CHAPITRE V
Le duc de Bassano au duc de Plaisance.
(( Je suis bien heureux, monsieur le duc, de pouvoir vous annoncer que Sa Majesté vient de nommer M. le comte de Plancy, préfet de Seine-et Marne. Le témoignage d'amitié que vous m'avez donné en m'informant de vos désirs et de ceux du Prince architrésorier m'intéressait d'une manière trop personnelle au succès pour que je ne le désirasse pas vivement.
)) J'ai l'honneur de vous offrir, monsieur le duc, l'assurance de ma considération la plus distinguée et de tous mes sentiments.
» Vendredi, 30 novembre 1810.
» Le duc^de Bassano. »
Le Ministre de l' Intérieur à M. le Conseiller de Préfecture^ faisant fonctions de préfet de Seine-et-Marne.
« Paris, le 4 décembre 1810.
)) Je vous adresse, monsieur, l'ampliation d'un décret par lequel l'Empereur a nommé M. le comte de Plancy, préfet de la Nièvre, à la préfecture de Seine-et-Marne : j'écris à M. le comte de Plancy pour l'informer de sa nomination et l'inviter à se rendre à Melun dans le plus court délai possible. Vous voudrez bien, lorsqu'il se présentera, procéder à son installation et lui procurer tous les renseignements qui lui seraient nécessaires.
» Recevez l'assurance de ma parfaite considération.
)) Signé : Montalivet. »
Extrait des minutes de la Secrétairerie d'Etat.
Extrait du Décret impérial rendu au Palais des Tuileries
le SO novembre 1810.
(( Napoléon, empereur des Français, roi d'Italie, protecteur de la confédération du Rhin, médiateur de la Confédération Suisse, etc., etc..
» Art. 4". — Sont nommés préfets des Départements suivants : Le sieur Plancy, préfet du département de Seine-et-Marne...
)) Pour extrait conforme.
Le Minisire de l'Intérieur, comte de P Empire. )) Signé : Montalivet. »
Le Préfet de Seine-et-Marne, au Ministre de V Intérieur .
» J'ai l'honneur de vous adresser l'expédition du procès-verbal de mon installation, que vous m'avez fait l'honneur de me demander par votre lettre du 26 janvier.
PIÈGES JUSTIFICATIVES. ~ CIIAPITKE V 487
» Il n'y est pas lîiit mention de ma prestation de serment parce que c'est entre les mains de l'Empereur que j'ai dû la prêter avant mon installation.
» Je suis avec respect, etc..
)) Signé : Comte de Plancy. »
Procès- Verbal.
(( Du 28 décembre 1810.
)) S'est présenté par devant nous, conseiller de préfecture, faisant par intérim les fonctions de préfet, M. le comte de Plancy, nommé par décret impérial du 30 novembre 4810 aux fonctions de préfet dans le dit département.
» Suit la teneur du dit décret... etc.. etc..
)) Pourquoi il a été rédigé le présent procès -verbal dont lecture a été faite à M. le comte de Plancy qui l'a signé avec nous et à qui expédition a été délivrée.
)) Suivent les signatures. ))
A l'Empereur.
« Nevers, le 10 décembre 1810.
)) Sire, )) Votre Majesté veut bien avoir assez de confiance en moi pour me permettre d'administrer sous ses yeux. Je - ferai tous mes efforts pour justifier son choix. La Doire et la Nièvre, Sire, ont vu ceux que j'ai fait pour remplir les vues de Votre Majesté : mon nouveau département verra que Votre Majesté seule et l'honneur dirigent mes actions.
» J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect,
)) Sire, )) de Votre Majesté, )) le plus humble et le plus fidèle sujet.
» Signé : Comte de Plancy. »
Au Minisire d^Etat.
« Nevers, le 10 décembre 1810.
» Monseigneur,
» Mon beau.frère, le duc de Plaisance, m'apprend que je dois à l'amitié que Votre Excellence a pour, ma famille et à l'intérêt qu'elle me porte la nouvelle marque de confiance que Sa Majesté vient de m'accorder. J'ose prier Votre Excellence d'être bien persuadée que le souvenir des bontés dont elle m'a tant de fois honoré ne s'effacera jamais, et je la supplie de recevoir l'assurance de mon entier dévouement et de mon respectueux attachement.
» Je suis avec respect,
» Monseigneur, » de Votre Excellence,
» le très humble et très obéissant serviteur. )) Signé : Comte de Plancy. »
Au Ministre de l'Intérieur.
« Nevers, le 10 décembre 1810.
» Monseigneur,
» Je ne doute pas que ce ne soit aussi à l'amitié qui vous lie au Prince architrésorier et à celle dont m'honore Votre Excellence que je doive la nouvelle marque de confiance que Sa Majesté vient de m'accorder en me nommant préfet de Seine-et Marne. Je sens trop le prix de cette faveur pour n'en pas avoir une éternelle reconnaissance à Votre Excellence.
» Je suis avec respect,
» de Votre Excellence,
» le très humble et très obéissant serviteur. )) Signé : Comte de Plancy. »
Réponse du Miniaire de. VJnléricnr.
« Paris, le 13 décembre 1810.
» J'ai reçu, monsieur le comte, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 10 de ce mois et je m'empresse de vous dire que vous avez raison d'être bien sûr du plaisir que m'a fait votre nomination à la préfecture de Seine-et-Marne.
» Je vous renouvelle, monsieur le comte, l'assurance de mes sentiments les plus distingués.
)) Signé : Montalivet. »
Au Prince archichancelier.
« Nevers, le 10 décembre 1810.
» Prince,
» Sa Majesté Impériale et Royale vient de me nommer préfet de Seine-et-Marne : je connais trop l'amitié dont Votre Altesse Sérénissime honore ma famille pour ne pas m'empresser de faire connaître à Votre Altesse que la faveur que j'obtiens de Sa Majesté Impériale m'est d'autant plus précieuse qu'elle me procurera plus souvent l'honneur de faire ma cour à Votre Altesse. » Je suis avec le plus profond respect,
» Prince, » de Votre Altesse Sérénissime,
» le très humble et très Obéissant serviteur. )) Signé : Comtk de Plancy. »
Le Grand Chancelier^ ministre d^ Etat, au comte de Plancy, préfet de Seine-et-Marne.
« Le 18 juillet 1811.
» L'Empereur et Roi en grand conseil vient de vous nommer membre de la Légion d'honneur.
)) Je m'empresse et je me félicite vivement, monsieur,
de vous annoncer ce témoignage de la bienveillance de
Sa Majesté Impériale et Royale et de la reconnaissance
de la nation.
Signé: B. G. E. comte de Lacépède.
Le Préfet de Seine-et-Marne au Grand Chancelier.
a Monseigneur,
» J*ai reçu avec la lettre, que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire le 18 de ce mois, mon brevet de la Légion d'honneur et la décoration qu'il m'autorise à porter. Je suis on ne peut plus flatté de la marque de bienveillance que Sa Majesté daigne me donner. J'ose prier Votre Excellence de recevoir mes remerciements pour les félicitations qu'elle veut bien me faire et la supplier de déposer aux pieds de Sa Majesté, avec mon serment, l'expression de ma vive et respectueuse reconnaissance.
» J'ai l'honneur, etc..
Signé : Comte de Plancy.
Grande Chancellerie de la Légion d'honneur.