SECONDE PARTIE DE LA CAMPAGNE
nement et le disposer à des ouvertures de paix.
Après avoir rempli ma mission à Ulra , et mis en route les colonnes de prisonniers et leurs escortes sous le commandement du général Villatte, j'allai rejoindre le quartier impérial à Munich.
L'empereur, qui venait de terminer en si peu de jours et si glorieusement cette première partie de la campagne, ou plutôt cette première campagne, avait déjà commencé les opérations de la seconde, dont le but n'était rien moins que la prise de la capitale de l'Empire et la conquête des États héréditaires. Je fus immédiatement chargé des divers détails pour le passage de l'Inn, et l'occupation de Braunau qui venait d'être évacué. Le quartier impérial fut établi à Linz ; j'y allai rendre compte au major générai du mouvement des divers corps d'armée qui franchissaient la Traun et l'Ens, pour pénétrer dans la haute Autriche.
L'empereur me fit appeler pour me donner, ce fut son expression , une mission très -importante. Il m'expliqua d'abord lui-même, sur les cartes de la haute et basse Autriche, son plan d'opérations, et me dicta ensuite une instruction très-sommaire sur l'objet dont il me chargeait spécialement. Il savait que l'armée russe occupait la position de San-Polten , à vingt lieues. en avant de Vienne, appuyant sa droite au Danube, en arrière de Moelck, pour couvrir
PROJET Dfc BATAILLE A SAN-POLTEN. î5q
le pont de Krems, et étendant sa gauche vers la première chaîne des montagnes de Styrie. On assurait, et il était vraisemblable, que tout ce qu'on pouvait avoir rassemblé des restes de l'armée autrichienne d'Allemagne, ou qu'on aurait pu retirer du Tyrol et de l'Italie, se rallierait à San-Pôhen, à l'armée russe. L'empereur se flattait de livrer une bataille décisive. Voici par quels moyens il préparait sa victoire :
11 voulait exécuter, par son aile droite, un mouvement stratégique tout semblable à celui qu'il avait exécuté par son aile gauche dans la première période de la campagne. Trois corps d'armée, celui du maréchal Davoust, celui du général Marmont ,• et celui du maréchal Soult, avaient passé la Traun à Lambach et l'Ens à Steyer : les deux premiers ( Davoust et Marmont ) formant l'aile droite, devaient filer le long de la chaîne des montagnes jusqu'à Mariazell, sur la grande route de Leoben, et gagner ensuite les derrières de la position de San-Pôlten. Le maréchal Soult devait rentrer par Amstâtten, dans la grande route de Vienne, le long du Danube, pour former le centre de l'armée et se déployer devant la position de l'ennemi. Il était précédé par deux corps d'armée qui devaient former la gauche de la ligne de bataille, le corps d'avant>*garde, sous les ordres du maréchal Lan-
a6o MISSION PHis DU MARÉCHAL DAVOUST
nés, et la réserve de cavalerie sous le prince Murât. L'empereur avec la garde impériale suivait le corps du maréchal Soult; le corps du maréchal Ney était dirigé sur le Tyrol, et celui du maréchal Mortier, qui avait passé le Danube à Linz, marchait à hauteur du corps du maréchal Soult, en suivant la rive gauche du fleuve.
J'étais chargé d'expliquer cette opération pour la partie qui les concernait, au général Marmont et au maréchal Davoust. Je me rendis d'abord à Steyer, où je rencontrai le général Marmont; il venait d'y remplacer le corps du maréchal Davoust, qui, après un brillant combat, avait forcé le difficile passage du lit torrentueux de FEns. Ce ne fut ensuite qu'après une marche très-pénible, et après avoir abandonné mes chevaux au pied d'un glacier , que j'atteignis la colonne d'infanterie du corps du maréchal Davoust, et joignis avec elle son quartier général à Camin, village situé au fond de la vallée. Le maréchal avait pressenti le dessein de l'empereur et se préparait à marcher sur Mariazell. Pendant que je lui expliquais le mouvement général de l'armée f il fut informé que le général Merfeld, atteint et repoussé à Steyer, se retirait avec un corps de cinq à six mille hommes, par la route de Leoben , sur le revers de la chaîne des montagnes. Sa marche avait été reconnue par le colonel Clé-