ARRIVÉE AU CHATEAU D OSNY
les compromettre ne me laisserait de repos ni jour ni nuit; que je les priais seulement de me procurer un guide sûr pour me conduire jusque près de Pontoise, d'où je comptais aller rejoindre ma famille, qui s'était retirée dans notre maison de campagne, de l'autre côté de Paris, à Soisysous-Étioles , près de Corbeil. Tout était alors très-tranquille de ce côté, et ma belle-mère et ma femme m'assuraient que la popularité dont je jouissais dans le canton , depuis le commencement de la révolution, était encore pour moi une suffisante garantie que je n'y serais point inquiété. M. Goux, après m'avoir exprimé les plus vifs regrets, voulut m'accompagner, ainsi que sa nièce, jusqu'à un petit bien de campagne qu'ils possédaient à sept lieues de là , près de la route de Paris à Rouen. Après y avoir, passé deux jours, je me séparai de mes hôtes bien à regret, le cœur plein de reconnaissance et soulagé par la pensée que je les délivrais des terreurs que leur causait ma présence. Accompagné d'un fidèle domestique, j'arrivai de nuit au château d'Osny, près de Pontoise, où madame de Lameth, madame d'Aiguillon et Théodore s'étaient retirés. Tout y était silencieux et clos. Je passai la tête dans les croisées du salon , et je chantai , à demi-voix, la romance, signal convenu dans notre petite société :