‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 13 sur 247 · ASILE A. MONTIGNY · texte numérisé non relu

ASILE A. MONTIGNY

épousé une demoiselle de Montpellier, à peu près du même âge que lui. Ce couple avait peu de fortune. Son frère l'avait recueilli, et il habitait avec sa femme et une belle-sœur un petit pa-» villon à l'extrémité du jardin, presque tout en terrasse, dominant la campagne et confinant au petit bois qui couronne la colline, au pied des hauteurs de Francon ville , au-dessous des mou* lins. Je fus reçu dans cette maison comme si j'eusse été un vieil ami de la famille. J'y rencon-* trai le maire de la commune, nommé Fleurier, simple cultivateur, et l'un des hommes les plus estimables que j'aie connus. Je retrouvai d'abord, dans M. Girard le cadet, un excellent patriote que j'avais vu très-souvent à Paris chez le général la Fayette et chez mon frère Saint-Marcel : pendant qu'il était major de la quatrième légion de la garde nationale, M. Girard était lieutenant des grenadiers dans le bataillon des Petits-Pères. Il m'embrassa cordialement, et s'empressa de m'offrir ses services. On arrangea d'abord mon déguisement. Il fut convenu, de concert avec le maire, que, pour ne point affecter trop de mystère, je passerais pour un parent de MM. Girard qui s'établissait à Montigny et avait loué un appartement chez le curé Lamblin. Je fis ma déclaration chez le maire, où je me présentai avec un bon habit de paysan et des sabots. On visa mon

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