‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 9 sur 247 · ARRESTATION DE CHAPELIER · texte numérisé non relu

ARRESTATION DE CHAPELIER

ble à mes hôtes, et nos longues soirées d'hiver s'écoulaient rapidement. J'avais rarement, et cela par prudence , des nouvelles de ma famille, toujours par des voies indirectes. Malgré ces précautions sévères, un curé du voisinage, qui venait quelquefois faire visite à M. Goux, et qui lui-même avait donné asile à un autre proscrit, M. Chapelier, l'un des membres les plus marquants de l'assemblée constituante, sut qui j'étais , et , ayant un égal intérêt que M. Goux dans le secret qu'il fallait garder, ne crut pas faire une indiscrétion en le confiant à Chapelier : celui-ci, dont les goûts et les habitudes ne l'avaient pas disposé à autant de résignation que moi , me fit proposer d'aller le voir ou de le recevoir chez M. Goux. Mon hôte et moi nous y opposâmes fortement, et je m'aperçus que la seule proposition avait donné de l'inquiétude à M. Goux. Cette inquiétude s'accrut beaucoup lorsque peu de jours après nous apprîmes que, sans doute par suite de quelque indiscrétion semblable, M. Chapelier avait été découvert, enlevé et conduit à Paris à la Conciergerie , d'où il ne sortit que pour monter sur l'échafaud. Le curé fut conduit aux prisons de Rouen. Je ne tardai pas à m'apercevoir du trouble extrême et de la tristesse de mes anges tutélaires, et je leur déclarai que j'étais décidé à me séparer d'eux, et que la crainte de

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