prendrait si l'ordre venait à être troublé. J'eus l'honneur de vous proposer l'arrestation de ces trois individus : vous voulûtes bien adhérer à ma demande et les faire conduire au fort de Fenestrelles.
» Je VOUS désignai de préférence ces particuliers parce que, dans toutes les révolutions, ils furent chefs de parti, malgré qu'ils ne soient estimés d'aucun et qu'ils soient dans la misère I
» L'armée alors entra en campagne : elle gagna toutes les batailles. Les bulletins de la Grande Armée étaient publiés exactement, et je voyais avec plaisir l'esprit des habitants se tranquilliser.
» La paix suivit bientôt tant de victoires et les Piémontais se rappelèrent alors qu'ils étaient Français, qu'ils étaient commandés par le héros qui opérait tant de prodiges, qui, du milieu de son camp, s'occupait de leur bonheur, leur accordait des concessions gratuites et d'autres faveurs plus grandes encore, et, dès ce moment, ils mirent décote leur crainte, leur espoir; et tous les liens de la société française furent resserrés. Ce fut alors que vous m'accordâtes la liberté des trois individus détenus à Fenestrelles.
» Tous les habitants du Piémont sont aujourd'hui bien persuadés que la forme du gouvernement ne peut plus changer, il s'agit de chercher les moyens de se les attacher de plus en plus.
» J'ai cru remarquer que l'espoir d'avoir au milieu d'eux le prince Louis les flattait beaucoup. Ils ont l'amourpropre d'avoir toujours très près d'eux une cour brillante; et, aussitôt qu'ils la reverront paraître, ils adopteront ses principes.
» J'ai cru m'apercevoir aussi que la quantité de prêtres, les principes qu'ils ont professés, et ceux qu'ils professent encore aujourd'hui, nuisent au gouvernement français. Il faudrait faire appliquer au Piémont le Concordat qui existe pour la France; alors les évoques et le gouvernement auraient un pouvoir que les prêtres du Piémont méconnaissent aujourd'hui.
» Les contributions se perçoivent avec la plus grande
exactitude, sans obstacles et sans de fortes réclamations.
» La conscription de cette année, malgré qu'elle ait été faite au milieu de la guerre, a été terminée en moins de quinze jours.
» Les mesures que j'ai prises pour faire rejoindre les conscrits de plusieurs cantons qui, depuis la loi sur la conscription, n'avaient pas encore donné un seul homme à l'Etat, ont complètement réussi. Le canton de Vico, entre autres, qui comptait près de 400 réfractaires et déserteurs, va sous peu prendre rang parmi les meilleurs cantons du département.
» Il n'y a point de réunions de brigands : il y a eu quelques arrestations particulières, pour des délits de tous les temps, de tous les lieux.
)) Signé : Plancy. »
Le général Menou, à M. de Plancy , préfet de la Doire.
« Turin, le 5 octobre 1807.
» Mon cher préfet, recevez d'abord mon compliment sur la nomination de M. Barbé-Marbois à la place de premier président de la Chambre des Comptes. Quoique cela ne vous intéresse pas directement, cependant cette nomination doit vous être agréable à cause de monsieur votre beau-père. Je sais que cela a produit un très grand effet dans Paris, et j'en augure bien pour ce que nous désirons vous et moi. Il faut profiter de la faveur.
» Je ne suis pas plus instruit que vous en ce qui regarde le voyage de Sa Majesté l'Empereur et Roi. C'est aussi un mystère à Milan. Dès que je saurai quelque chose, vous pouvez compter que vous en serez averti par courrier extraordinaire.
)) J'ai l'honneur d'od'rir l'hommage de mon respect à madame de Plancy et croyez, mon cher préfet, aux sentiments que je vous ai voués et qui ne finiront qu'avec
moi.
)) Signé : Général Menou.
» Vale et ama. »
Le prince Borghèse à M. de Plancy, préfet de la Doive.
