‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas] (volume 2)Chapitre 18 sur 96 · COOPERATION DE L AMIRAL DE GRASSE · texte numérisé non relu

COOPERATION DE L AMIRAL DE GRASSE

instructions lui prescrivaient de donner neuf vaisseaux de ligne pour servir d'escorte jusqu'en Europe à deux convois français ; de longer avec le reste de son armée les côtes de l'Amérique depuis la hauteur de Savannah jusqu'à Rhode- Island^ pour intercepter , s'il était possible, ou des convois anglais, ou l'escadre de l'amiral Arbutnoth; et, après avoir réuni à ses forces navales l'escadre française qui mouillait à New- Port, capitale de Rhode-Island , de concerter avec les généraux Rochambeau et Washington toutes les opérations que la saison et les circonstances permettraient d'entreprendre. Le comte de Grasse se décida à faire voile pour la Chesapeak : il mit une telle activité dans ses préparatifs, que, douze jours après l'arrivée de la Concorde , il avait embarqué sur les vaisseaux de la flotte 3,5oo hommes de troupes^ tous les approvisionnements de guerre, et les i,aoo,ooo fr. qui lui étaient deman* dés et qu'il avait obtenus du commerce de la Havane par l'entremise du commissaire espagnol. Il renvoya à M. de Rochambeau à Rhode- Island la frégate la Concorde , pour lui annoncer son adhésion au plan convenu, et le point sur lequel il comptait atterrer. Il mit à la voile le 4 août. Le succès dépendait du secret de sa marche. Pour en dérober la connaissance aux Anglais, il traversa le Adieux canal, route périlleuse et

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presque inconnue, débouquale canal de Bahama, rangea à une petite distance les côtes de la Géorgie et des deux Carolines, et parut devant le cap Henri, en dehors de la baie de Cbesapeak, le même jour que le contre*amiral Samuel Hood arriva des îles du Vent devant Sandy*Hook avec quatorze vaisseaux de ligne.

Les généraux Washington et Rochambeau, depuis la première communication faite par le vaisseau le Sagittaire au chevalier de la Luzerne, s'étaient préparés à profiter de la coopération des forces navales aux ordres du comte de Grasse.

Le 8 mai 1781, le comte de Barras, chef d'escadre, qui venait pour remplacer M. de Ternay, était arrivé à Boston avec la frégate la Concorde y la même dont nous avons déjà parlé et qui fut dépêchée au comte de Grasse. Les nouvelles apportées par M. de Barras et le vicomte de Rochambeau, la communication des opérations maritimes projetées pour la campagne dans les Antilles y servirent de base au plan que nous venons d'exposer. Mais on pouvait craindre que le^ forces qu'on pourrait employer ne fussent insuffisantes , puisque le gouvernement français avait dû renoncer à faire partir la seconde division de l'acmée de Rochambeau. Les moyens d'embarquement et de protection navale étaient épuisés,

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