DÉPART POUR LE VOYAGE INTERIEUR
troupes de marine , nommé Bernizet, plein d*in* telligence, possédant les premiers éléments de géométrie, exercé au levé des plans et assez bon dessinateur, s'était attaché à moi et me servait de secrétaire. Ce jeune homme, d'un courage éprouvé, avait rempli les mêmes fonctions, pendant les quatre dernières campagnes, auprès de M. d'Albert de Rioms, chef d'escadre et l'un des meilleurs officiers de notre marine. Je l'aflfectionnais beaucoup; il me fut très-utile pendant tout le cours de ma mission; je le ramenai ensuite à Paris, et, sur la proposition que j'en fis à M. de la Peyrouse, il fit partie de son expédition; il a péri sans doute avec ce célèbre navigateur.
Le comte de Bonneval m'avait donné, pour me seconder dans la reconnaissance des divers mouillages, son premier pilote, M. Vialis, brave et excellent marin, choisi parmi les plus instruits dans cette profession. Un guide grec, qui connaissait trèsbien le pays, et deux domestiques complétaient notre caravane. Mon aimable compagnon de voyage et moi nous nous rendîmes pendant la nuit au couvent de Croussopighy et nous en partîmes avant le jour. Nous côtoyâmes d'abord le golfe de la Sude; je m'arrêtai un instant dans le vallon de Calivès, en deçà des montagnes qui séparent le golfe d'avec la plage de l'Armiro ; j'y remarquai avec étonnemen t une rivière d'un volume