(( M. le préfet, je me plais à vous annoncer moi-même que j'ai pris possession des fonctions qui me sont attribuées par le Décret Impérial du 24 février 1808. Mon désir étant de les remplir selon les vues de l'Empereur, et à ma propre satisfaction, j'attends de votre zélé pour le service de Sa Majesté que vous me fassiez connaître toutes les circonstances dans lesquelles l'influence de mon gouvernement pourra s'étendre sur vos administrés d'une manière avantageuse pour eux et pour le bien de la chose publique. Mon intention n'est pas de troubler les rapports trop bien établis des différentes parties de l'administration publique, mais, au contraire, que chacun remplisse la totalité de ses attributions sans les dépasser, concoure de tous ses moyens au bien général, qui fera toujours l'objet de mon occupation la plus chère.
)) Je vous salue, Monsieur le préfet, avec une parfaite
considération.
» Signé : Camille. »
» Turin, le 26 avril 1808. »
M. de Plancy au prince Borghèse.
« Prince,
)) Forcé par mes affaires, surtout par ma santé, de profiter d'un congé que Sa Majesté l'Empereur et Roi avait
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daigné m'accorder, je n'ai pas pu me trouver à Yvrée, quand Votre Altesse Impériale est arrivée dans son gouvernement.
)) Je la supplie d'agréer un hommage que je n'ai pu lui présenter en personne. De tous les fonctionnaires qui sont sous ses ordres, il n'en sera pas de plus zélé à seconder ses vues, de plus empressé à exécuter ses commandements et de plus dévoué à sa gloire, heureux si je puis mériter son estime et ses bontés.
» Je suis avec le plus profond respect, .
» de Votre Altesse Sérénissime, )) Le très humble et très obéissant serviteur.
)) Signé : Plancy. »
A M. de Plancy, préfet de la Doive.
(( Le clergé d'Aglio, dont, depuis quatre lustres, je soutiens faiblement la charge de son chef, accueille avec transport de joie la circonstance qui lui est offerte pour témoigner à M. de Plancy, préfet de la Doire, ses sentiments de devoir, de respect, d'obéissance, de soumission et de reconnaissance au premier magistrat lequel sait, avec tant de sagesse, si bien remplir les bienfaisantes attentions de l'invincible Empereur notre roi, parfait connaisseur des besoins de ses peuples, pas moins que des génies capables de les réparer.
» Vous avez rétabli parmi nous et perfectionné l'ordre civil et politique, jadis si troublé dans les années passées ; vous avez éteint les partis, assoupi les discordes, et, ayant avec cela réconcilié les cœurs, vous avez rendu des services bien importants à la religion, laquelle, sous vos heureux auspices, a pu et peut de nouveau insinuer aux
fidèles l'union et la paix, la charité réciproque, ce saint fraternel et très doux amour qui est la fin de toute société, la base et l'essence de l'Evangile que nous prêchons.
» Et d'où vient dans un si jeune âge tant de sagesse, de prudence et tant de modération? Je crois bien que le grand homme jadis distingué par les faisceaux consulaires et qui, à présent, fait le bonheur de la vingt-huitième division militaire, en vous destinant pour votre épouse et votre délice sa très digne, très Vertueuse et très aimable fille, ait insinué dans votre âme une bien grande portion de cette sagesse, de ce haut conseil, de cette vertu extraordinaire, par laquelle, ensemble et avec subordination au grand génie de l'unique héros des siècles, dans-un instant fut ramenée sur le sol de la France, l'ère de la tranquillité, de la sûreté, de la justice et de la religion.
» Tel que cela soit, la splendeur de vos mérites, monsieur le préfet, ne nous laisse pas sans peine à cause de la crainte de vous perdre chaque jour, mais, à quelque degré que vous porte votre destinée, le département entier ne laissera jamais de vous chérir ; votre nom sera toujours parmi nous en. honneur et béni, et vous aussi en votre élévation, daignez de ne pas oublier ici vos administrés et de porter aux pieds du trône vos bons offices en notre faveur.
» Que vos jours, les jours d'une belle épouse;, les jours de vos enfants, puissent être jours bien longs, jours pleins de gloire et de bonheur; tels sont nos vœux, telles sont les prières que ce clergé fera au Très-Haut, à cause du respect qu'il a pour vous et de la reconnaissance qu'il vous doit.