PORTO-CABELLO
américaines y si simples, si propres et si régulières. On ne voit aux environs qu'une plaine marécageuse ou des sables brûlants ; point d'ombrage ni de verdure ; l'excessive chaleur n'y est tempé^ rée que par les brises de mer.
Porto-Cabello n'était alors habité que par des Espagnols de sang mêlé avec celui des Indiens ^ des nègres et des mulâtres. Il y avait quelques Européens employés par le gouvernement pour la recette des deniers royaux et du cacao ^ et des marchands fort pauvres, dont le commerce interlope avec Curaçao y quoique rigoureusement défendu 9 était avantageux aux habitants du continent; qu'on ajoute à cela des moines de toutes couleurs , et l'on aura une juste idée de cette bizarre et dégoûtante peuplade.
Si l'on considère Porto-Cabello sous un point de vue militaire, on trouve que ce port, situé au vent du golfe de Mexique, est très-intéressant pour le commerce de l'Espagne et pour sa marine. La rade est trè&-saine, quoique ouverte aux vents du nord ; on peut y mouiller plus de trente vaisseaux. Le fort qui protège le mouillage est de tous côtés inaccessible; il a été construit à grands frais sur l'extrémité de la chaîne de rochers qui ferment le port; les terre-pleins sont casemates; il est armé d'une très-belle artillerie.
L'entrée du port est fort étroite, et comme
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elle est est et ouest , on ne peut pas y entrer sous voiles; les vaisseaux sont obligés de se touer par Farrière^ mais aussi ont*ils l'avantage de pouvoir appareiller par tous les temps. Le port peut cx>ntenir vingt vaisseaux ; mais en remontant vers le fond y dont on ne fait aucun usage j on y en rangerait un beaucoup plus grand nombre. L'ancrage est bon partout; les plus gros vaisseaux viennent à quai.
Du côté de terre, il n'y a d'autre défense que celle des marais qui entourent la ville, et une espèce d'ouvrage à cornes qui coupe la langue de terre entre la ville et le faubourg. Pour se garantir d'une surprise, on a élevé un retranchement et quelques redoutes au pied de la montagne , du côté de Burburate , seul point de débarquem^it à l'est de la place.
Porto-Cabdlo avait été fort bien choisi pour la réunion des escadres françaises et espagnoles qui devaient concourir à l'expédition projetée contre la Jamaïque. Les Anglais, qui ne l'avaient point soupçonné, avaient divisé leurs forces, dont une partie était restée stationnée aux îles du Vent, tandis que l'amiral Hood attendait vainement M. deVaudreuil auxatterrages deSaint-Domtn^e.
Nous trouvâmes dans ce port toutes les res* sources qui nous étaient nécessaires pour le ravitaillement des vaisseaux, ainsi que des bois
PORTd-GAB£I^O. l39
pour ,Ies principales réparations. Les officiers supérieurs et ceux de l'état-major de l'armée obtinrent seuls la permission de s'établir dans la ville. Les troupes furent retenues à bord; le baron dç Yioménil ordonna seulement qu'on les débarquât journellement pour les faire promener en ordre ; c'était le seul moyen de les préserver de l'interapérié du climat.
Tous les vaisseaux qui s'étaient séparés de nous dans le canal arrivèrent successivement, excepté F Hercule et la Couronne qui se réparèrent à Curaçao et ne nous rejoignirent à Porto-Cabello qu'un mois après notre arrivée. Notre séjour se prolongeait tristement; l'amiral espagnol, bloqué au cap Français 9 ou à la Havane , avait peu de chances pour venir nous rejoindre. Dans tous les cas nous avions ordre d'attendre l'arrivée d'£urope de la grande flotte qui, sous les ordres de M. le comte d'Estaing , devait partir de Cadix pour aller attaquer la Jamaïque , après avoir rallié toutes les forces de terre et de mer station* nées aux îles du Vent ou à Saint-Domingue.
