‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas] (volume 2)Chapitre 38 sur 96 · RETIMO · texte numérisé non relu

RETIMO

très-considérable, qui jaillissait du pied de la montagne et allait se jeter dans la mer à un quart de lieue de sa source ; on m'assura que dans les plus longues sécheresses, cette source, que j'estimai à plus de huit pieds cubes de volume d'eau , était toujours aussi abondante. On ne peut pas douter que ce ne soit une rivière souterraine : l'endroit d'où elle sort se trouve placé entre deux ravins, dans le fond desquels les eaux auraient dû naturellement se porter si elles n'étaient contenues dans leur lit ; cette eau est excellente, et comme elle jaillit en bouillonnant à travers les rochers, l'effet en est très-pittoresque. Il était nuit quand nous arrivâmes devant Retimo; les portes de la forteresse étaient déjà fermées, et je dus pousser deux milles plus loin pour trouver un mauvais ^te au village de PerwoUa ou des Jardins. J'entrai dans la ville le 6 novembre, jour du Cour^ bam-Bejrramy grande fête des Turcs. Je fus arrêté à la porte par des janiss^jiires de la garde qui m'aspergèrent d'eau de ro$e et me rançonnèrent; je ne perdis pas un instant pour reconnaître cette place et son port; mais, quelques précautions que j'eusse prises, on sut bientôt qu'un étranger se promenait autour de la ville et faisait sonder le port. Le juif che^ lequel j'étais descendu fut mandé et menacé;, le musselin voulut même nous faire arrêter; heureusement M. Magallon était

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