‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas] (volume 2)Chapitre 76 sur 96 · SCÈNE DES INVALIDES · texte numérisé non relu

SCÈNE DES INVALIDES

fort embarrassé de son portefeuille j et nous allâmes ensemble l'enterrer, dans un bosquet, au fond du jardin. Un instant après, un cri d'alarme attira notre attention au dehors; nous nous séparâmes. Je remontai à cheval, et comme je me dirigeais vers le boulevard, dans l'intention de me rendre à l'hôtel de Lameth, rue Notre-Dame des Champs, j'aperçus, entre les quinconces des Invalides, une foule immense qui venait par les quais. Elle était précédée et conduite par deux hommes à cheval, dont l'un en habit écarlate faisait flotter un grand drapeau jaune. Je m'arrêtai aussi près de la grille qu'il me fut possible d'en approcher sans être engagé dans la foule. IjCS canonniers des Invalides étaient à leurs pièces , la mèche à la main , et prêts à faire feu. M. le comte de Sombreuil , gouverneur de l'hôtel , ayant son cordon rouge sur l'habit, était debout sur le parapet, à la droite de la grille, et semblait être prêt à donner le signal. Il y eut dans la foule , qui s'approchait au pas de course, un moment d'hésitation ; et plusieurs des plus avancés se jetèrent à gauche, deux ou trois d'entre eux vinrent se mettre à l'abri sous le poitrail de mon cheval , entre le fossé et le quinconce. La fouie immense qui poussait les premiers rangs, les força à se précipiter dans le fossé. Je ne doutai pas qu'il n'y eût au moins une première décharge; mais

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