L'ennui, le dégoût de ces habitation^ mal^ saines, mais surtout le désir de connaître l'intérieur du pays et les mœurs espagnoles, déterminèrent quelques-uns d'entre nous à faire une excursion sur le continent. Notre général en chef.^ lej baron de Yioménil, nous en donna la
l.4o COURSE DANS l'iNTÉRIEUR.
permission, et nous ne rencontrâmes aucun obstacle de la part des autorités espagnoles. Nous nous divisâmes en plusieurs troupes^ les uns allèrent par mer jusqu*au port de la Guayra pour se rendre à Curaçao , capitale de la province , qui n'est distante de ce port que de quelques lieues ; d'autres, et je fus du nombre, préférèrent de faire tout ce trajet par terre. Mes compagnons de voyage étaient le comte de Ségur, le prince de Broglie,le marquis de Champcenets, Berthier, le comte Bozon de Périgord et Désoteux. Voici dans quel ordre marchait notre petite caravane : en tête était le cacaou ou conducteur, mulâtre intelligent, espèce de bouffon, faisant fonctions de majordome, qui nous avait été donné par le gouverneur comme un homme de confiance.
Deux mides suivaient, portaient nos effets, nos hamacs et surtout nos cantines que nous avions mis à l'avant-garde précisément à cause des Indiens chargés de les conduire. Venaient ensuite les chevaliers errants, montés sur des mules; nous n'étions point bardés de fer de pied en cap; mais chacun de nous avait son uniforme et ses armes , ce qui formait un groupe assez bizarre.
Nous partîmes de nuit; nous cheminâmes quelque temps le long du rivage, ensuite nous traversâmes des marais en nous rapprochant des montagnes. A la pointe du jour, nous nous trou-
DEPART. .l4l
vâmes à l'entrée des gorges ^ Aqua-^CaUente ^ petite rivière d'eau sulfureuse et bouillante qu'on remonte jusqu'à sa source. Il n'y a point d'autre communication entre Porto-Cabello et la ville de Valence que le lit de ce torrent. Malgré l'extrême difficulté de ce chemin, dans lequel il faut avoir pour sa monture une confiance aveugle et passive, nous étions de plus en plus satisfaits de la variété des sites, des productions extraordinaires à chaque pas offertes à notre curiosité. Nous admirions les plantations de cacao, de bananiers, et la plus riche végétation que la nature puisse offrir aux regards de l'homme.
Le sentier que nous suivions sur l'une ou l'autre rive du torrent était quelquefois ombragé d'arbres couverts de fleurs , et dans quelques endroits à découvert sur des rochers nus et comme taillés à pic; vei*s le. milieu du jour, la chaleur devint excessive dans cette gorge étroite. Nous étions étonnés de voir nos Indiens presque nus supporter gaiement la fatigue et l'ardeur du soleil ; l'un d'eux, nommé Martini, qui s'était particulièrement attaché à mon service, était un jeune homme d'environ dix-huit ans , très-bien fait et d'une belle figure; il était leste, et tous ses mouvements avaient de la grâce; aussi actif à midi qu'au moment de notre départ, il devançait la caravane pour reconnaître le chemin , animait
t4â VALENCE.
