RUINES A PAROS
île 9 où les artistes les plus célèbres venaient choisir leurs blocs et exercer leur ciseau. Les. voyageurs . ont longtemps exploité comme une mine, et épuisé enfin les belles ruines de Parechia. C'est là que furent découvertes, vers le milieu du XVIF siècle, les fameuses tables chronologiques connues sous le nom de marbres dArundel. Ce monument précieux, selon ce qu'en dit Tournefort , appartenait à M. de Peyrèse , conseiller au parlement d'Aix, dont le nom et le zèle pour le progrès des sciences sont à ja-mais consacrés dans les fastes de la littérature. La négligence ou la cupidité de ses agents le fit tomber dans les mains de lord Howard, comte d'Arundel. On ne voit plus rien à Paros qui mérite l'attention des voyageurs, si ce n'est les immenses débris du temple de Cérès, que les Vénitiens employèrent à construire un fort, aujourd'hui ruiné : ce temple était d'ordre dorique, et je jugeai, par quelques fragments bien conservés, qu'il avait été bâti sur de grandes proportions. Nous vîmes aussi dans une église grecque quatre colonnes de jaspe, très-précieuses, et qu'il est étonnant qu'on y ait laissées; je copiai plusieurs inscriptions, mais je cherchai vainement, dans une grande quantité de bas-reliefs très-dégradés, quelque chose qui valût la peine d'être transporté.
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M. de Bonneval était venu nous joindre à Pa* rechia ; nous en partîmes ensemble pour retourner à Naussa par terre , et nous nous fartâmes de la route pour visiter les anciennes carrières , où nous eûmes beaucoup de peine à pénétrer, à cause des recoupes dont elles sont encombrées.
La première tentative que nous fîmes pour sortir du port de Naussa, malgré le vent du nord, faillit nous être funeste. La grosse mer et les courants nous ayant portés sur les écueils de l'entrée, le vent manqua tout à coup, et nous fûmes au moment de nous perdre. A force de travail et de bonnes manœuvres nous nous tirâmes de ce mauvais pas. Deux jours après nous fûmes plus heureux, et M. de Bonneval, dont l'activité ne pouvait souffrir le moindre retard, profita d'un moment favorable pour mettre à la mer. Le lendemain, obligés de forcer de voiles pour doubler l'île de Thermie, écueil très-dangereux, notre grand mât consentit. Le même jour , 1 7 juin , nous arrivâmes à la rade d'Athènes et nous mouillâmes en dehors du port Pirée.
A peine fûmes*nous assurés que l'Attique n'était pas infectée de la peste, que je me hâtai d'aller visiter les ports du Pirée, de Munichie et de Phalère. Occupés à bien reconnaître ces posi* tions et à déterminer leurs rapports et leurs avantages, nous nous plaisions, mon collègue et
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moi, à retrouver les anciennes dispositions du terrain. Les ruines de la forteresse laissent encore apercevoir la force et le bon choix du poste qui coûta tant de sang à l'armée de l'impitoyable Sylia. On voit encore les chantiers où s'éleva tout à coup la plus formidable marine de l'antiquité, et les vestiges de la muraille qui formait la communication du Pirée avec la ville d'Athènes. Les yeux ne s'arrêtent que sur des points que l'histoire du bel âge de la Grèce ou les fables héroïques de son enfance ont rendus fameux, et que des événements récents, la renaissance de ce malheureux peuple, et ses nouveaux faits d'armes pour briser d'indignes fers, rattachent de nos jours à ces grands souvenirs. Cette considération et le nouvel intérêt qui attire les regards de l'Europe sur ces parages, m'engagent à rappeler ici , succinctement, quelques détails nautiques sur le golfe d'Athènes.
Le cap Malo, dans le sud-ouest, sur les côtes deMorée, et le cap Colonne, dans le nord-est, sur celles de l'Attique , forment l'entrée du golfe. Ce golfe a vingt lieues de profondeur et est parsemé d'iles, dont quelques-unes sont habitées; à l'entrée se trouvent celle de Porros^ dans le sud»oùest; celles de ScUnt^George et à^ Arbora, dans l'est'Sud-est , et celle dite Provençale^ autrefois appelée Patrocleïa.