RECONNAISSANCE DES FRONTIÈRES
de la guerre ; mais, ni par la force des armes, ni par les négociations, on ne put obtenir la remise du Cattaro aux armes françaises, que deux ans plus tard , à la paix de Tilsitt.
N'ayant pu remplir cette partie essentielle de ma mission , je m'occupai sur-le-champ de celle qui ne présentait aucun obstacle que je ne pusse surmonter* J'annonçai au général Brady l'arrivée prochaine du général Molitor avec sa division , que le général Marmont , que j'avais été voir à son quartier général de Tries te, avait reçu l'ordre d'envoyer en Dalmatie pour y remplacer les garnisons et postes encore occupés par les troupes autrichiennes. En attendant l'arrivée du général Molitor, je partis de Zara avec mon aide de camp et mon guide pour aller reconnaître la frontière turque au delà du Knin. Je fus trèsbien reçu par les chefs dalmates qui , de villages en villages, me donnèrent des escortes. J'allai jusqu'aux confins sur le territoire turc, où se font les échanges de diverses denrées entre les habitants des deux pays. Je descendis ensuite des montagnes, en suivant le cours de la Cerka. Avant de passer cette rivière au fond d'une gorge, je remarquai une pierre milliaire sur laquelle était gravé le chiffre de la 9e légion romaine. Je me rendis ensuite à Salon a, où je visitai les ruines et les beaux restes des temples
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que renfermait le vaste palais de Dioctétien. Je me préparais à partir pour Makarska , lorsque je reçus en même temps l'avis de la prochaine arrivée du général Molitor , et l'ordre de l'empereur qui était adressé par le vice-roi. Il me prescrivait de quitter la Dalmatie, et de me rendre sans délai auprès du prince Joseph, qui commandait l'armée destinée à occuper le royaume de Naples. Après avoir rencontré le général Molitor , et conféré avec lui à Sebenico , je retournai à Zara, où j'avais laissé ma brassera. J'y trouvai encore le général Brady et le capitaine Paulucci qui faisaient leurs apprêts de départ. Je m'embarquai par un gros temps , parce que mon excellent pilote Giacomo , confiant dans la manœuvre de Bon petit bâtiment , m'assura que c'était la circonstance la plus favorable pour échapper à la vigilance de la croisière anglaise. À l'entrée de la nuit, le vent contraire devint si fort, et la vague si vive , que nous fûmes contraints de relâcher dans une petite île. Il n'y avait d'autre habitation qu'un misérable couvent où nous nous réfugiâmes. Les vents ayant un peu molli, nous mîmes à la voile pour aller passer par la Cavanella d'Ossiro , espèce de canal, et mouillage assez sûr entre deux îles dont les pics sont très-élevés, et qui se trouve à l'entrée du golfe de Carnero. Le capitaine Paulucci