‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 110 sur 247 · DES PROVINCES ILLYR1ENNES · texte numérisé non relu

DES PROVINCES ILLYR1ENNES

chien et moi le 9 février 1806), l'époque à laquelle, après ma proclamation et celle du gouverneur général autrichien, baron de Brady, toutes les forteresses devaient être remises au général Molitor; cet acte renfermait aussi les formalités et les précautions nécessaires pour l'évacuation par les troupes autrichiennes, et pour la complète exécution des articles du traité de Presbourg, relatifs à cette prise de possession. M. de Guisilieri m'offrit dans sa voiture une place que j'acceptai. Nous nous rendîmes par Ottochatz en Croatie, à Pago, et de là à Zara. J'avais grand intérêt à faire connaissance avec mon collègue. Je m'aperçus d'abord que c'était un homme fort aimable, très-instruit, mais un des Italiens les plus fins, et de cette espèce d'agents diplomatiques que l'on emploie avec succès dans les intrigues les plus compliquées. Profitant de ses lumières , je ne répondais à ses questions qu'avec beaucoup de réserve. Comme il connaissait parfaitement le pays et son histoire, et tous les détails de l'administration, ma curiosité ne l'importunait point; il se plaisait même à l'exciter et à la satisfaire : c'est ainsi que, nous étant arrêtés pendant quelques heures à Ottochatz, je saisis cette occasion de m'informer de l'organisation de cette espèce de colonie militaire qui fournit à l'Autriche, à si peu de frais, une très-

Page 1