nos mules par ses cris, et revenait se placer auprès de moi. Il avait cependant, me dit-il, fait quinze lieues la veille, et n'avait «u d'autre lit de repos que le seuil de ma porte. Telle est Fespèce d'hommes que la fureur des Espagnols a presque détruite ! Nous arrivâmes aux sources de VAqua Caliente ; une eau limpide , des gazons touffus et bien ombragés, nous invitèrent à mettre pied à terre pour respirer quelques instants et nous rafraîchir. Martini , qui nous avait un peu devancés avec le conducteur et nos bagages, revint en courant et en poussant de grands cris nous avertir que nous étions assis sous des manceniU liers. Nous achevâmes de gravir la sommité, et nous ne tardâmes pas à découvrir, au loin dans la plaine, la ville de Valence. L'horizon s'ouvrit devant nous; nous trouvâmes un chemin mieux frayé et des terres cultivées. Régulièrement bâtie sur une hauteur. Valence n'avait alors guère plus de trois mille âmes de population ; les maisons assez belles, mais gothiques et du plus mauvais goût, étaient toutes enduites d'un mortier rougeâtre. Il y avait une garnison de milices mulâtres assez bien tenues : nous n'y trouvâmes d'ailleurs rien de remarquable, si ce n'est la beauté du site. La chaleur y est tempérée par les brises réglées du nord-est qui y pénètrent par les gorges perpendiculaires à la côte. Nous fû-
PLAINS DE VALENGK. l^'Ô
mes bien accueillis par les Espagnols ^ la plupart agents du gouvernement ou moines de toutes couleurs ; toutefois , leur hospitalité se borna à nous conduire dans une maison très-vaste et dé* meublée y où nous fîmes suspendre nos hamacs. Grâces à la fatigue excessive que nous avions éprouvée y ce premier essai des lits indiens nous réussit à merveille.
La plaine de Valence est coupée par de très9> beaux chemins et arrosée par des ruisseaux qui vont se jeter dans un grand lac. Tout y portait l'empreinte des anciennes cultures ; tout j faisait regretter que la population indigène ait disparu^ A quelques milles de la ville , on traversait des champs immenses laissés en friche : quelques arbres antiques semblaient encore marquer les bornes des héritages, mais les héritiers n'étaient plus. L'œil parcourait au loin ces champs abanr donnés, et les herbes dont ils étaient couverts prouvaient assez leur inutile fertilité.
Quelques Espagnols , riches parce qu'ils avaient eu beaucoup d'esclaves, possédaient des habi^ tations considérables dans la plaine de Valence. £n approchant de Guacara , situé à quatre lieues de la ville , nous retrouvâmes des terres cultivées.
Ce village, assez considérable et agréablement situé , était peuplé d'Indiens de sang pur et
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chrétiens. Ils avaient des propriétés que les lois protégeaient, mais que les administrateurs envahissaient tous les jours. On leur avait laissé un cacique qui n'en portait que le nom , et que les Espagnols avaient abaissé jusqu'à lui faire solliciter les prérogatives de leur noblesse. Tous ces Indiens étaient pauvres et gémissaient sous le joug de leurs oppresseurs. A peine leur restait-il une idée de leur origine et de leur ancien état social. Combien ces restes d'un peuple exterminé intéressent les voyageurs!
La dififérénce entre les vrais Indiens et les différentes races de sang mêlé j dont ce pays est rempli y s'y fait aisément apercevoir. La couleur de celles-ci , de quelque manière qu'elle soit décomposée, est toujours livide et sans éclat ; le caractère africain s'y fait sentir dans toutes les physionomies. La couleur des Indiens, au contraire, est d'un ton plus animé, comme le cuivre rouge. Ils ont la peau fine, et leurs traits sont en général dans un bel ovale. Leurs cheveux sont doux et très-noirs.
Nous nous arrêtâmes à la case d'un de ces Indiens; nous n'y trouvâmes qu'un vieillard et deux jeunes femmes, dont une était fort jolie. Elles étaient vêtues à l'espagnole.
Nous continuâmes notre route toujours dans la plaine; en nous approchant du pied des mon-
RENCONTRE d'uN TIGRE. l45
tagnes, nous traversâmes une foret dont les arbres étaient rares et d'une espèce chétive. L'aspect devenait de plus en plus sauvage. Nous vîmes des oiseaux qui nous parurent aussi extraordinaires par leur plumage que par leurs cris. Nous nous plaisions à les suivre des yeux , lorsqu'un hurlement, ou plutôt un gémissement lugubre y parti du fond du bots, fixa notre attention. Le comte de Ségur, Bozon et moi, qui nous étions arrêtés pour mieux écouter, nous entrâmes dans la foret. Ces hurlements cessèrent par int^*valle et s'éloignèrent à notre approche. C'étaient les cris d'un tigre dont nous avions été sans doute fort près. Des Indiens que nous rencontrâmes, et qui imitèrent le cri du tigre, ne nous permirent pas d'en douter. Bien n'est plus lugubre et plus fait pour inspirer la terreur au voyageur isolé , que le cri de ce redoutable animal.
