SCÈNE DES INVALIDES
en un clin d'œil, l'escarpe fut escaladée, les pièces abandonnées, et la grille forcée. En même temps , la plus grande partie de la foule tournant l'hôtel, se jeta sur le boulevard, et j'entendis un de ceux qui étaient à cheval, crier : A la porte de la boulangerie ! allons chercher des armes ! Il y avait en effet, dans l'église des Invalides, un dépôt d'armes, qui fut entièrement pillé* Par la position où je me trouvais pendant ce mouvement, il me devenait difficile de me dégager. Je regagnai lentement le boulevard ; mais j'apercevais déjà qu'on arrêtait les voitures , et qu'on dételait les chevaux, en criant qu'il fallait mener les canons à la Bastille. J'eus bientôt mon tour, et je courus un véritable danger. Je fus enlevé de dessus mon cheval et jeté dans un des petits fossés creusés entre les arbres. Je me relevai promptement, saisissant les rênes de mon cheval; je tins aux gens qui m'entouraient le langage qui pouvait leur persuader que j'étais des leurs. Quelques-uns de ceux qui suivaient les hommes qui m'avaient désarçonné prirent mon parti et me remirent à cheval. Je fis quelques pas avec eux; et, comme la foule se portait vers la porte de la boulangerie, je profitai de l'occasion , et je m'échappai au plus grand train de mon cheval. On cria derrière moi : Cest un traU tre ! arrêtez ! On me tira quelques coups de fusil I. 28