‹ Souvenirs du comte de Semallé, page de Louis XVIChapitre 53 sur 60 · Voir, p. loô, comment M. de Semallé a compris ce conseil · texte numérisé non relu

Voir, p. loô, comment M. de Semallé a compris ce conseil

vieille amitié a quelque droit sur votre verte jeunesse, je vous demande en grâce de monter en voiture dès que vos forces vous le permettront, pour revenir tranquillement ici. Des lettres du cousin et de son amie vous y attendent chez moi : venez les y prendre, et votre visite sera le prix du facteur.

Je viens de tâcher de faire passer à mon neveu toutes les choses aimables que vous me dites pour lui; mais je crains bien qu'elles ne l'atteignent pas. Il a dû partir hier ou aujourd'hui de Bruxelles pour se rendre à la frontière i, qu'il aura sûrement passée avant que ma lettre arrive à Lille. Il a voulu passer par cette ville 2, quoiqu'elle allonge son chemin, pour prendre ses effets qui y étaient restés, et embrasser ses amis. Il y a séjourné quatre jours. On a eu toutes ces complaisances pour lui, et ce détour et ce séjour ne sont pas ce qui m'a plu davantage de sa route : je crains qu'ils n'occasionnent après lui bien d'injustes malheurs. Je dis injustes, parce que je n'ai pas un mauvais esprit et une mauvaise langue comme vous. Quoi qu'il en soit, me voilà chargée de consolations dont je me passerais bien ; mais je ne manquerai jamais à la reconnaissance des services et des bontés.

Les séparations entre les restants et les partants se sont faites à merveille. Elles ont été la fin d'un long drame, un peu embrouillé, mais où tout s'est heureusement débrouillé par les plus tendres reconnaissances. Ainsi tout est bien, au présent et au futur ; ce qui n'empêche pas que la conduite de mon neveu ne soit fort approuvée.

Voilà, Monsieur, toutes les nouvelles de ville, après lesquelles il ne reste plus à la vieille qu'à rappeler de toutes ses forces son bon jeune homme.

M. Jurien me charge de vous remercier de votre souvenir et de vous dire un million de choses.

1. Les naufragés partirent de Ham le 3o décembre, et le 18 janvier 1800 furent conduits par Dûsseldorf à la frontière des États prussiens.

2. Dans la lettre précédente, on a vu que le duc tenait à passer par Lille, pour y revoir M"« Joséphine.

SgO APPENDICES.

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