POSITIONS MILITAIRES D£ L ARCHIPEL
(c Cette île, qui a cin([uante lieues de longueur «sûr dix dans sa plus grande largeur, sépare a l'Archipel des mers d'Egypte et de Syrie. Lies a débouquements qui sont à ses extrémités est a et ouest, sont rétrécis à l'ouest par les écueils a de Cérigo , et à l'est par ceux de Scarpante et « les îles de la côte d'Anatolie. Ainsi la puissance « qui , possédant l'île de Candie, y entretiendrait (c une petite marine et fortifierait les mouillages « qui sont autour de l'île, pour assurer une re- « traite aux croiseurs , gênerait ou favoriserait à « son gré la communication avec l'Archipel et « toute la Turquie d'Europe; elle se rendrait par « là maîtresse du commerce important d'Egypte « et de Syrie. Si, d'un autre côté, dans le dé- « membrement d'un vaste empire, il lui convea nait de créer des établissements en Egypte pour « faire revivre des branches de commerce afïai- « blies, ou pour en former de nouvelles, l'île de « Candie serait l'arsenal de ses forces et devien- « drait le plus riche entrepôt de ces mers. L'île de a Rhodes, si bien placée pour favoriser le comte merce de Syrie, concourrait au même avance tage, moins par la bonté de son port que par « ses propres ressources. La reconnaissance de « cette position, l'une des places considérables du (f Levant, aurait été naturellement mentionnée a ici , et nous regrettons doublement que la peste
QqS positions militaires DK LARCHIPfX.
(c nous ait repoussés de ces parages. Du côté de '< l'Archipel, Timportance de l'île de Candie n'est « pas moindre. Le port de la Sude, aussi vaste « que sûr , est la seule relâche qu'aient les bâtice ments qui , chargés d'un coup de vent de nord , « sont obligés de tomber au-dessous des Cyclades. « Tous ceux qui connaissent les orages de la mer « Egée et la difficulté de la navigation à travers « tant d'écueils, conviennent que le port de la ce Sude y quelque difficile qu'en soit la reconnais- « sance, quand les côtes sont embrumées, est adcc mirablement situé; il serait aisé d'y faire des ce établissements de toute espèce, et la défense en ce serait aussi facile qu'elle est bien indiquée par a la nature. Les places fortes que les Vénitiens ce élevèrent dans l'île de Candie , et que les Turcs ce leur enlevèrent au prix de tant de sang, sont ce encore en assez bon état, mais mal armées, ce mal approvisionnées , et seraient sans doute ence core plus mal défendues. Il n'y a plus de nerf ce dans les milices ottomanes; le ressort du fanacc tisme est usé, il n'inspire plus que la licence, ce II paraît que ces places sont mal situées par ce rapport aux établissements qu'on pourrait force mer et â la topographie intérieure. Une défence sive des côtes sur lesquelles les points de déce barquement sont rares et déterminés , serait un ce système mieux entendu.