Nous arrivâmes à une grosse ferme appelée el trapiche di caxa; il était midi et nous pouvions à peine respirer. Nous prîmes un bain délicieux dans un ruisseau qui tombait en cascades par-dessus nos têtes, nous fîmes un repas frugal, et nous ne nous remimes en route que lorsque la chaleur fut entièrement tombée. La nuit nous surprit à trois lieues de là, sur les bords du lac que nous aperçûmes à travers de grands arbres L lo
1^6 MARAGAÏ.
qui rendaient, à cet endroit, la nuit trè^-sombre et notre marche incertaine* Nous avions à notre gauche des rocheis élevés, dont les échos fré^ quents étaient très-sonores. Un peu plus loin, des feux allumés par les Indiens autour de leurs cabanes, et qui se reflétaient dans les eaux du lac, nous permirent d'en mieux distinguer le contour. Nous admirâmes cet immense bassin placé à une si grande élévation au-dessus du niveau de la mer. Nous apprîmes que ce lac abondait en poisson, que les terres qui l'environnaient étaient extrêmement fertiles , et que c'était autre* fois la partie la plus habitée de toute la province. Il est parsemé d'îles ; la chaleur y est tempérée par les brises qui y régnent constamment. On conçoit que ce devait être un séjour délicieux, et l'on ne peut que maudire les barbares qui ont dépeuplé cette belle contrée. Nous arrêtâmes notre marche à Maracaï, petite ville d'environ deux mille âmes de population. Avant d'y arriver, nous fîmes halte un instant pour jouir d'un spectacle tout nouveau pour nous. Les hauteurs qui entourent Maracaï et qui aboutissent au lac paraissaient embrasées. C'étaient de grandes parties de forêt qu'on incendiait pour en employer leà cendres à la culture de l'indigo, et c'est autour de Maracai que j'ai vu les plus belles indigoteries.
TURMERO. 147
Nous fûmes reçus avec cordialité par les habi-* tants de cette jolie petite ville; un gentilhomme, nommé D. Félix , l'un des principaux propriétaires^ d'un esprit cultivé , répondit obligeamment à toutes nos questions, et ne dissimula point son espoir de voir éclater une révolution qui affranclut ces belles provinces de la tyrannie des Espagnols européens. D. Félix nous mon<tra d'anciennes armes des Indiens; il nous fit voir aussi, entre autres choses curieuses, un animal fort rare décrit par Buffon sous le nom de penna. C'est une espèce de tigre ; il a les mêmes mœurs, sa fureur et son inquiétude continuelle, mais il en diffère par sa couleur faïuve plein et foncé, et par sa queue qui est la même que celle du lion : ce qui l'a fait appeler par les naturels du pays le lion bâtard.
