I^Ô PRISE DR POSSESSION
Je m'embarquai à Venise sur ma brassera, avec mon aide de camp Germon t-Tonnerre, et un jeune homme nommé Bernardin i, qui m'avait été désigné comme connaissant bien le pays, et parlant facilement les divers idiomes : j'eus en effet beaucoup à me louer de ses services. Nous fîmes voile du mouillage de Malomocco, à l'entrée du port de Venise, par un très-bon vent, et nous rangions la côte du fond du golfe Adriatique, en nous dirigeant sur Tries te; mais le vent ayant molli dans la nuit, nous fumes obligés le lendemain de nous servir de nos rameurs. Je fus très-satisfait de cette épreuve et de la marche du petit bâtiment. J'étais certain de pouvoir échapper aux croiseurs anglais, et si leurs embarcations légères tentaient de m'atteindre, mon petit armement était assez fort et assez bien masqué pour les en faire repentir.
Je débarquai à Trieste; je laissai Clermont- Tonnerre avec Bernardini sur la brassera , et je leur ordonnai de se rendre par mèr à Zara et de m'y attendre. Je me rendis à Fiume, où, réuni avec le marquis de Guisilieri, j'arrêtai, de concert avec lui , un plan ou convention pour la prise de possession des provinces de l'illyrie , savoir : l'Istrie, la Dalmatie, les bouches du Gattaroet leurs dépendances. J'eus soin de stipuler dans cet acte (qui fut signé par le commissaire autri-