Au delà de Maracaï, nous quittâmes le pied des montagnes pour suivre dans la vaste plaine un assez bon chemin. Nous traversâmes de belles culturesT de cannes à sucre , des bosquets de cocotiers, et nous nous arrêtâmes un instant à Turmero, village bien bâti dans une position riante, et d'environ mille âmes de population. Les habitants les plus riches n'étaient pas les cultivateurs, mais bien les employés du fisc, qui aggravaient par toutes sortes de concussions l'énorme fardeau des impôts. Turmero est un
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entrepôt considérable de cacao ; on le transporté de là à Caraque et à la Guayra à dos de mulets. Nous traversâmes encore un assez gros village à trois lieues de Turraero, appelé San^Matheo. Ici le terrain devient inégal j non que la plaine de Valence ne s'étende encore au delà de ce point, mais elle s'élève par de petits coteaux fort agréables. Les eaux sont plus rassemblées. On côtoie la rivière sur l'une ou l'autre rive jusqu'à la Victoria. Il était midi lorsque nous arrivâmes à cette dernière ville. La fatigue excessive que nous avions supportée , le bon gîte qui nous Alt offert à la CazU'Reale, ou maison de ville 9 et plus encore l'aimable accueil que nous y fit le senor Emmanuel Perdhomo , commandant, nous décidèrent à passer le reste de la journée à la Victoria. C'est une jolie petite ville située à l'extrémité de la plaine de Valence, sur un plateau très-découvert , à l'entrée des gorges et au confluent de deux petites rivières. La chaleur y est tempérée par les vents de nord-est ; les habitants des côtes viennent y respirer un air plus pur et s'y rétablir quand ils ont la maladie appelée calentura. Le senor Perdhomo , à la fois . commandant , juge et médecin, était trèsconsidéré dans la province. Il prévint nos questions et satisfit notre curiosité sur tous les points. Cet homme, connaissait bien son pays y parlait
LE seSor perdhomo. i49
librement de l'esprit d'indépendance qui déjà se répandait en secret parmi les habitants ; il entendait assez bien le français et s'était nourri de la lecture de nos meilleurs auteurs. Il nous conduisit d'un air mystérieux dans un cabinet, et nous montra , derrière un rideau , les Œuvres de J. J. Rousseau et de l'abbé Raynal ; il écoutait avidement ce que nous lui rapportions de la révolution qui venait d'afTermir l'indépendance des Américains septentrionaux. Nous découvrions ainsi, à chaque pas, les germes de cette insurrection qui, pour avoir été tardive, n'en a éclaté qu'avec plus de fureur.
Le senor Perdbomo fut extrêmement aimable ; il nous présenta à sa femme, petite brune trèspiquante. Nous trouvâmes chez elle plusieurs dames de ses amies, pour la plupart agréables et fort animées. On nous régala d'un combat de taureaux, et nous étions menacés d'un bal qui nous aurait achevés si le digne chef de notre caravane , le comte de Ségur , n'eût fait à propos une honorable retraite.
Nous repartîmes avant le jour par un beau clair de lune. L'air était frais, la troupe était gaie; chacun à son tour faisait son petit conte ou disait sa chanson. Nous avions déjà fait deux grandes lieues et le jour ne paraissait pas. Nous laissâmes à droite un chemin assez bien ouvert
iSo LAS GACUISSAS.
qui e$t, dit-on, la principale communication avec le royaume de Stuita-Fé. Nous nous rapprochions des montagnes, et nous fumes bientôt après engagés dans une gorge très*resserrée où coulait une rivière; il n'y avait d'autre chemin que le lit même du torrent. Gomme nous le remon* tiops, le jour commença à poindre. Les rochers escarpés. qui nous environnaient, les bois dont ils étaient couronnés , et les vapeurs qui s'éle* vaient, rendirent le froid trèfr-piquant. Quelques heur^ plus tard, nous eussions trouvé délicieuse cette sauvage retraite. Les premiers rayons du soleil éclairaient déjà le faite des montagnes, et nous distinguions Les sentiers difficiles par lesquels nous devions les gravir. Je ne dois point oublier, dans la description de cette belle matinée , un concert qui embarrasserait fort les poètes. Ce ne sont point ici des rossignols qui, par des chants harmonieux, saluent l'astre du jour, mais bien de malheureux perroquets qui s'éveillent et se répondent par des croassements épouvantables. Le nombre en est prodigieux et leurs cris disoordapts sont insupportables.
£n sortant de cette gorge , à peu près à quatre lieues de la Victoria , nous arrivâmes au hameau de Las Cacuissas^ au pied de la montagne du même nom. Nous nous trouvions encore a dix lieues de Caracas. La chaîne que nous devions